samedi 11 septembre 2021

Whatever happened to the Man of Future Past?

Jenny Everywhere
 Bien le bonjour, vous qui lisez encore des blogs ! Cela faisait longtemps que je n'étais pas intervenu ici. En fait, l'année 2020 a été mouvementée, et... pas besoin d'en dire plus, en fait, on vit tous dans une société très différente depuis mars 2020. Je ne vais pas trop parler du Covid, car ça fait longtemps qu'on en mange tous les jours, et je préfère parler de mon parcours depuis janvier 2020. Parce que c'est mon blog, donc j'y parle de ce que je veux.

Je ne suis pas resté inactif pendant tout ce temps. En février, je me suis cloîtré chez moi pour avancer mes productions pour l'exposition "Seconde Vie" qui aurait dû être un petit moment de gloire, étant donné que ça me permettait de faire exactement ce que je voulais : travailler sur des disques, des cassettes, des assiettes, tous ces trucs récupérés à droite et à gauche que j'utilise comme supports artistiques. Si vous vous souvenez, j'en avais déjà quelques-uns avant 2020 sur mon DeviantArt. Et là, tout ce que je devais faire, c'était passer mon temps à m'occuper de ça tout en regardant Netflix, vu que j'étais tombé malade fin janvier.


Couverture de Gaëtan Degasperi

Une semaine avant l'exposition Seconde Vie, les interdictions tombent les unes après les autres, jusqu'à l'annonce du confinement. Déjà, le vernissage (ou "moment convivial", comme ils disent) de l'expo sur les femmes au CCAS, un peu plus tôt, s'était fait sans rien à manger, pour éviter justement les contacts. Le festival de Ligugé avait déjà été annulé, lui. Dire que j'avais pressé l'imprimeur de Forgotten Generation 5 pour qu'il nous livre à temps pour le festival, le colis est arrivé le vendredi, la veille de ce qui aurait dû être le jour du festival, mais en plein confinement. 

Il a fallu se contenter de faire quelques envois de FG5, car aucun endroit où le montrer. J'ai quand même pu le placer à la boutique Tanukie quelques semaines après, quand tout a pu rouvrir. Et il reste encore à le placer à la Fanzinothèque. Je suis très fier de ce numéro, car c'est le premier à être en couleurs et à être aussi épais. J'ai dû développer des trésors d'ingéniosité pour trouver une colorisation qui correspond à Dark Fates, et je crois que c'était plutôt pas mal. Pour l'épisode suivant, j'ai choisi une palette plus étendue. On verra ce que le public en pense. J'espère trouver un coloriste à qui déléguer cette tâche à l'avenir, parce que ça me prend beaucoup de temps, et je ne suis pas un coloriste-né.

Couverture d'Olivier Pranlong et Bruno Citrugni
En 2020, nous avons sorti également deux numéros de Forgotten Generation Extra. Cela m'a permis de travailler avec des artistes un peu différents, et c'est très gratifiant. On prépare le numéro 4 pour la semaine prochaine. J'ai choisi de traduire Red Panther et Spider Queen aux côtés de Jane Drake, tout en republiant mes textes de Venomous Girl. Il y a des choses que j'ai faites plus jeune que je regarde en rougissant, mais j'ai encore de l'affection pour Venomous Girl. A tel point que je comptais lancer la version BD. Mais ce ne sera pas pour tout de suite.

