Affichage des articles dont le libellé est strangers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est strangers. Afficher tous les articles

jeudi 26 juillet 2012

Chroniques plombées à l'Araignée

Bienvenue dans les années 1980, quand Spider-Man portait un costume noir rapporté de Battleworld, la planète des Guerres Secrètes. Cette combinaison aux étranges facultés va se révéler de plus en plus mystérieuse et empoisonnante pour le Tisseur, comme ces épisodes le montrent.

Tout le monde sait que le costume est un symbiote qui va fusionner avec Eddie Brock pour devenir Venom, comme on peut le voir dans plusieurs adaptations. Mais il est bon de se replonger dans cette anthologie qui va retracer tout le parcours menant à cette fusion. Le scénario tient la route sans être extraordinaire, et le dessin aussi, malgré une alternance de dessinateurs et d'encreurs assez malheureuse (heureusement, les couleurs ont été retravaillées). Néanmoins, relire cette période où Peter Parker vivait dans un taudis et avait froissé sa tante May (qui avait reconverti sa maison en maison de vieillesse) parce qu'il arrêtait ses études, c'est difficile d'y résister quand on aime le personnage, surtout qu'il s'agit d'une étape importante dans la continuité. Classique, mais vraiment efficace.

Un peu plus tard, une autre période importante pour le Tisseur s'annonce, avec Peter David et Rich Buckler qui débarquent pour chambouler l'univers du héros arachnéen, en quatre épisodes repris dans cet album cartonné qui porte bien son nom. Car oui, ça commence par une mort qu'on ne voit pas et qui va faire monter la tension. Peter Parker est maintenant marié à Mary Jane Watson, et s'il a encore le costume noir, celui-ci n'est plus le symbiote. Le capitaine De Wolff était la meilleure alliée de Spider-Man dans la police, et son trépas des mains d'un certain Rédempteur rend tout le monde nerveux, à commencer par Stan Carter, chargé de l'enquête et allié à Spidey pour la circonstance.

Pas mal de fausses pistes et d'interactions entre les divers intervenants (notamment Daredevil), tellement à cran qu'ils sont confrontés à des choix cornéliens. Les trois épisodes suivants, qui narrent le retour du Rédempteur, ont droit à une atmosphère plus intimiste et aux dessins de Sal Buscema. Alors que les comics super-héroïques "matures" n'existaient pas encore aux yeux des critiques, Peter David se lançait dans ces épisodes d'anthologie en jouant parfaitement avec les personnages, les rendant plus humains et instaurant de vraies réflexions sur la violence, le système judiciaire et la réinsertion des prisonniers. On regrettera à peine de ne pas avoir les épisodes qui séparent les deux histoires. Un très bon classique qui n'a pas beaucoup vieilli.


Après les classiques de chez Panini, on attaque les productions Réflexions/French Eyes. On commence avec le crossover mettant en scène Eric Draven/The Crow et Razor. Sachez que sous cette sympathique couverture en couleurs se cachent des dessins en noir et blanc extrêmement confus et parfois approximatifs, ajoutant d'autant plus de complication à comprendre un récit violent, anecdotique et incompréhensible. Les auteurs ne sont pas vraiment crédités, et Razor pas présentée. Mais encore ? La relecture n'a pas été faite. Résultat, on a une épreuve non corrigée d'un album oubliable. Pas très sérieux. Pour les fans ultimes du héros de James O'Barr uniquement, les autres préféreront se diriger vers les albums du French Crow.






Avec le Capitaine LSD de Jim Dandy, on change carrément de registre - et de format. On a droit à un ancien super-héros alcoolique, accroché à son passé et mélancolique. Bien sûr, il y a des tentatives parodiques et plus humoristiques, mais le récit est plus métaphorique et humain que super-héroïque. On vit pleinement la déchéance du Capitaine LSD et ses poèmes nébuleux, jusqu'à la révélation finale.

Un récit qui ne fait pas dans la facilité, ni dans la joie, mais montre un univers complexe où le héros a laissé place à l'individu. Le scénario est bien mené, et le dessin tient très bien la route (à quelques rares occurrences près). Le lettrage (et la relecture), par contre, aurait pu être meilleur. Pas à mettre entre toutes les mains, pour sûr, mais les amateurs de déconstruction seront séduits.



Et là, on change presque d'éditeur, mais aussi d'univers. French Eyes nous propose donc les aventures en BD du Doctor Who dans sa dixième incarnation, avec sa compagne d'alors Martha Jones.

