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samedi 13 juillet 2019

Blood Reich, ou Ma vampire chez les nazis

Dans les pêches à Noz, on trouve des trucs qui vendent du rêve avec leurs jaquettes : ici, c'était Blood Reich (en combo DVD/Blu-Ray).

Le côté incongru de la nana au décolleté incroyable et de cuir vêtue combattant des vampires nazis ne pouvait que faire s'allumer mon sens cinéphile déviant, me disant qu'à défaut de voir quelque chose d'intelligent, j'allais voir un truc un peu taré. Le résumé fait mention de quelques films des acteurs principaux et de "vampire la plus célèbre des jeux vidéo". J'en conclus que c'est Bloodrayne (pas manqué). En-dessous, les caractéristiques techniques des disques : Blu-Ray 90 minutes, DVD 120 minutes (parce qu'en fait, ils ont mis les bonus uniquement sur le DVD, ce qui est une idée débile).

Je lance le Blu-Ray. Bandes-annonces, je passe un peu. Ah, il y a un film de zombies italien produit par Uwe Boll. Mon sixième sens carillonne dans ma tête, mais je l'ignore. Puis vient le film lui-même : réalisé par Uwe Boll. Tiens, c'était pas sur la jaquette, ça ! Pas plus que le nom de Bloodrayne (pas vendeur ?). On arrive, après un long générique, à la première bataille, où Rayne affronte des soldats allemands dans une gare en Russie. C'est pas spécialement joli, mais de toute façon, Uwe Boll a pensé à détourner notre attention avec le décolleté de Rayne, qui met tellement bien en valeur sa poitrine qu'on ne voit que ça.

Je passe rapidement sur l'histoire : Rayne a accidentellement créé un dhampyr nazi, et un Mengele nanar décide de s'associer à lui afin de rendre Hitler immortel. Rayne rejoint l'antenne de la résistance locale après s'être fait masser dans un bordel où l'on peut admirer de nombreuses plastiques féminines et une petite scène de baise. Puis les plans dérapent, Rayne est retrouvée par un vampire en même temps que le chef de la résistance, elle se fait pomper le sang, puis on les emmène à Berlin. Sur le chemin, le chef de la résistance, enfermé avec Rayne, décide de la peloter, parce que bon, il n'a pas emmené de bouquin pour la route. Rayne se réveille, joue les contrariées, puis finalement décide de coucher avec lui, parce que ça permet d'avoir plus de nichons à l'écran et ça meuble un peu. Et de toute façon, il est jeune et beau, il est haut placé dans la hiérarchie, il s'est engueulé avec Rayne, donc c'est forcément lui qui doit se la faire. Puis le convoi est arrêté par la résistance, puis combat final dans une gare contre des vampires. Images d'archives, puis arrivée dans un camp de concentration où Rayne et ses nouveaux potes viennent bouter du SS. Fin. Il reste encore 6 minutes de générique pour atteindre 1h15.

Décevant. Techniquement, c'est plat, le scénario est stupide et n'assume pas son côté débile. Les scènes de combat, les décors et le nombre de personnages à l'écran trahissent le manque de moyens et d'ambition de ce film (qui a sûrement coûté plus cher qu'un Troma, mais ça ne se voit pas). Pas de mention de l'ayant-droit de Bloodrayne au générique. Tromperie sur la marchandise avec une Rayne différente de celle du film à l'arrière de la jaquette.

Bref, un scénario pas vraiment intéressant, une actrice qui se fait voler la vedette par sa poitrine, un film qui ne va pas jusqu'au bout de son concept (on s'attend à une armée de vampires nazis, et on en a juste une dizaine dans un entrepôt). Pas assez foutraque et involontairement drôle pour être un nanar, trop indigent pour éveiller l'intérêt, on peut passer tranquillement à côté. A réserver aux collectionneurs invétérés de Bloodrayne ou aux fans d'Uwe Boll.

jeudi 6 décembre 2012

Lectures pré-hivernales


D'emblée, il faut préciser que c'est le Batman pré-reboot, ce qui change peu de choses, si ce n'est que c'est la période où Dick Grayson est le Batman de Gotham City, après la fondation par Bruce Wayne de Batman Incorporated. Sinon, l'histoire en elle-même se passe de faire des recherches, puisqu'elle est complète et auto-contenue. On revient sur l'histoire de ces immigrants qui ont bâti Gotham à la fin du XIXè siècle, et on découvre en parallèle l'histoire de la ville et celle des ancêtres Wayne, Cobblepot et Elliott, soit une bonne occasion d'apprécier toutes les références de la série Batman actuelle avec le même scénariste. On se penchera plus sur les intrigues du passé que sur les motivations de l'ennemi, qui sont somme toute plutôt prévisibles. Le graphisme est juste, pas d'extravagances ni de détails abondants, le trait est clair, dynamique et très lisible. La colorisation est à l'avenant, ni trop sombre ni trop claire. Au final, un récit complet très plaisant à ajouter au palmarès de Scott Snyder.










Là, pour le coup, c'est toute la partie graphique qui met sur le derrière. JH Williams III offre des planches vraiment superbes, très travaillées, et usant de multiples techniques et de mises en page inventives. Quand la rétine est aussi flattée, on a bien peur que le scénario ne suive pas. Il s'avère que Greg Rucka met en place de bons éléments que Williams et W. Haden Blackman reprennent intelligemment. On se prend à suivre l'itinéraire de Kate Kane et ses combats avec intérêt, le personnage étant assez bien écrit. Cependant, on peut se demander si ces premières intrigues résolues, l'intérêt restera. Mais pour l'instant, on a deux bons albums aux dessins vraiment superbes, ce qui est déjà bien. Une bonne surprise que cette série.
 




Autre surprise, mais dans un genre différent. Dans les années 1980, la première série dérivée des X-Men avait droit à un traitement particulier. Si le scénario était signé Chris Claremont, soit l'éminence grise des mutants pendant longtemps, le dessin était de Bill Sienkiewicz, au style assez éloigné des artistes en vogue de l'époque, et surtout le dernier qu'on aurait imaginé sur New Mutants. Et pourtant, l'alchimie prenait bien ! Les épisodes recueillis dans ce numéro confrontent Danielle Moonstar à l'Ours-Démon qui a tué sa famille, dans un triptyque haletant où le style nerveux et schématique de Sienkiewicz fait des merveilles. Les épisodes suivants ne sont pas en reste et s'intéressent aux filles de l'Institut, dont la soirée pyjama prend une tournure particulière. J'ai beau considérer que Chris Claremont est désormais loin de ses heures de gloire, il savait encore écrire intelligemment à l'époque et rendre vraiment vivants les jeunes mutants sans recourir aux artifices dont il a abusé ces dernières années. Le duo Claremont/Sienkiewicz donne du corps à l'histoire sans faire d'excès, et trouve le ton juste. Seule chose à regretter : la colorisation trop flashy sur du papier glacé.
 