Dasien

Vers la rentrée, je me suis dit que j'allais bien augmenter la présence d'Arcadia Graphic Studio sur les réseaux sociaux. J'ai donc négocié de pouvoir publier en français le webcomic Dasien, créé par Neil Purcell. Sauf que ça a été un peu difficile au début, puisque j'ai appris que la version que j'avais téléchargée sur DeviantArt n'était pas la bonne, et que j'aurais dû prendre les pages sur le site officiel. Tout s'est bien passé, Neil Purcell repartageant la VF en y allant de ses commentaires personnels, jusqu'en janvier 2021, où des personnes malintentionnées ont décidé de dénoncer les pages de Dasien avec lien vers le blog d'Arcadia comme spam. Résultat : toutes les planches ont disparu de Facebook, y compris celles accompagnées des commentaires de Neil Purcell, et l'adresse http://arcadiagraphicstudio.blogspot.com est considérée comme spam par le réseau et Instagram. On ne peut donc plus faire de promotion en mettant des liens, et c'est rétroactif. Pire, ça concerne même les images contenant l'URL en signature ! J'ai essayé de contourner le problème en utilisant un Linktree mais ça n'a marché qu'un temps avant que Facebook et Instagram ne considèrent cette nouvelle adresse comme spam. Je suis furieux, surtout quand on voit toutes les saloperies que la société de Mark Z laisse passer même quand on les signale. Je ne sais pas qui a choisi de me créer des problèmes, mais j'espère bien savoir un jour.

A part ça, j'ai repris quelques travaux que j'avais faits pour Seconde Vie, histoire de les améliorer, mais l'exposition a été annulée une seconde fois... J'ai également bossé sur Dark Fates, évidemment, et j'ai même ajouté un Wonder Man de mon cru au sommaire de FG6. Je ne vous montre pas encore la version couleur (signée Olivier Pranlong), qui est sacrément belle. 

Et maintenant, que vous dire pour l'avenir ? Vous me retrouverez dans Forgotten Generation 6 à plusieurs postes, comme d'habitude. Je vais aussi publier des webcomics, quand j'arriverai à trouver une plateforme décente (Amilova ne répond plus trop, et c'est bien dommage). Je serai aussi au rendez-vous dans Forgotten Generation Extra, et dans différents défis artistiques. 

Je compte également reprendre un peu le blog en l'axant sur la collection.



PS : ("The Man of Future Past", ça sonne pas mal, je pense que vais adopter ce titre)




“The character of Jenny Everywhere is available for use by anyone, with only one condition. This paragraph must be included in any publication involving Jenny Everywhere, in order that others may use this property as they wish. All rights reversed.”






mardi 30 mars 2021

samedi 4 janvier 2020

Bonne année !

Bonne année ! Cette année, je vous retrouverai aux côtés de Venomous Girl, Red Ann (dans Esprit Vengeur) et Ewen Merrick (dans Dark Fates) !

mardi 24 décembre 2019

jeudi 31 octobre 2019

Dark Fates : 31 octobre (nouvelle)

Bonjour à toutes et à tous, 

Je n'ai pas écrit de nouvelle pour Halloween cette année, du coup je vous partage celle que j'ai écrite l'an dernier pour le blog d'Arcadia Graphic Studio.

Il s'agit d'une version alternative de Dark Fates, où les personnages ont évolué d'une autre façon. Les illustrations sont issues de la session Inktober 2018, à l'exception de la dernière qui a été réalisée spécialement.

Bonne lecture !


31 octobre





31 octobre. Les citrouilles, fantômes et sorcières avaient commencé à envahir timidement les rues de Kaltsee, principalement à l’initiative des commerçants qui avaient vu en cette fête étrangère un moyen de s’assurer une petite manne financière, entre la rentrée des classes et avant la fête de Noël. Mais cette tradition commerciale était marquée, cette année, par l’irruption de véritables visions de cauchemar, quelques mois plus tôt. Pendant la nuit de Walpurgis, les morts s’étaient en effet relevés de leurs tombes, laissant dans leur sillage plusieurs victimes avant de disparaître d’un coup. Les cœurs étaient donc moins à la fête pour se costumer en revenants. Seuls, les plus téméraires auront choisi de vaincre leurs peurs pour s’amuser en incarnant des créatures rejetées par l’enfer, mais la plupart auront préféré opter pour des déguisements plus neutres ou plus drôles.