Là encore, on sent que la relecture est passée à la trappe. Pour ce qui est de la traduction, je n'ai pas senti de manques, mais je connais mal les traductions françaises appropriées à cet univers. Et surtout, le choc visuel : au moins quatre dessinateurs différents et aux styles peu homogènes pour ces 144 pages ! Il faut donc s'accrocher pour suivre ce récit complet et à tiroirs. Un scénario dans la droite lignée de la série, adapté au format comics, qui n'est toutefois pas dans le haut du panier. Et puis c'est Martha Jones, pas le personnage le plus intéressant, mais il semble que le scénariste ait des plans sur le long terme. Je demande à voir. En tout cas, les amateurs du Docteur (et de Martha) auront leur compte, en espérant que la suite sera plus intéressante.


Je sais, on ne doit plus dire "French Comics", mais bon... J'ai enfin pu découvrir l'un des super-héros français de ces dernières années, le mythique Shaango, dont les trois épisodes sont repris dans cet album avec des histoires courtes en supplément. C'est donc copieux pour ce premier chapitre.

Ishan, jeune éducateur en banlieue, se découvre une nuit des pouvoirs électriques alors qu'il se fait battre par la police pendant un contrôle d'identité. Il devra apprendre à en faire usage, et à gérer ça avec sa vie et son quartier, tout en essayant de comprendre ce que ses racines africaines - dont il ignore tout - font là-dedans.

Bon, on a de grosses ficelles sur la banlieue et la politique post-11 septembre façon Bush et Sarkozy, mais l'histoire fait quand même appel à l'humanité des personnages et à la mythologie africaine, évitant pas mal d'écueils liés au super-héroïsme classique. Ishan tue, fait des erreurs, a des obsessions, etc. Pour autant, malgré une bonne tenue, le scénario n'est pas si original que ça passé son cadre, et les dessins souffrent de staticité photoshopesque sur beaucoup de planches et de proportions trop souvent maladroites. Les scènes d'action, en revanche, sont très réussies. Les auteurs s'approprient les codes du super-héros pour les transposer en France, et ça fonctionne plutôt bien, car le récit est bien mené et distille suffisamment de mystère pour tenir en haleine. Une bonne petite surprise.

En revanche, l'attendu Pantz d'Alexandre Foret et Frédéric Mur me laisse sur ma faim. D'accord, c'est un prologue, mais un prologue à quoi ? On passe d'une époque à l'autre sans transition et en se demandant quels sont les liens, sans indication sur l'histoire qui suivra. Ce comic-book aurait largement mérité un peu plus de pages pour développer son propos. Même si le dessin de Frédéric Mur a encore quelques petites lacunes au niveau des proportions (les personnages font vraiment jeunes, notamment), les décors sont soignés, mais voilà, on sort quand même de cette lecture comme de celle de beaucoup de comics actuels : avec l'impression qu'on a eu une histoire découpée.








Avec Strangers, par contre, on a droit à du plus classique et à des histoires plus ou moins auto-contenues. Jean-Marc Lofficier a une écriture plus proche du Silver Age, et aime à multiplier les personnages sans oublier de les mettre sous le projecteur : même si l'épisode contre Hunter est de la baston classique, les quelques révélations distillées çà et là arrivent à ne pas endormir l'intérêt. Mais le suivant en montre bien plus sur Futura et ses ennemis, dans une ambiance plus horrifique. Une bonne série.

mardi 10 juillet 2012

Voir Villepinte et mourir... dans les bouchons

Photo d'un vieux pote croisé côté Comic Con. Il racontait ses blagues avant-gardistes aux gens, ce qui est compliqué car en plus d'être nulles, elles sont dans un langage peu répandu de nos jours...

Mais comme il dit avec son pragmatisme légendaire : "Bi-di-biip *sifflement* dit-bi-dip biip dip". Je vous laisse méditer là-dessus.



Deuxième fois pour moi, la journée a été bonne, sauf que j'ai pas vendu et que Maxime Saint Michel n'a pas pu faire le déplacement le lendemain... Mais je suis reparti avec des dessins originaux, j'ai pu rencontrer quelques auteurs avec qui je suis en contact sur Facebook (et sur des forums) depuis un certain temps - Kevin Enhart, Julien Nido, Fabien Walesch, Geoffo et Jim Dandy -, revu les camarades habitués des salons - Eric Van Elslande, Mast et Anthony Dugenest - et admiré les expositions (Naoki Urasawa et Kaamelott) ainsi que les cosplays. Pour les qualifications sur la scène principale, on a attendu longtemps, mais ça valait le coup.