Iron Man propulsé à travers le temps pour retrouver les pièces de la machine temporelle de Fatalis et empêcher la destruction du monde par le Phénix. On s'amusera de cette évocation des comics Marvel à travers les âges et de l'évolution d'Iron Man. Un récit sans prétention ni impact, mais susceptible de plaire à tous.

D'une vague à l'autre, Marvel fait du surf, sans parfois réussir à tenir sur sa planche. On a vu les labels Marvel Manga, Tsunami et Tech, entre autres, vite enterrés devant le peu de succès et de qualité proposée... Avec X Men Noir, c'est Fred Van Lente qui se colle à la réinvention des mutants à la sauce Grande Dépression. Si l'histoire de Spider-Man (qui a lancé le label) était relativement convenue, le parti pris est ici différent : les X Men sont un groupe de sociopathes entraînés par Charles Xavier, et la Confrérie est le plus grand cercle de crime organisé de New York, où siège le détective en chef Erik Lehnsher. Entre les deux, on suit l'évolution de Pietro, son fils, et de Thomas Halloway, le vigilant costumé surnommé l'Ange, tous deux lancés sur la piste de la mort mystérieuse de Jean Grey.

Pas de pouvoirs, que du noir. Dennis Callero rend superbement l'ambiance de cette enquête qui multiplie les personnages et les faux-semblants jusqu'à la confusion, même si on finit par s'y retrouver à la fin. Ceux qui sont réfractaires à cette ambiance, par contre, s'offusqueront de voir leurs personnages bien-aimés ainsi transformés et anti-héroïques à souhaits. Les autres se plongeront plus facilement dans ces deux récits (quatre, si on compte les bonus : Les Sentinelles et L'arme X) qui ont le mérite d'aller chercher leur originalité plus loin que dans la parabole du combat pour l'égalité et les voyages temporelles.





Il y a sept-huit ans, le moribond Captain America était repris en main par le brillant scénariste Ed Brubaker, qui a redonné au héros étoilé des aventures dignes de ce nom sur fond d'espionnage international. Depuis, on lui doit le retour de Bucky, le jeune acolyte du Captain pendant la Seconde Guerre Mondiale dont le deuil a été porté pendant de longues années. Encore mieux : quitte à commettre un sacrilège, Brubaker en a fait le Winter Soldier, agent secret à la solde des Soviets pendant la Guerre Froide ! Après, Bucky a retrouvé la mémoire, est devenu Captain America à la place de son ami Steve Rogers lors de la mort présumée de ce dernier, et a été jugé pour ses crimes. Le récit qui nous intéresse ici est la première saga de la série Captain America & Bucky, située pendant la guerre, et qui lève le voile sur les origines du petit équipier suite aux révélations de ces dernières années. Et non, c'était pas un tendre... Chris Samnee illustre avec brio les différentes situations, passées, présentes, tendues, calmes, explosives, sans jamais faillir, avec un brin d'encrage rétro. Moi qui m'attendais simplement à des histoires un peu génériques de Captain America pendant la Guerre, j'ai été très agréablement surpris. Le récit est bien centré sur Bucky et met en lumière à travers ses yeux des éléments encore inconnus de cette époque lointaine. Soyons direct : ce sont les meilleurs épisodes du patriote publiés depuis plusieurs mois.

Et puisque nous sommes dans les années de guerre, compléter cette lecture avec Le Projet Marvels est loin d'être idiot : même scénariste, trame très proche mais plus thriller que super-héroïque. Ce copieux album retrace les premières années de l'univers Marvel sous un angle cohérent, à travers le regard des héros qui les ont vécues. En un sens, ça rappelle un peu le superbe Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross, sauf que les témoins de l'époque sont aussi acteurs. Les dessins de Steve Epting sont réalistes, appropriés au récit qui traite moins de merveilleux que de course au super-soldat et d'intrigues politiques. Mais d'un autre côté, le traitement un peu "clinique" de l'époque est aussi un défaut, puisque le lecteur se sent moins proche des personnages dépeints (au contraire de Marvels qui était au niveau de l'homme de la rue et de son rapport au merveilleux). C'est finalement assez documentaire. C'est quand même bien fichu, ça approfondit des éléments apportés ces dernières années, mais il manque un peu de quelque chose.

 Après des années de sevrage niveau Star Wars, à l'exception des hors série du magazine et de l'album Mondes infernaux, j'ai décidé de craquer sur cet ultime numéro de La saga en BD, pensant avoir affaire à un baroud d'honneur (et voulant aussi lire le dossier). Quatre récits complets : une comédie signée Sergio Aragonès, sympathique, un épisode sympa aussi où Lando Calrissian gagne sa Cité des Nuages, un récit sur un gardien de Nerfs rappelant Luke Skywalker (et dessiné par Francisco Herreira), sans plus, et un très bel épisode peint sur le Sarlaac. Pas de grandes ambitions. Quand au dossier sur l'Empire Écarlate, ouille ! Juste une présentation d'un personnage par page, sans approfondissement sur les origines de cette saga, ses rapports avec les autres, etc. Un seul mot : déception. Certes, l'amateur de la saga de George Lucas y trouvera son compte, mais ça ne vole pas très haut, surtout pour un dernier numéro... A noter que le magazine sera relancé en janvier 2013 sous le nom Star Wars Comics Magazine (mais quoi que pour ?). Espérons juste que cette fois, le sommaire sera beaucoup plus solide.