Cependant, Claire Djarvick goûtait peu cette tradition nouvelle. À vrai dire, elle se tenait à l’écart des rassemblements depuis plusieurs mois, depuis la mort de Xavier Enrikchen, son petit ami, et tout ce que Halloween lui rappelait, c’était le dernier jour d’octobre, la veille de la Toussaint, le jour où l’on fleurit les tombes des êtres chers. Elle se préparait psychologiquement à aller au cimetière, pour se recueillir pour la première fois face à la stèle de son amour disparu, accepter l’inacceptable. En cette fin de journée, elle n’était donc pas d’humeur à aller faire la fête, alors elle avait décidé d’évacuer ses noires pensées à la salle de sport.

Dans le vestiaire bien moins peuplé qu’à l’accoutumée, Claire se rappela les événements des mois passés : comment Joe Gillian était venu chez elle annoncer la nouvelle funeste, comment elle l’avait accueillie, et comment sa vie aurait pu devenir un enfer. Fort heureusement, ses parents l’avaient soutenue du mieux qu’ils le pouvaient, l’aidant à se débarrasser de sa mauvaise hygiène de vie et à pratiquer une activité qui lui faisait du bien. Claire avait donc choisi de s’inscrire à la salle de sport, remplaçant les cigarettes et l’alcool par l’effort soutenu d’une activité sportive. En enfilant sa brassière et son short, elle se disait qu’elle était une toute autre personne, du moins tant que l’effort physique continuait ; c’est pourquoi elle tenait à rester le plus longtemps possible à profiter des installations à sa disposition, afin d’éloigner le moment où elle devrait ressortir et affronter son mal-être.



En sortant du vestiaire, Claire se remémora le chemin qu’elle avait parcouru jusqu’à la salle, et son intrigante rencontre avec Ewen Merrick quelques minutes plus tôt. Elle n’avait pas vu le jeune sorcier depuis des mois, et leur dernière rencontre avait été mouvementée. Claire l’observa de loin : il paraissait confus et désespéré. Quand il fut enfin à sa hauteur, il l’interpella maladroitement. « Zira n’est pas rentrée depuis deux jours », lâcha-t-il au bout de quelques secondes. Le nom de Zira Ondalli faisait ressurgir des souvenirs dans la tête de Claire, des souvenirs peu flatteurs. Elle se souvenait d’une jeune femme agressive envers Xavier, et à la personnalité moins positive que ce qu’elle laissait entendre d’elle à la radio. Elles ne s’étaient d’ailleurs plus parlé depuis la mort de Xavier, Claire ayant décidé de couper les ponts délibérément, et Zira n’ayant pas essayé de renouer le contact de son côté. Pourtant, à voir Ewen aussi désemparé, elle eut de la peine pour lui, et commença à s’inquiéter pour Zira.

Dans la salle, l’affluence était maigre. Peut-être que les habitués avaient décidé de célébrer Halloween en famille plutôt que de s’entraîner ?

Deux heures passèrent. Dehors, la nuit était tombée, et plusieurs personnes avaient déjà quitté la salle. Claire fit une pause pour boire un peu d’eau. À ce moment, elle s’aperçut qu’un homme complètement hagard était entré. Il se tenait sur le pas de la porte quand un des entraîneurs finit par s’approcher de lui, lui demandant ce qu’il voulait. Il y eut une seconde pendant laquelle l’homme hagard se figea complètement, puis sauta à la gorge de l’entraîneur. Deux autres hommes entrèrent pendant que le premier buvait goulûment le sang de sa victime, mais eux avaient l’air plus alertes et avaient leurs yeux injectés de sang dirigés vers les quelques personnes qui s’entraînaient dans la salle, et ils commençaient à se précipiter vers leurs proies.