Je n'ai pas tenté les gros invités de la Comic Con, qui étaient de toute façon déjà assaillis dès le matin (en plus, on est arrivés à 10h). J'ai préféré aller saluer Mast et Geoffo (qui n'avaient rien à vendre, hormis des dessins), faire mes premières emplettes (deux Essentials de Spider-Man pour 10€, ce qui est très avantageux), aller au stand Comicverse saluer Eric et lui montrer ma dernière production en date (lui non plus n'avait rien à vendre, et il était sans le sou, qui plus est ! Ah, ces artistes ! ;)). Néanmoins, j'ai pu admirer pas mal de ses nouveaux travaux en A3, dont une planche de Spirou hommage à Franquin.

Petit tour avant de trouver Kevin Enhart, auteur de comics qui n'est pas prophète en son pays (il est Français mais ses productions sont anglophones), à qui je me présente et j'achète ses bouquins (Satanic Hell, The Heindrich Project et Returned). Il me dédicace le tout dans la foulée, gentiment, et observe d'un bon œil Forgotten Generation 2.

Puis arriva enfin le Jim Dandy qui m'attendait avec ce que je croyais être un simple dessin original... Première surprise de la journée : afin de s'exercer le jour d'avant (il était absent), il a bien fait le dessin qu'il m'avait promis par Facebook, en couleurs, mais en a également fait un deuxième avec le même personnage (soit Ewen Merrick, héros de Dark Fates) et un marque-page en bonus avec Jubilee des X-Men ! Le bougre s'avère très sympathique et me dédicace le Capitaine LSD que je lui achète. Il a bien observé avec attention mon fanzine, mais lui non plus n'avait pas de monnaie. Finalement, je décidai de lui céder un exemplaire en remerciement, et il me demande même une dédicace. Un mec vraiment très cool.

Tour rapide à un stand où les comics reliés (brochés et cartonnés) sont à bon prix. Choix cornélien où dans tous ces Marvel (seulement un titre DC dans le lot), je laisse de côté American Dream, Genext et le Blade d'Howard Chaykin. Tour dans les boutiques environnantes en trio, puis mangeage avant visite de boutiques et partance pour le cosplay.

Après avoir assisté aux présentations des duos, direction la scène principale où les choses sérieuses vont se passer, après une attente de 45 minutes dans la queue. Puis une fois assis, c'est après quelques minutes que les premières chorégraphies commencent, avec que des duos que je ne connaissais pas (à part Sailor Moon et Serenity). La mise en scène est efficace, et chaque duo est à fond dans des costumes très travaillés. Un bon moment à passer.

Peu après la sortie de la salle, mes deux compères retournent faire la queue pour ce même endroit pour les nouveaux épisodes du Visiteur du Futur. N'étant pas familier de la série (en fait, je viens tout juste de regarder la première saison au moment où j'écris ces lignes), je visite l'expo Urasawa, me balade tranquillement, et retourne du côté Comic Con. Un coucou rapide à Eric (entouré de deux connaissances, Julien Nido et Fabien Walesch), puis je vais voir Anthony Dugenest pour lui acheter les productions Wanga que je n'ai pas. Nous discutons un peu et il m'apprend que Frédéric Mur (auteur de Pantz) n'était là que le jeudi. Un peu plus loin, les auteurs de Shaango m'abordent alors que je regarde avec curiosité, et je décide de me laisser tenter (faut dire aussi qu'avec l'album relié à moitié prix, c'est plus facile). Le trio est très sympathique et m'offre un superbe dessin original de Shaango pour l'achat de l'album. J'en profite pour présenter là aussi mon travail. Retour à Kevin Enhart, auquel je finis par acheter le recueil de nouvelles qu'il a illustré. Un petit tour après, je décide d'aller poser mes fesses vers l'entrée en attendant le retour imminent des frangins LU.