Et un petit album franco-belge pour finir, avec le quatrième tome de Kaamelott. L'écriture d'Alexandre Astier s'affine, on retrouve l'esprit de la série, mais le dessin de Steven Dupré est un peu problématique. On oscille entre trop réaliste et trop caricatural (Lancelot est l'exemple le plus probant de cette dichotomie), voire fade sur certains visages connus, et ça manque de dynamisme. Pourtant, certaines planches sont vraiment très réussies, notamment la première (les enfants au bord de la rivière, belle mise en scène et belles couleurs). Et le dragon est aussi une grande réussite. Finalement, on est pris dans le récit aux situations absurdes, où Perceval décide de partir en quête flanqué de son nouvel équipier, un furet de combat, sur les traces d'un Lancelot dont le côté antipathique ressort à quelques occasions. Il va de soi, toutefois, que cette BD reste destinée aux fans de la série télé. Les néophytes ou détracteurs, non, c'est pas pour eux...

jeudi 26 juillet 2012

Chroniques plombées à l'Araignée

Bienvenue dans les années 1980, quand Spider-Man portait un costume noir rapporté de Battleworld, la planète des Guerres Secrètes. Cette combinaison aux étranges facultés va se révéler de plus en plus mystérieuse et empoisonnante pour le Tisseur, comme ces épisodes le montrent.

Tout le monde sait que le costume est un symbiote qui va fusionner avec Eddie Brock pour devenir Venom, comme on peut le voir dans plusieurs adaptations. Mais il est bon de se replonger dans cette anthologie qui va retracer tout le parcours menant à cette fusion. Le scénario tient la route sans être extraordinaire, et le dessin aussi, malgré une alternance de dessinateurs et d'encreurs assez malheureuse (heureusement, les couleurs ont été retravaillées). Néanmoins, relire cette période où Peter Parker vivait dans un taudis et avait froissé sa tante May (qui avait reconverti sa maison en maison de vieillesse) parce qu'il arrêtait ses études, c'est difficile d'y résister quand on aime le personnage, surtout qu'il s'agit d'une étape importante dans la continuité. Classique, mais vraiment efficace.

Un peu plus tard, une autre période importante pour le Tisseur s'annonce, avec Peter David et Rich Buckler qui débarquent pour chambouler l'univers du héros arachnéen, en quatre épisodes repris dans cet album cartonné qui porte bien son nom. Car oui, ça commence par une mort qu'on ne voit pas et qui va faire monter la tension. Peter Parker est maintenant marié à Mary Jane Watson, et s'il a encore le costume noir, celui-ci n'est plus le symbiote. Le capitaine De Wolff était la meilleure alliée de Spider-Man dans la police, et son trépas des mains d'un certain Rédempteur rend tout le monde nerveux, à commencer par Stan Carter, chargé de l'enquête et allié à Spidey pour la circonstance.

Pas mal de fausses pistes et d'interactions entre les divers intervenants (notamment Daredevil), tellement à cran qu'ils sont confrontés à des choix cornéliens. Les trois épisodes suivants, qui narrent le retour du Rédempteur, ont droit à une atmosphère plus intimiste et aux dessins de Sal Buscema. Alors que les comics super-héroïques "matures" n'existaient pas encore aux yeux des critiques, Peter David se lançait dans ces épisodes d'anthologie en jouant parfaitement avec les personnages, les rendant plus humains et instaurant de vraies réflexions sur la violence, le système judiciaire et la réinsertion des prisonniers. On regrettera à peine de ne pas avoir les épisodes qui séparent les deux histoires. Un très bon classique qui n'a pas beaucoup vieilli.


Après les classiques de chez Panini, on attaque les productions Réflexions/French Eyes. On commence avec le crossover mettant en scène Eric Draven/The Crow et Razor. Sachez que sous cette sympathique couverture en couleurs se cachent des dessins en noir et blanc extrêmement confus et parfois approximatifs, ajoutant d'autant plus de complication à comprendre un récit violent, anecdotique et incompréhensible. Les auteurs ne sont pas vraiment crédités, et Razor pas présentée. Mais encore ? La relecture n'a pas été faite. Résultat, on a une épreuve non corrigée d'un album oubliable. Pas très sérieux. Pour les fans ultimes du héros de James O'Barr uniquement, les autres préféreront se diriger vers les albums du French Crow.






Avec le Capitaine LSD de Jim Dandy, on change carrément de registre - et de format. On a droit à un ancien super-héros alcoolique, accroché à son passé et mélancolique. Bien sûr, il y a des tentatives parodiques et plus humoristiques, mais le récit est plus métaphorique et humain que super-héroïque. On vit pleinement la déchéance du Capitaine LSD et ses poèmes nébuleux, jusqu'à la révélation finale.

Un récit qui ne fait pas dans la facilité, ni dans la joie, mais montre un univers complexe où le héros a laissé place à l'individu. Le scénario est bien mené, et le dessin tient très bien la route (à quelques rares occurrences près). Le lettrage (et la relecture), par contre, aurait pu être meilleur. Pas à mettre entre toutes les mains, pour sûr, mais les amateurs de déconstruction seront séduits.



Et là, on change presque d'éditeur, mais aussi d'univers. French Eyes nous propose donc les aventures en BD du Doctor Who dans sa dixième incarnation, avec sa compagne d'alors Martha Jones.

Là encore, on sent que la relecture est passée à la trappe. Pour ce qui est de la traduction, je n'ai pas senti de manques, mais je connais mal les traductions françaises appropriées à cet univers. Et surtout, le choc visuel : au moins quatre dessinateurs différents et aux styles peu homogènes pour ces 144 pages ! Il faut donc s'accrocher pour suivre ce récit complet et à tiroirs. Un scénario dans la droite lignée de la série, adapté au format comics, qui n'est toutefois pas dans le haut du panier. Et puis c'est Martha Jones, pas le personnage le plus intéressant, mais il semble que le scénariste ait des plans sur le long terme. Je demande à voir. En tout cas, les amateurs du Docteur (et de Martha) auront leur compte, en espérant que la suite sera plus intéressante.


Je sais, on ne doit plus dire "French Comics", mais bon... J'ai enfin pu découvrir l'un des super-héros français de ces dernières années, le mythique Shaango, dont les trois épisodes sont repris dans cet album avec des histoires courtes en supplément. C'est donc copieux pour ce premier chapitre.

Ishan, jeune éducateur en banlieue, se découvre une nuit des pouvoirs électriques alors qu'il se fait battre par la police pendant un contrôle d'identité. Il devra apprendre à en faire usage, et à gérer ça avec sa vie et son quartier, tout en essayant de comprendre ce que ses racines africaines - dont il ignore tout - font là-dedans.