Nul ne semblait en croire ses yeux, mais le mot fut lâché : vampire. Il était impossible qu’il s’agît d’une mise en scène d’Halloween, et si la nuit de Walpurgis avait bien démontré une chose, c’était que l’incroyable et l’impossible faisaient désormais partie du quotidien. Quand une femme – un vampire - entra à son tour dans la salle de sport, la panique gagna tout le monde. Claire, elle, était miraculeusement hors du champ de vision des vampires, et en profita pour gagner la sortie de secours. À peine à l’air libre, elle se mit à courir droit devant elle, remarquant à peine les corps sans vie qui gisaient le long de la rue.

Filant aussi vite qu’elle le pouvait, elle se rendit compte qu’elle passait dans une rue qui lui était familière, au bout de laquelle se trouvait le magasin « El Marino », tenu par Juan Cazaro, qui avait hébergé Xavier pendant des mois. La pensée de revoir l’antipathique vendeur rassura pourtant Claire, qui se précipita dans la boutique. Les lumières étaient éteintes, et une odeur pestilentielle flottait. Dans l’obscurité, Claire devina deux corps étendus sur le sol, qu’elle enjamba pour accéder aux interrupteurs derrière le comptoir. Le magasin fut éclairé en quelques secondes. Les corps sur le sol étaient ceux de deux femmes. Claire observa autour d’elle afin de voir si Juan était encore dans les parages, mais elle comprit vite que la masse sombre qu’elle avait vue dans le noir n’était autre que le corps exsangue de l’Espagnol, qui s’était battu jusqu’à la fin. Claire porta la main à son cœur, une façon de rendre un dernier hommage à cet homme qu’elle n’avait jamais aimé, et réciproquement, avant de fouiller derrière le comptoir à la recherche de tout ce qui pourrait lui être utile. Elle s’empara d’un sac et y glissa le long couteau de Juan, ainsi que des fusées éclairantes et un pieu qu’elle eut du mal à extirper du cœur d’un des cadavres de vampires.

Claire pensa alors à ses parents, et se dit qu’elle devrait essayer de les rejoindre. Mais la maison était trop loin, et elle avait une dernière halte à faire qui pouvait remettre les choses dans l’ordre. L’appartement que partageaient Zira Ondalli et Ewen Merrick n’était pas si loin, et c’était peut-être la seule chance pour la ville de Kaltsee de ne pas céder à l’emprise des vampires.





À nouveau une course rapide, et Claire fut devant la porte. Elle prit quelques secondes pour reprendre son souffle, puis entra sans sonner. Seule, une petite lampe éclairait la pièce de vie… et la silhouette d’une femme.

« Claire ? C’est toi ? » demanda-t-elle.

Cette voix ne lui était pas inconnue ; au contraire, elle était reconnue de toute la ville pour son émission qui apportait des conseils et un peu de baume au cœur de nombreux jeunes et moins jeunes. Claire se risqua donc à répondre :

« Oui. Zira, c’est toi ? Ewen m’a dit que tu avais disparu.

La silhouette se déplaça dans la lumière, et Claire comprit immédiatement pourquoi elle ne l’avait pas reconnue : Zira portait un corset et une longue jupe dévoilant sa jambe gauche gainée d’un bas en résille. Sa coiffure elle-même était différente, plus sophistiquée. Claire avait toujours considéré l’habillement de Zira sans aucun goût, aussi la voir ainsi parée la rendait méconnaissable à ses yeux.


- C’est moi, lui dit-elle sobrement. Je suis revenue.

- Quelle incroyable transformation, souffla Claire.

- N’est-ce pas ? (Zira fit une pause) Oh, tu parles de mes habits ? J’en ai toujours rêvé. »

Elle fit un tour sur elle-même, faisant virevolter sa jupe.

«  Une deuxième vie, ça change tout », reprit-elle.