Plusieurs tentatives d'appel échouent, je prends mon mal en patience et en profite pour tirer le portrait d'une cosplayeuse un peu fatiguée assise à côté de moi. Un dessin plus tard (oui, j'ai toujours mon carnet avec moi pour m'exercer, et j'ai donc fait un Venom en train de surfer), les frangins sont revenus de leur séance, qui a commencé à la bourre et a duré plus que prévu - au lieu d'un épisode, ils ont eu droit à deux. Après quelques boutiques, nous finissons par nous perdre chacun de vue, ce qui est super facile dans un salon de cette taille. Oui, j'ai craqué au stand French Eyes pour l'album Doctor Who et une figurine d'Ange Pleureur... Le réseau téléphonique saturé, difficile de se retrouver... J'ai finalement été arrêté par les auteurs du webcomic multimédia Civilized, qui m'ont fait la présentation. On a pas mal discuté, j'en ai aussi profité pour leur parler du multivers Forgotten Generation et leur donner l'adresse du blog. Faudra que je prenne vite le temps d'aller voir leur site et de lire le premier épisode.

Puis nous nous retrouvons enfin tous avant un dernier arrêt boutique, puis repartons sur le parking, en constatant qu'il est trop tard pour aller rendre visite à l'ami Olivier, camarade des rencontres live de LTDH en région parisienne et aussi adversaire acharné dans Mario Kart Wii. Dernières photos devant une équipe Mortal Kombat (avec une Mileena presque contrainte et forcée de revenir poser, puisqu'elle avait déjà enlevé une partie de son costume - oui, une guerrière mortelle qui porte des claquettes en plastique, ça le fait moyen), puis course jusqu'au parking sous l'orage et la pluie torrentielle.

Je passerai sur la traversée de l'enfer qui a suivi, parce que ça nous a pris très longtemps pour rentrer, et ça vient un peu entacher cette journée qui a été très bonne. Les bouchons parisiens, c'est horrible.

Les seuls quelques points négatifs : les stands trop chers pour que je me permette d'en prendre un avec l'asso, donc obligé d'essayer de vendre à la sauvette, ce qui est déjà dur en temps normal ; la non-rencontre avec Stéphane Le Quéré (collègue auteur de Steelman qui était là mais que je n'ai pas réussi à croiser) ; l'oubli d'aller voir le stand du fanzine Ganesha (dont les auteurs étaient déçus, au final, de leur expérience dans ce salon). On pourra aussi ajouter le peu de comics représentés à cette Comic Con : un vendeur et demi en tout et pour tout (les stands des gros éditeurs étant côté Japan Expo), peu de véritables auteurs comics présents (et même, pas beaucoup d'auteurs, au final), et finalement bien plus d'espace consacré au web et aux jeux de rôle qu'aux comics proprement dit. Va falloir résoudre ce problème, messieurs de l'organisation.
 
J'espère que l'an prochain, le côté Comic Con sera mieux servi, avec plus de comics, et surtout plus d'auteurs. Et surtout Arcadia Graphic Studio en dédicace, si possible. Mais il reste que la journée a été très bonne quand même.


Et maintenant, voici les photos des dédicaces et dessins ramenés du périple :


La signature de Jac (je crois) sur le Shaango HS 2, plus les trois dédicaces de Kevin Enhart sur ses comics.
Dédicace de Capitaine LSD par Jim Dandy.
 Dessins en A4 de Shaango par Kade et d'Ewen Merrick de Dark Fates (ma BD à moi que je fais dans Forgotten Generation) par Jim Dandy .
Marque-page en couleurs représentant Jubilee et dessin couleurs d'Ewen Merrick par Jim Dandy, encore. Il s'est bien documenté sur mon personnage, et ça fait très plaisir.


Le bonus du milieu, c'est un dessin représentant Misty (Génération Héros) aux côtés de Yordi (ma création, dans le webcomic Le Temps Des Héros), œuvre de Sébastien "Sebs" Carnélos. Celui-là, je l'ai reçu par courrier, et c'est le prix que j'ai gagné au concours Génération Héros, avec un exemplaire du premier numéro et des cartes exclusives.

vendredi 3 février 2012

Angoulême 2012 : bilan et dédicaces

Ce billet vous est présenté par Fantax, le premier super-héros français (créé par Marcel Navarro et Pierre Mouchot), qui n'est pas spécialement content de ne pas avoir eu le prix Patrimoine de cette année au profit des canards de chez Disney. Il risque de vouloir péter quelques gueules à l'ancienne...