Bon, on a de grosses ficelles sur la banlieue et la politique post-11 septembre façon Bush et Sarkozy, mais l'histoire fait quand même appel à l'humanité des personnages et à la mythologie africaine, évitant pas mal d'écueils liés au super-héroïsme classique. Ishan tue, fait des erreurs, a des obsessions, etc. Pour autant, malgré une bonne tenue, le scénario n'est pas si original que ça passé son cadre, et les dessins souffrent de staticité photoshopesque sur beaucoup de planches et de proportions trop souvent maladroites. Les scènes d'action, en revanche, sont très réussies. Les auteurs s'approprient les codes du super-héros pour les transposer en France, et ça fonctionne plutôt bien, car le récit est bien mené et distille suffisamment de mystère pour tenir en haleine. Une bonne petite surprise.

En revanche, l'attendu Pantz d'Alexandre Foret et Frédéric Mur me laisse sur ma faim. D'accord, c'est un prologue, mais un prologue à quoi ? On passe d'une époque à l'autre sans transition et en se demandant quels sont les liens, sans indication sur l'histoire qui suivra. Ce comic-book aurait largement mérité un peu plus de pages pour développer son propos. Même si le dessin de Frédéric Mur a encore quelques petites lacunes au niveau des proportions (les personnages font vraiment jeunes, notamment), les décors sont soignés, mais voilà, on sort quand même de cette lecture comme de celle de beaucoup de comics actuels : avec l'impression qu'on a eu une histoire découpée.








Avec Strangers, par contre, on a droit à du plus classique et à des histoires plus ou moins auto-contenues. Jean-Marc Lofficier a une écriture plus proche du Silver Age, et aime à multiplier les personnages sans oublier de les mettre sous le projecteur : même si l'épisode contre Hunter est de la baston classique, les quelques révélations distillées çà et là arrivent à ne pas endormir l'intérêt. Mais le suivant en montre bien plus sur Futura et ses ennemis, dans une ambiance plus horrifique. Une bonne série.

vendredi 1 juin 2012

En mai, lis ultimement ce qu'il te plaît


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Après une phase 2 plutôt courte (la faute à Jeph Loeb et ses acolytes pas foutus de rendre leur boulot à l'heure) et qui n'était qu'une transition, la phase 3 de l'univers Ultimate débarque avec plus d'audace. On découvre le nouveau Spider-Man et son environnement inédit, les deux groupes de ceux qu'on appelait les X-Men ressortis au grand jour dans un monde qui les hait plus que jamais, et les Ultimates face à de nombreuses menaces sur tout le globe. Pour résumer, ces épisodes sont des chapitres d'introduction qui mettent plus en place le nouvel univers qu'ils ne font avancer leur histoire. Cependant, le tout est bien mené, aussi on ne voit pas le temps passer et on déplore que la suite n'arrive que dans deux mois. Scénaristiquement, les nouvelles séries cherchent à s'éloigner des sentiers battus en proposant pas mal d'inédit, et les dessins sont très bons, même si Esad Ribic a un style peut-être pas assez adapté aux Ultimates. En revanche, Paco Medina parvient à faire oublier ses dernières prestations en rendant un très bon travail sur les X-Men. Une très bonne intro.

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Une réédition à bas prix qui tombe à point nommé. On pourra reprocher à ce volume d'être esseulé, sans l'introduction (Thanos Quest) et manquant un peu de rédactionnel, mais l'objet reste beau. Le papier est adapté aux couleurs, et les dessins très réussis. Le scénario pâtit de l'absence d'introduction (et de la suite), mais le récit se tient pour peu qu'on entre dedans. Pas mal de baston, mais on sent quand même que l'intrigue va plus loin que ça, au-delà de l'atmosphère apocalyptique. Thanos se montre vraiment intéressant sur le plan philosophique, mais le plan étant sur le long terme, ce volume unique en devient frustrant. Cependant, cet album contient suffisamment de morceaux de bravoure à lui seul pour justifier son achat, ou au moins sa lecture.

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L'envers du décor des services secrets. Exécutions, basses manœuvres, conflits, rien ne nous est épargné. Si le scénario de ces deux affaires tient bien la route, le dessin de Steve Rolston peine à retranscrire l'atmosphère noire de l'histoire, ainsi qu'à différencier suffisamment les personnages. Brian Hurtt, arrivé à la deuxième histoire, est un poil plus à l'aise, mais ces grandes vignettes vides, sans nuances, ne donnent pas au scénario le cachet voulu. Mais pour peu qu'on aime l'espionnage et qu'on passe le graphisme trop classique, on rentre sans trop de problèmes dans cette BD.

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Street Fighter est un jeu qui n'a jamais brillé par la profondeur de son scénario, et les précédentes adaptations étaient elles aussi lacunaires au mieux. En même temps, Street Fighter, c'est de la baston, et ce qu'on veut, c'est de la baston. Certes. Mais ce qui marche dans un jeu ne marchera pas forcément comme ça en BD, ou même en film, comme en attestent les malheureux Street Fighter - L'ultime combat (avec un Raul Julia très malade réduit à son ultime cabotinage) et la Légende de Chun-Li (dont le seul intérêt réside dans le fait que Kristin Kreuk montre un peu de jambes). Le studio Udon a repris la licence de chez Capcom pour faire en sorte de contenter tous les publics, en mettant en avant tous les personnages dans leur version la plus pure et la plus fidèle au canon en développant une histoire cohérente (qui pioche dans tous les supports). On retrouve donc Chun-Li et sa partenaire Po-Lin (apparue pour la première fois dans le manga Street Fighter II de Masaomi Kanzaki) dans la police de Hong Kong, enquêtant sur l'organisation criminelle Shadaloo du guerrier psychique M. Bison et sur le but véritable de son bras droit à Hong Kong, un certain Sagat (qui a encore ses deux yeux et un torse vierge de toute cicatrice).

Autant le dire tout de suite : ces origines de Chun-Li s'adressent en priorité aux fans et se permet d'offrir ce qui manque au film avec Kristin Kreuk, à savoir un scénario en accord avec le canon et de beaux combats. Le tout se lit sans déplaisir, à la manière d'un bon petit film de Hong Kong, avec son lot de péripéties et des dessins de style anime réussis. Franchement, si on aime cet univers, les BD d'Udon peuvent être considérées comme l'adaptation ultime du concept, en équilibrant comme il faut un scénario certes convenu avec ce que le fan attend.