À ce moment, Claire contempla ses yeux : ils étaient injectés de sang. Comme si Zira avait anticipé la question, elle répondit :

«  Oui, j’en suis une. Tu ne te doutes pas à quel point c’est libérateur. »

Claire plongea la main dans le sac pour s’emparer du pieu, tandis que Zira continuait :

« Je me suis déjà nourrie ce soir. Je suis repue. Tu peux donc partir tranquille… ou nous rejoindre ! »

À ces mots, Zira fondit sur Claire, qui sortit hâtivement le pieu du sac et frappa la vampire à la tempe. Profitant du fait que son adversaire devenait chancelante, Claire prit la fuite, oubliant le sac dans sa hâte. Elle se mit à courir vers les bois sans regarder en arrière. Elle était désorientée, et plus rien ne comptait à présent qu’échapper à la créature qu’était devenue Zira Ondalli. Hors d’haleine, elle finit par s’effondrer derrière un arbre. Il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre son souffle et ses esprits. Qu’est-ce qui avait fait de Zira un vampire ? Avait-elle tué Ewen Merrick ? Et si… ? L’espace d’un instant, elle eut une révélation : et si Xavier était aussi devenu un vampire ? Il serait sans doute venu chercher Claire, ou…

À mesure que ses tympans ne faisaient plus résonner son pouls, elle commençait à mieux appréhender son environnement : à une dizaine de mètres devant elle, elle pouvait entendre le léger bruissement de l’eau de la rivière, rivière qu’elle voyait de manière assez distincte. Les bois, étrangement, étaient silencieux, comme avant une tempête. Pendant quelques secondes, Claire retrouva son calme, comme si son coup de frayeur n’avait pas eu de cause sérieuse ; mais ce calme fut vite rompu par des pas dans les feuilles desséchées, à quelques mètres derrière elle. 



« Inutile de te cacher », retentit la voix de Zira. « Je sens parfaitement ton odeur. »

Claire sentit son pouls s’accélérer. Serrant le pieu dans son poing, elle se redressa contre l’arbre. Elle prit une longue inspiration, puis sortit de sa cachette.

Zira semblait encore toute fraîche, comme si elle n’avait fait aucun effort pour rejoindre sa victime. Sa poitrine, mise en valeur par son corset, ne se soulevait absolument pas. Claire, elle, luttait pour tenir debout malgré ses jambes flageolantes. Finalement, elle brandit son pieu en avant, résignée, en lâchant « Je te préférais quand tu étais dans la radio, Zira ! » pour se donner du courage.

Le combat qui s’ensuivit était déloyal. Claire, transie de peur, devait se battre contre une Zira en parfaite possession de ses moyens, et dont la nouvelle nature vampirique l’avait dotée de nouvelles capacités qui l’élevaient au-dessus de la condition humaine. Pendant plusieurs minutes, Claire reçut plusieurs coups assénés avec le plus grand des calmes, mais elle trouva toutefois la force de se relever à chaque fois. Elle réussit à porter elle-même plusieurs coups de pieu à son adversaire, mais jamais au bon endroit ni avec assez de force. Mais au bout de trop nombreux coups portés à sa tête, Claire finit par ne plus être capable de se relever.

Zira se pencha sur sa proie, la bouche grande ouverte sur des crocs qui n’attendaient que de plonger dans une jugulaire. Cette fois, aucun discours ne venait se poser en prélude, il ne restait que l’envie primaire de tuer. Claire sentit sa tête tourner alors que les dents acérées commençaient à toucher sa chair. Elle était perdue, elle se sentait déjà partir quand elle entendit une voix criant des mots qu’elle ne reconnaissait pas, mais qui étaient en réalité issus d’une langue très ancienne. Un bruit sourd accompagna une explosion liquide et visqueuse qui lui macula le visage et la poitrine.

Les crocs n’avaient pas pénétré sa chair, et Claire, abasourdie, vit s’effondrer le corps désormais sans tête et sanguinolent de Zira. Elle remarqua aussi une silhouette s’avancer vers elle et lui tendre la main. Le sceptre qui était dans l’autre eut un effet rassurant sur Claire.