Le festival d'Angoulême, c'est toujours le cirque, et c'est de plus en plus onéreux au fil des ans. Fort heureusement, mes fidèles compagnons et moi-même avons pu profiter d'un tarif plus avantageux (grâce à une copine que nous remercions de tout cœur), ce qui tombait fort bien. Mais l'organisation de cette année était un poil pourrie, puisque les bulles étaient blindées et des gens refoulés aux entrées, ce qui m'a fait rater les dédicaces pour Stuart Immonen et Humberto Ramos.

Nous sommes arrivés à Panini à 10h, où le stand devint vite blindé. Le temps de demander s'il y avait un t-shirt disponible et de choisir mes achats (ce qui ne fut pas chose aisée), et me voilà à la caisse. Depuis 2009, je ne suis plus tombé sur des gens désagréables, et c'est bien. Et depuis 2010, j'ai un nouveau t-shirt chaque année (cette fois, c'était les Vengeurs version film). J'ai essayé de rentrer dans la file pour les dédicaces, mais c'était le gros bordel, alors j'ai passé momentanément. J'y suis retourné vers la fin, une fois que les barrières ont été posées et le flux dispersé. Chou blanc. Nous avons donc décampé vers la bulle principale.

Première surprise arrivés à destination : c'était blindé et les gens devaient attendre devant. Tant pis, nous nous dirigeâmes alors vers les indés. Arrêt au stand Wanga, où j'attendais des albums. Surprise très agréable : Pierre Minne me reconnaît tout de suite ! Petite discussion, puis je me tournai vers Jean-Marc Lofficier, qui se révéla lui aussi très charmant. Là aussi, discussion (principalement sur Wampus), dédicace de mes Wampus, Phénix et Martin Mystère (plus Planète Comics 14 et Witchblade/Phénix, spécialement apportés par mes soins), avant d'acheter les parutions Wanga. Je mis donc à contribution Vincent Maria (Les Nouveaux Gardiens 2), Pierre Minne (Le Patrouilleur 2) et Jean-Marc Lofficier (Strangers Universe 1, Strangers saison 2 1), qui s'exécutèrent avec plaisir. J'ai toutefois senti Vincent Maria un poil timide et pas encore trop rodé à l'exercice, mais il ne s'est pas fait prier. Une fois le tout fini, je dis que je repasserai au stand dans l'après-midi pour présenter Forgotten Generation, mais je n'ai pas pu le faire.

Arrêt à Phylactères, où Florent Baudry (avec son magnifique t-shirt Flash) me reconnut de suite et m'acheta un Forgotten Generation. Je fis part de ma déception face à Spermag, mais acheta tout de même les VHB 3, Non?Si! 12 et Bertrand Keuftérian 2 qui seront dédicacés dans la foulée pour les deux premiers. Après quelques échanges, me voilà reparti retrouver les copains de Strange/Connaître Chott (qui commencent à bien me connaître). J'en profitai pour prendre des nouvelles de la santé de Reed Man (récemment victime d'un AVC, mais bel et bien présent) et de Fred Tréglia (disparu corps et biens dans la nature) avant d'acheter Sup'héros 1 et la jaquette Fantask 1. Je glissai entre les mains des auteurs mes ShieldMaster et Je suis une sorcière 2 pour dédicaces, récupère quelques Strange 350 et me rendis compte qu'il était déjà trop tard pour aller sur le stand Panini pour les premières dédicaces de l'après-midi. Foutrecul.

Arrêt déjeuner dans la galerie du Champ de Mars, où la sécurité nous éjecta car nous étions assis par terre. Nous fûmes donc contraints de manger dehors, où beaucoup de gens nous dévisageaient. Soit ils nous avaient reconnus (on était en photo dans le journal de l'an dernier), soit ils m'ont pris pour un acteur célèbre. J'ai dû préciser à chaque fois que non, je n'étais pas Ron Jeremy (et jusqu'à preuve du contraire, je ne le suis toujours pas, sinon j'aurais un travail régulier et rémunérateur).

Retour aux indés, où j'achetai à -70% l'intégrale du Street Fighter de Udon et le Hardcover Premiere Astonishing X-Men Xenogenesis, puis me fis dédicacer mon Bertrand Keuftérian 2. Guillaume Mathias y mit beaucoup d'attention, car il était filmé. Suite à ça, je ne me rappelle plus trop... Il y a eu du va-et-vient entre le para-BD et les indés avec beaucoup de queue, mais je ne me souviens plus exactement. Pas de dépenses au para-BD puisque pas de comics en promo, et pas de Simone Bianchi non plus. En fait, on aurait limite pu ne pas y aller (même si le camarade Fabien s'y est acheté un superbe ours en peluche aux griffes ensanglantées). J'hésitai devant une figurine de Michael Myers, puis nous repartîmes aux indés.