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Un macaron sur la couverture et une photo de Daniel Craig pour faire le lien avec le film, ce n'est pas dévoiler le contenu que de dire que c'était nécessaire. L'adaptation filmique n'a qu'un très lointain rapport avec la BD éponyme, à part dans l'impression d'avoir un concept gâché. Le prologue est très beau (même s'il ne sert à rien), mais tout le reste est décevant, bien loin de retranscrire l'atmosphère western, avec des couleurs trop clinquantes. Les personnages ne sont pas développés, et l'histoire met un temps infini à démarrer. Le sujet est seulement effleuré au long de cette centaine de pages, et on referme cet album comme on l'a lu : sans enthousiasme et avec le sentiment que le sujet n'a pas été traité correctement. J'imagine que Cowboys & Envahisseurs aurait eu bien meilleure mine dans un bel album franco-belge (ou italien), mais en attendant, il faut croire que le western n'est plus pour les américains.


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Du thriller en Antarctique, l'idée est originale. Les intrigues de Greg Rucka sont plutôt classiques, mais le cadre y apporte tout son sel, et le développement du personnage principal est réussi. Même si le noir et blanc fait qu'on a parfois du mal à reconnaître certains personnages (défaut qui sera atténué dans le deuxième tome), il faut reconnaître que le travail effectué pour donner vie à ce décor atypique est exemplaire, tant les techniques utilisées par Steve Lieber sont fines. Le huis-clos réussit parfaitement à cette série et permet de ne pas l'enfermer dans les clichés. Par contre, la couverture du tome 1 est assez mal choisie, puisque le film avec Kate Beckinsale, descendu par la critique, n'a pas laissé de grands souvenirs.

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Quand cette série a commencé en 1999, elle a fait couler pas mal d'encre : le créateur de Babylon V, Joe Michael Straczynski, se lance dans les comics avec une histoire originale que certains iront jusqu'à comparer à Watchmen. Une bonne décennie après, que reste-t-il ? Déjà, le dessin a mal vieilli et ne rend pas justice au scénario : le style Top Cow, avec tous ces clones de Marc Silvestri élevés en batterie, ne colle pas à l'ambiance du récit. Les personnages sans costumes sont trop maladroits, et ce n'est pas le trio de dessinateurs qui aide. Quant au scénario, le concept a été depuis pas mal récupéré (par la série télé Heroes, notamment), et on peut avoir du mal à rentrer dans cette histoire qui semble avoir un goût de déjà-vu. Néanmoins, passés deux ou trois épisodes, on sent que Straczynski a bien travaillé sur ses personnages, qu'ils soient importants ou secondaires, et l'intrigue s'épaissit. Mais que ce soit Keu Cha, Christian Zanier ou Ken Lashley (les différences sont trop minimes pour faire la différence), le graphisme peine beaucoup à servir le récit, sauf lorsqu'il s'agit de combats entre personnages costumés. La colorisation ne fait pas dans la sobriété, mais reste suffisamment cohérente. Un premier tome qui part vraiment bien au niveau de l'histoire, mais qui demande quand même au lecteur de s'accrocher en raison de dessins souvent décalés.

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Le grand événement Secret Invasion n'a pas été apprécié par tout le monde, mais force est de reconnaître que certains récits annexes sont bien réussis. Dans ces numéros hors série, Deadpool succède aux Quatre Fantastiques, aux Jeunes Vengeurs, aux Fugitifs et à Thor. Petite particularité : Daniel Way ne propose pas une mini-série, mais bien le début d'une nouvelle série régulière. Dans ces trois épisodes, le mercenaire disert commence par attaquer un vaisseau skrull (sous-entendu : il va buter à peu près tout le monde) dans un stade avant de pactiser avec l'ennemi. On retrouve les ingrédients qui font le succès de Deadpool : ses personnalités cartoonesques en conflit, ses blagues foireuses et sa propension à tuer sans compromis. On a donc un récit d'un niveau sympathique où on ne s'ennuie pas, et où les dessins servent correctement le récit. Un bon début de série, même si le côté sérieux est assez absent.

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Le rebounch de l'univers DC est enfin disponible en français, et en kiosques à travers cette sélection de 12 séries. Si les changements effectués sur la continuité de Batman et Green Lantern ne sont pas encore très visibles, c'est bien dans DC Saga que les choses se renouvellent.

Bruce Wayne est de nouveau le seul Batman, et doit apprendre à travailler avec le dernier Robin en date, son fils Damian. C'est à peu près le seul changement qu'on peut noter, le reste étant dans la droite lignée des sagas précédentes, avec un début tout à fait accessible aux néophytes.

Pour Green Lantern, aucun changement visible : Hal Jordan est obligé de réapprendre à vivre comme un homme normal après avoir été destitué de son rôle de Green Lantern à la fin de la série précédente. Les autres Green Lantern terriens sont toujours là, de même que les autres corps de Lanterns. Le rédactionnel est de toute façon présent pour expliquer l'historique des séries Green Lantern.

Les changements les plus notables sont dans DC Saga. Si Flash/Barry Allen n'est que peu impacté (à part son mariage avec Iris West qui n'a jamais existé), on assiste aux événements qui vont former la Justice League 5 ans dans le passé, et les premiers contacts entre les héros sont plutôt houleux. Le premier épisode de Supergirl nous narre son arrivée sur Terre, et l'épisode de Superman dévoile le nouveau visage de l'univers du héros (qui n'a jamais été marié non plus), plus sombre.

Un épisode par série, c'est bien peu pour juger vraiment de la qualité de sagas à suivre. Graphiquement, ça tient bien la route, rien à redire. Pour le scénario, ce n'est qu'une mise en bouche : la plupart des séries démarrent très bien, avec un bémol pour Red Lanterns, Supergirl et Batgirl qui semblent pour l'instant être les moins intéressantes du lot. Le cas Superman est un peu à part, car si le début est intrigant, il y a encore quelque chose qui semble coincer, mais de là à pouvoir dire ce que c'est... Réponse au prochain numéro, peut-être.

Dernier bémol : le prix est un peu trop élevé pour le nombre de pages, et une série en plus par magazine ne serait pas superflue. Ne serait-ce que Shazam dans DC Saga, ça me comblerait.

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Les WildCATs étaient la première équipe de super-héros de l'univers Wildstorm, créé par Jim Lee. Leur succès premier leur a valu des séries dérivées et des crossovers inter-compagnies (notamment WildCATs/X-Men et JLA/WildCATs), puis la guerre de ces hybrides humains-Kherubim contre les Daemonites s'est achevée au bout de 50 numéros. Ces soldats sans guerre ont ensuite eu droit à la série Wildcats, qui s'est cherchée avant de trouver sa voie sous les scénarios de Joe Casey : de rares combats, et des affrontements plus politiques et économiques tandis que l'androïde/super-héros anciennement nommé Spartan (et devenu Jack Marlowe) a perdu de son humanité en faisant fructifier son héritage.