Rien dépensé au para-BD, donc je décidai de me prendre le deuxième tome de Fantax (qu'Elodie Ant me dédicaça volontiers). Arrêt devant Tom Scioli pour faire signer mon Strange 1/336, on me dit que je peux avoir un dessin si j'achète American Barbarian (belle édition, mais comme j'ai pas franchement aimé le début de la série, je passe - bien sûr, j'ai préféré ne pas le dire à Tom Scioli, qui s'est quand même montré bien sympathique).

Enfin arrivé à la bulle principale (Dargaud, Soleil, etc.), je cherchai les camarades, avant d'aller voir au stand Ankama si Brian Azzarello y était. A cette heure-là, j'avais loupé toutes les files, donc c'était foutu, du coup pas de First Wave pour moi. Nous sommes donc allés nous poser dans le coin des éditeurs des îles, où je fis un dessin pour Audrey (avec le Clown de Spawn et un Babar zombie dans un décor de cirque, j'espère qu'elle le scannera) pendant qu'un scénariste réunionnais avec sa tablette nous cause. Je lui ai parlé un peu du fanzine, lui ai tendu un exemplaire, il a émis deux-trois avis sans sembler comprendre trop ma démarche éditoriale et continuai de parler. J'étais un peu crevé, donc j'avais du mal à soutenir son débit, qui a fini par me saouler. On a ensuite pris le large pour aller faire le dernier tour dans la bulle Comics.

Je terminai ma visite (écourtée le matin), puis je me lançai à l'assaut des auteurs pour avoir des signatures. Stuart Immonen s'exécuta assez vite, tandis qu'Humberto Ramos, entouré de plusieurs personnes, était à fond dans sa dédicace. Je demandai poliment au destinataire si je pouvais importuner l'auteur 30 secondes, puis je me fis signer mon Out There 1 (en fait de signature, ça ressemble plus à un gros pâté). Le temps de discuter avec un compatriote, de finir la visite de l'expo Avengers, puis nous repartîmes à la voiture.

Comme je l'ai déjà dit plus haut, l'organisation a été un poil foireuse cette année : il a fallu attendre je ne sais combien de temps devant les bulles, sous la grêle, ce que je n'avais pas vu depuis 12 ans. Pour compenser, les auteurs ont été vraiment cool. Mais je ne sais pas pourquoi, je me sens de moins en moins à l'aise dans cet environnement : trop de choses à voir, à faire, au détriment de l'aspect purement amical de la sortie. Et puis de plus en plus de tirages au sort, de files, de monde... Définitivement, je ne suis pas à l'aise quand je suis entouré par la foule, et il faudra remédier à ça pour la prochaine fois, afin d'espacer les dédicaces et les rencontres avec les auteurs... ce qui est paradoxal puisque les bulles sont suffisamment éloignées les unes des autres, alors qu'au Comic Con tout est regroupé dans un même endroit. Mais bizarrement, j'ai eu plus l'impression de mieux profiter à Paris qu'à Angoulême. Il faudra méditer ça et penser éventuellement à prendre deux jours... ou que les bulles soient moins étroites.

En bonus track, les dédicaces réalisées aux Rencontres du 9è type 2011 à Poitiers :






(Claire Bouilhac & Jake Raynal, Tanxxx, Sandrine Revel)

jeudi 12 août 2010

Strangers et le Semicverse : histoire d'une entreprise ambitieuse

La recette était simple mais elle n'a pas collé. Prendre tous ces personnages que l'éditeur Lug a demandé à son équipe de créer afin de remplir la pagination des pockets, en complément des gros morceaux qu'étaient Tex Willer, Zembla (le sous-Tarzan plus sympa que son collègue Akim chez Mon Journal) ou encore l'ignoble Miki le Ranger (capitaine de cavalerie dans l'armée à 12 ans... heureusement que ses amis alcooliques rendaient ses aventures un poil moins chiantes). Ainsi furent créés des personnages comme Phénix, Motoman, Doug Quanter, Dick Demon ou Kit Kappa, parfois réduits à une unique aventure... Bon, au niveau de l'originalité, on pouvait faire mieux : tarzanides, aventuriers, super-héros rétro, extraterrestres exilés sur Terre, etc.
 