Cette nouvelle série est dans la droite lignée de la précédente : le genre super-héros est assez loin, et la manière pour Jack Marlowe de sauver le monde est de le faire de manière industrielle. L'économie, l'espionnage et les nouvelles énergies sont au centre du récit, et c'est assez original. Cet univers de super-barbouzes se métamorphose encore, montrant plus d'ambition que jamais. Même si les dessins de Dustin Nguyen ne sont pas très expressifs, ils collent plutôt bien au récit tout en rappelant un peu le style de Travis Charest, dessinateur emblématique de cette équipe devenue non-équipe puis corporation. Un traitement intelligent du post-super-héroïsme.

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Un peu de vieillerie avec ce crossover d'époque, qui impactait tous les titres de l'univers Wildstorm. Après un combat contre Stormwatch (pour une raison pas franchement explicitée), les WildCATs doivent s'allier avec le criminel Daemonite Hightower pour retrouver les clés d'un vaisseau Daemonite qui attire les convoitises. On a donc des alliances qui se font et se défont au fil des péripéties et des très nombreux combats. Pour ceux qui veulent suivre la première partie de l'histoire de l'univers Wildstorm, ce crossover explique pas mal de choses : le retour d'Helspont, la création de la série Grifter et son départ des WildCATs, la création d'une deuxième équipe de WildCATs, etc. Après, oui, ça a vieilli et ça vole pas franchement haut, la part belle étant faite à l'action. Les dessins sont très disparates, donc ce n'est pas très homogène. Après, il faut aimer le style et avoir la nostalgie des Gen13, Deathblow, Backlash et autres, mais même si c'est un peu poussif au début, ça se lit sans déplaisir, malgré les affreux choix de traductions avec des personnages qui parlent tous comme des roturiers.

lundi 9 avril 2012

Critiques d'attente

Eh bien oui, j'ai pas posté depuis plusieurs jours, pourquoi ? Parce que j'attends une formation qui devait être imminente et ne le sera sûrement pas tant que ça. J'attends aussi le bon à tirer de Forgotten Generation 2, qui devait arriver la semaine dernière. Du coup, je tue le temps en lisant.


 Fabrice Sapolsky, co-auteur de Spider-Man Noir, se lance dans l'édition et dans une nouvelle BD en solo. Il est accompagné par Tom Lyle aux dessins, une référence pour pas mal de fans de comics puisqu'il a signé pas mal d'épisodes de Spider-Man et de Robin dans les années 1990, avant de disparaître des radars. L'intrigue est assez originale : une boîte noire offerte au premier président des USA est retrouvée, et pourrait receler des secrets d'Etat. Le conservateur en charge se retrouve donc au milieu d'une affaire sensible, accompagné d'une journaliste et d'un pirate informatique.

L'ennui, c'est que les personnages sont grossièrement développés et ne suscitent pas d'empathie. Les dialogues sont quelconques, et même le graphisme, bien que réussi, n'est pas exceptionnel. Le scénario, cependant, se laisse suivre, mais certains rebondissements sont clairement téléphonés. Alors oui, ce titre aurait pu être très bon si seulement les personnages, les dialogues et les rebondissements avaient bénéficié de plus de soin pour que l'intrigue (plutôt pas mal trouvée) soit vraiment prenante. Quant à la fin de l'album, elle ne rattrape rien. On s'attendait donc à mieux de la part de celui qui a étoffé Spider-Man Noir... Autre défaut très désagréable : le nombre de fautes laisse à penser que l'ouvrage n'a pas été relu par un correcteur...

 Encore une nouvelle série pour la Panthère Noire, le roi du Wakanda ! A croire qu'il peine à convaincre le lectorat sur la durée, en particulier en France (voir sa diffusion erratique depuis 10 ans)... Mais là, c'est un nouveau départ qui réinstalle le personnage dans une nouvelle optique : suite aux événements de Doomwar, T'Challa/la Panthère Noire n'est plus le roi de son pays et a détruit sa principale richesse, le vibranium ; il n'est même plus investi du pouvoir de la Panthère. Bon, il reste quand même plus puissant que la moyenne... Son ami Matt Murdock, plus connu sous le nom de Daredevil, a traversé une mauvaise passe pendant laquelle son identité secrète a été rendue publique, ses amis menacés de mort, et lui-même devenu caïd du crime de Hell's Kitchen, chef de la secte ninja La Main sous l'emprise d'un démon... Bref, après tout ça, Murdock doit laisser de côté la lutte contre le crime pendant quelque temps afin de se retrouver, et offre à T'Challa l'opportunité d'en faire de même en lui proposant sa place en tant que protecteur de Hell's Kitchen.

Vu comme ça, ça paraît bordélique, mais en fait c'est vachement limpide : pas besoin d'avoir lu Daredevil, Doomwar ou autre pour s'y retrouver. Ici, on se retrouve dans une situation nouvelle, où la Panthère doit combattre le crime dans les rues comme un simple vigilant sans pouvoirs. Heureusement, il lui reste son intelligence, et quelques alliés (même s'il préfère bosser seul) : Spider-Man, Luke Cage, et aussi Tornade, sa femme.

Ce copieux album est une bonne surprise. Alors bon, la couverture sublime ne reflète pas l'intérieur, mais le scénario est bon, ménageant suffisamment de rebondissements, de bons dialogues et des intrigues prenantes. Le personnage est bien caractérisé, avec tout ce qu'il faut comme défauts pour contrebalancer ses qualités, et les quelques invités ne tombent pas comme un cheveu sur la soupe. L'auteur sait tirer parti du potentiel de la Panthère Noire à New York, et si on reste proche de Daredevil dans l'esprit, les différences sont quand même nombreuses et la série justifiée. Le dessin, maintenant, est adapté au récit sombre et aux bas-fonds de New York. On a vu mieux, mais ça porte bien le récit. En résumé, donc, un bon album qui plaira aux amateurs de justiciers urbains et humains.


Après la lecture de Black Box, et sous l'impulsion du jeu Spider-Man Dimensions, je me suis replongé dans la première BD de Fabrice Sapolsky, co-scénarisée par David Hine. Alors oui, on peut se dire que c'est une énième réinvention du personnage, un rabâchage inutile, encore un truc pour se faire du fric facile... Mais dès la lecture entamée, on se rend compte que le travail sur la Grande Dépression a été bien réalisé : le contexte géopolitique est très bien mis en avant, et c'est ainsi que la plupart des différences coulent de source. Peter Parker est l'idéaliste malingre qui ramènera Ben Urich, journaliste, sur la voie de l'intégrité, et sa mission journalistique le verra devenir Spider-Man, vigilant qui n'aura de cesse de combattre le système corrompu par la pègre et le gang du Bouffon.

Dans le deuxième tome, il affrontera les conséquences d'une pensée politique émergente, alors que le parti nazi a déjà pris le pouvoir en Allemagne.

Bon, il va sans dire qu'il n'y a pas besoin d'avoir lu du Spider-Man avant pour apprécier ces récits. Le duo Hine/Sapolsky tisse un univers riche, tandis que le dessinateur Carmine Di Giandomenico tâche de le mettre en images aussi bien que possible. Cependant, son style n'est pas des plus adaptés à l'ambiance développée, et la colorisation est trop flashy (une palette plus proche de celle utilisée dans le jeu Spider-Man Dimensions aurait été plus appropriée). De plus, les lois stupides des USA ne permettent pas de représenter la réalité des clubs de l'époque : le Black Cat est ainsi exempt de toute cigarette ! Mais on fait rapidement fi de ces détails pour plonger dans le récit. Deux des meilleures histoires de Spider-Man de ces dernières années.



Un nouvel univers DC, où quelques héros du cru côtoient les grands héros du pulp ou autres proto-héros. Une expérience dont le succès aux USA a été mitigé, et à l'heure où Dargaud a récupéré les droits de DC pour la France, c'est Ankama qui, contre toute attente, publie First Wave. A part le lettrage et la maquette intérieure, on croirait que l'ouvrage sort des rotatives de Panini. Donc, pas de souci pour la qualité d'édition.

Côté personnages, on retrouve la version primitive de Batman, avec ses armes de feu, ainsi que Doc Savage, le Spirit, le Vengeur, les Blackhawks et Rima. On commence l'album par Batman/Doc Savage, où l'Homme de Bronze arrive à Gotham City, sous les dessins de Phil Noto. Il s'en dégage une drôle de sensation, car on se sent tiraillé entre le pulp et l'ère moderne dans cette histoire complète. On rentre dans le vif du sujet avec les premiers épisodes de First Wave, où les personnages commencent à pulluler sans qu'on sache trop dans quel but. Nul doute que la suite nous le dira. En tout cas, le dessin de Rags Morales rend justice à chacun des protagonistes et contribue à donner envie de lire la suite, même si le scénario est encore un brin confus. Bref, pas mal, pour l'instant.

La petite kryptonienne en brassière et mini-jupe est de retour dans des aventures inédites en France ! Eh oui, Panini avait publié en 2006 les premiers épisodes de Supergirl en librairie, dans un album où Kara Zor-El devait être intronisée complètement dans l'univers DC et légitimer sa place. Bon, ça se résumait surtout à rencontrer la plupart des héros DC et à leur mettre sur la gueule avant la réconciliation de mise et le combat contre le côté obscur de la micro-jupe. Bref, de l'action, de l'action, des beaux dessins et de jolies courbes. Rien de bien cérébral, quoi. Et on en était restés là pour la publication française.

Candor est la suite directe de ces épisodes, et le sommaire est plutôt alléchant, puisqu'il contient presque toutes les apparitions ultérieures de Supergirl avant les nouveaux épisodes, mais aussi de Power Girl, qui tient un grand rôle. On a donc droit à du JSA Classified, JLA (juste des extraits d'épisodes où Supergirl apparaît), un numéro de Superman/Batman avec Huntress et Power Girl, et l'épisode de Superman situé juste avant la bataille finale d'Infinite Crisis. C'est après qu'arrivent les nouveaux épisodes de Supergirl, chronologiquement un an après ces événements.

Les esthètes seront déçus, puisque Kara n'y porte pas son petit costume. Elle est devenue Flamebird dans la cité bouteille de Kandor, où la ségrégation est de mise entre les étrangers et les purs, sous la coupe d'un faux Kal-El. Oui, bon, déjà, c'est pas crédible, à plus forte raison quand on sait que ce dernier, plus connu sous le nom de Clark Kent, était à la même époque sur Terre et complètement privé de ses pouvoirs. Mais même, le déroulement n'est pas intéressant : le graphisme est irrégulier (plusieurs dessinateurs, ça n'aide pas) et le scénario est sans surprise et sans conviction. Que viennent bien faire Power Girl et Supergirl à Kandor ? Qui est l'imposteur qui usurpe le nom de Kal-El ? Pourtant, venant des scénaristes Greg Rucka et Joe Kelly, on s'attend à mieux. Ce volume a au moins le mérite d'être exhaustif, mais la plupart des histoires sont quelconques. Très dispensable, sauf si on est complétiste...

mardi 28 février 2012

T'en veux, des critiques ?



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Ultimate X, ou le devenir des mutants dans l'univers Ultimate après l'ultime foutoir (aussi appelé Ultimatum). Après avoir tué les X-Men, Jeph Loeb ressuscite ce qu'il peut, accompagné du vénérable Arthur Adams. Si on sait, grâce à Brian Michael Bendis qui les met en scène dans Ultimate Spider-Man, ce que sont devenus Shadowcat et Iceberg, c'est ici qu'on explore vraiment l'héritage des X-Men, au rythme d'un personnage par épisode. La couverture dévoile quatre d'entre eux, dont Hulk. Et que dire du scénario ? Il prend son temps pour bien situer les choses, en voix off. Et même si le rythme est posé, l'action n'est pas en reste, arrivant ponctuellement. Jeph Loeb voudrait-il se faire pardonner pour ses méfaits d'Ultimates 3 et d'Ultimatum, bourrés d'action camouflant un grand vide scénaristique ? Le chemin de la rédemption est là, même si le scénario d'Ultimate X reste facile. Le gros problème, c'est qu'on a surtout l'impression d'un long prologue qui n'aboutira à rien (pas de suite aux USA), malgré les bonnes idées de l'histoire. Quant aux dessins, si Arthur Adams a encore du talent, il est surtout lent, secondé par un encreur, et donne l'impression d'avoir bâclé certaines planches (un comble, sachant qu'il lui a fallu deux ans pour rendre ses cinq épisodes !).

Néanmoins, le tout est solide et se lit bien, le récit étant en plus accessible aux néophytes.