Mais en une quarantaine d'années, ça donnait tout de même un nombre plutôt impressionnant. Aussi, après une dizaine d'années de non-création et un changement de nom (Lug étant devenu Semic au début des années 90), la nouvelle équipe en place, amoureuse de toute cette création, n'avait que l'embarras du choix pour faire du neuf ! Et c'est le scénariste Jean-Marc Lofficier qui s'est chargé de prendre en main le Semicverse, en reprenant tous ces personnages et en les insérant dans une continuité inspirée des univers Marvel et DC : ainsi, Zembla et Ozark s'étaient déjà rencontrés, Kabur (personnage venu d'Hyperborée) et Wampus (alien polymorphe tueur) s'affrontaient en des temps reculés... Même les différents futurs étaient pris en compte ! Paradoxalement, tout ce petit monde gagnait en originalité en se rapprochant des concepts comics, même s'ils gardaient toujours un côté un peu rétro.
 
Mais voilà, l'entreprise tourna court au bout de 3 ans... Pourquoi ? Parce que les pockets, jadis espaces de créations, avaient été de plus en plus délaissés par les lecteurs (normal, après 10 ans de rééditions). Ne restaient donc que les amateurs purs et durs, qui voulaient du neuf, mais qui demeuraient irrémédiablement attachés aux lectures de leur enfance. Autrement dit, de l'évolution sans évolution. Du neuf, mais pas du moderne. Les nouvelles aventures de Zembla et Kabur ? Le lancement de Fantask avec de nouvelles versions d'Homicron, de Phénix et plein de nouveaux trucs super-cools ? Ils ont dit non. Le marché pocket était encore victime de sa ringardise (la mention "bimestriel pour la jeunesse" est un bel exemple... La jeunesse de 1960, pour sûr). Fantask se ramassa, et ses séries furent éparpillées dans les pockets restants (à noter qu'Ozark et Wampus sont très bien tombés dans Mustang, car ils accompagnaient ainsi l'excellente série italienne Martin Mystère... on va passer l'ignoble Zagor sous silence...), au grand dam des vieux lecteurs (moyenne d'âge : entre 40 et 50 ans) qui râlent de la modernité de ces nouvelles séries. Bah, il leur restait les rééditions. Puis vint le lancement de Strangers, au format comics... Inconnus du lectorat comics, méprisés par le lectorat pocket, les Strangers survivent 4 numéros bimestriels avant de s'installer dans le nouveau magazine Image Comics (avec des séries de l'éditeur américain Image, qui publie également Strangers aux USA), qui ne durera que 3 numéros. Heureusement, la saga en cours fut terminée dans le 2, aussi eut-on droit aux origines de Futura dans le numéro 3 (et à une scène de cul) avant que les ultimes épisodes de la série ne soient publiés dans le pocket Yuma (un pocket bâti sur les cendres de Fantask, et sans ligne thématique précise, publiant la 60è réédition de Miki le Ranger en même temps que la super-héroïne Phénix). 
 
 
 
Puis fin 2003 arriva l'impensable pour les fans de pockets : l'éditeur Bonelli (qui fournissait à Semic bon nombre de ses séries fétiches) ne renouvelle pas le contrat avec Semic. Toute la gamme pocket est arrêtée, et la création nouvelle chez Semic tombe à l'eau. Tout au plus aura-t-on finalement droit à un crossover Phénix/Witchblade, mais l'aventure Semicverse allait clairement vers sa fin : en 2004, les créateurs reprirent leurs droits sur les personnages, rendant leur exploitation plus problématique. 
 
Aujourd'hui, le Semicverse n'est plus qu'un souvenir loin d'être désagréable, du moins en France : aux USA, Jean-Marc Lofficier a fondé Hexagon Comics, où sont publiés désormais des albums de rééditions (Zembla, Clash, Wampus... ainsi que Phénix et ses épisodes inédits)... en anglais. Finalement, après des années où rien n'a bougé, voilà qu'arrivent enfin les albums des héros du Semicverse en langue française. Avec des tirages plutôt limités et des prix assez salés, on est loin de l'idée d'un univers BD populaire, mais il faut ce qu'il faut. Peut-être que cela débouchera, à terme, sur de nouvelles aventures de nos héros. On ne peut qu'espérer.