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Warren Ellis sur les Astonishing X-Men, troisième partie. Après Simone Bianchi (Ghost Boxes) et Phil Jimenez (Xenogenesis), c'est Kaare Andrews qui est aux dessins... et ça choque dès la couverture, avec les proportions bizarres des femmes de l'équipe. Mais bon, c'est un détail, on s'habitue vite. Le scénario emmène l'équipe Astonishing demi-costumée en Afrique, où des bébés mutants naissent. Cependant, le gène mutant n'est censé se manifester qu'à la puberté, et sachant que le jour-M est passé par là et que les mutants ne naissent plus... Ces histoires de génétique et ces rappels à Ghost Boxes (les boîtes à fantômes qui servent à basculer d'une dimension à l'autre) montrent que Warren Ellis a une ligne directrice qu'il ne lâche pas, ce qui est une force mais aussi une faiblesse. S'il sait utiliser la continuité des X-Men sans larguer le lecteur, il répète finalement un peu trop son propre travail effectué sur la franchise - Ghost Boxes, précisément. On est vraiment dans la continuation de cette arche narrative, ce qui peut poser problème pour ceux qui ne l'auront pas lue. Les cinq épisodes de cette mini-série auraient pu être raccourcis et incorporés à la série à la suite de Ghost Boxes, ce qui est de toute façon bordélique à situer dans la continuité. Si on fait abstraction de ce fait, on a un récit des X-Men accessible aux néophytes, avec un graphisme dynamique et un scénario intelligent, mais un poil trop long. Pour ce qui est des bonus de cette édition cartonnée, la reproduction du premier épisode en noir et blanc et sans textes permet d'apprécier le travail de Kaare Andrews et l'expressivité de ses personnages - même si les énormes fesses de Tornade et d'Emma Frost sont un peu choquantes.

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Du French Comics, avec le crossover Star Power/Fantask Force. Les héros galactiques futuristes de Pat Lesparre, publiés dans Power Mania, rencontrent les super-héros français du XXIè siècle dont les 10 ans de carrière englobent Fantask, Spécial Zembla et Strange. L'histoire, en 4 parties de 6 pages chacune, montre l'alliance entre Jared Tygro et le Silure, tandis que leurs ennemis jurés respectifs, les équipes Star Power et Fantask Force, se battent entre elles suite à un quiproquo. C'est le principe du crossover façon Marvel, pour ceux qui connaissent. Bref, ça ne vole pas très haut, Star Power s'adressant aux jeunes lecteurs du magazine Power Mania. La réalisation est correcte, sans plus. Il ne faut pas s'attendre à de la philosophie ou à un développement poussé des personnages ; ça reste léger dans tous les sens du terme.

Comme 24 pages, c'est un peu léger, cet album est complété par un récit court de la Fantask Force, entièrement réalisé par Reed Man. Pas d'action, mais un récit galactique très kirbyesque dans son concept et son énergie (ce qui inclut l'inégalité graphique des planches de Reed Man, encore une fois). Une histoire sympathique.

Et pour clore le tout, le premier épisode des Super Luchadores (dont une planche était parue dans Strange), avec Reed Man aux dessins et Tito Muerte au scénario. Les amateurs de catch aimeront ces personnages hauts en couleurs se produisant pour les enfants dans un squat, avant que tout bascule... Sympa là aussi, mais c'est juste une intro.

Faisons le calcul : deux histoires sympathiques, un récit passable, ça pourrait passer si l'album n'était pas aussi cher, en fait. 12€ pour un petit format de 36 pages, sur un papier de qualité mais pas glacé, c'est quand même onéreux. Alors certes, c'est imprimé en petite quantité (50 exemplaires seulement, ça explique tout) par une petite maison d'édition, mais ça reste un peu cher pour ce que c'est.
 

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De la BD commerciale, mais adoubée par Bruno Solo et Yvan le Bolloch, donc ça reste finalement dans l'esprit de la série télé. Ce tome-là, contrairement au précédent, ne propose pas une histoire plus longue, mais une succession de gags à chute. On trouve de bonnes idées dedans, même si le jeu, le parler et l'allure des comédiens ne sont pas très bien représentés et que ça manque d'identité graphique.

Le tome 6 marque une rupture, toute l'équipe de la BD étant remplacée par une nouvelle. C'est donc un dessin plus réaliste et des couleurs plus éthérées qui dépeignent ces nouvelles histoires, dont les "Caméra Café à travers les âges". Les scénarios sont toujours avalisés par Solo et 'Bolloch, donc pas franchement de révolution à ce niveau-là.

Après, est-ce bien indispensable ? Ce produit dérivé est sympathique et permet de prolonger encore un peu les aventures des employés de Geugène hors de la série télé et des films. C'est donc avant tout aux fans que ça s'adresse, et à ceux qui ont été déçus de la tentative "La boîte du dessus". En plus, c'est trouvable assez facilement à prix correct.

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En lisant le résumé et en regardant la couverture, ça part mal : on a l'impression d'être face à un shônen de base. Et puis les premières pages défilent, décrivant un univers assez original et déjanté, avec un héros tout en muscles qui pense avec son estomac. Alors oui, le déroulement et les dessins n'ont rien d'extraordinaire, les gags sont assez convenus, mais ça se laisse bien lire. Je ne sais pas au bout de combien de temps le concept peut s'essouffler, mais le premier tome est bien sympathique.

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Je suis client depuis le premier tome, attendant toujours la suite avec impatience, c'est vous dire. Malheureusement, le tome précédent m'avait un peu laissé un goût amer dans la bouche. Non à cause de sa qualité, mais bien à cause de ses pages de pub et d'auto-promotion insérées dans l'histoire. Heureusement, pas de ça cette fois, mais j'aurais préféré.

Le premier chapitre est dans la lignée de ce qui fait le sel de la série, mais ça se gâte dès que commence le deuxième... Sur fond de manifestations contre une réforme du statut des facs, l'histoire s'éloigne de ce qui pourrait être un récit haletant où les héros devraient lutter pour sauver la FEAH pour mieux se reposer sur des ellipses reconstituant le chemin jusqu'au dénouement de la situation. Le problème, c'est que l'intrigue en est amoindrie et moins percutante. Les situations se suivent et se répètent tandis qu'on tourne les pages sans grande conviction, l'intrigue étant poussive et l'ennui jamais loin. De plus, on pourra déplorer le bâclage de certaines vignettes, alors que la série avait toujours gardé une qualité constante jusqu'ici. Gros faux pas pour Freaks' Squeele, donc. Espérons que le tome suivant saura effacer cette déception.

(oui, j'ai la flemme de poster du neuf)