« Ewen ! »

Celui-ci, dos au clair de lune, mit quelques secondes avant de répondre :

« Oui, c’est bien moi. C’est terminé pour elle, à présent. »

Claire prit la main de son sauveur et se redressa, les fluides de Zira coulant de sa brassière jusqu’à son nombril. Elle s’essuya tant bien que mal, mais elle savait qu’elle avait devoir prendre de longs bains pour se débarrasser du sang et de la sensation désagréable de la cervelle sur sa peau.

Ensemble, ils marchèrent main dans la main jusqu’à rejoindre la route. La lune éblouissait Claire, qui se tourna alors vers Ewen. Levant la tête, elle le trouva étrangement calme. Voyant qu’elle s’arrêtait, Ewen regarda Claire dont le visage passa alors au blanc.

« Ewen ! Tes yeux ! »

En guise de réponse, il resserra sa poigne et se pencha vers elle.

mardi 30 juillet 2019

Sonic Adventure, retour en enfance

Je redécouvre en ce moment Sonic Boom. Ce n'est pas comparable avec la claque qui a accompagné ma découverte de la Dreamcast.

Pensez... Sonic, la série principale (donc pas les jeux de course), avait toujours été cantonné à la 2D (ou 3D isométrique - j'omets les phases bonus). Les jeux avaient fait le bonheur des joueurs Megadrive, Game Gear et Master System (mais aussi Mega-CD), mais l'arrivée des 32 bits sur le marché a porté un coup à notre hérisson préféré, qui n'était plus le porte-étendard de Sega sur Saturn. Sur l'infortunée 32 bits de maître Sega, Sonic n'a rien révolutionné, puisque la "killer app" devait être Nights et son pad analogique. Pas de jeu Sonic pour accompagner l'onéreuse console à sa sortie, il faudra attendre 1996 et la sortie de Sonic 3D Blast pour en avoir un... qui n'était malheureusement qu'un portage amélioré du même jeu sorti sur Megadrive, et qui est loin d'être le meilleur. En 1997, c'est Sonic Jam qui sort... mais c'est juste une compilation des quatre épisodes de la Megadrive (avec des bonus dans un mini-monde ouvert en 3D). Pour avoir un jeu qui exploite vraiment les capacités de la Saturn, il faut attendre Sonic R... qui est un jeu de course.



En fait, il devait bien y avoir un vrai jeu Sonic en 3D exclusif à la Saturn : Sonic X-Treme, qui a été annulé, nous laissant en catastrophe avec un Sonic 3D Blast optimisé in extremis. Apparemment, Sega voulait quand même garder Sonic comme mascotte et pas le remplacer par Nights pour cette génération (Sonic ayant remplacé Alex Kidd à la génération précédente), mais l'absence d'un jeu original a dû nuire à la réputation de toutes les parties à la fois. Et Mario 64 a redéfini les règles du jeu de plate-formes en 3D entre-temps.







C'est donc dans ce contexte que sort Sonic Adventure sur Dreamcast en 1998 (un an plus tard en France), avec plein de choses à prouver. Et là, on a vraiment l'impression de se retrouver au bon vieux temps du duel Mario/Sonic des années 16 bits, tant le jeu donne un coup de vieux à Mario 64 : graphismes, vitesse, animation, Sonic est de retour dans une grande forme (aidé par une console deux fois plus puissante, ceci dit), même si Sonic Adventure n'est pas dénué de défauts (surtout la caméra qui est capricieuse, et le fait de devoir finir le jeu avec les six personnages pour débloquer le boss final, ce qui casse le rythme).

Six personnages avec chacun un gameplay, des niveaux, un thème et un genre musical différents, un scénario bien fichu, des graphismes très réussis, des musiques d'anthologie, Sonic Adventure avait donc beaucoup d'atouts pour séduire... sauf la console, injustement boudée par le public. Le jeu a été le best-seller de la Dreamcast et aura un deuxième épisode qui sera un cran au-dessus. Sans compter une ressortie dans une version un peu modifiée sur GameCube, PC, PS3 et Xbox360. Pour ces deux dernières, en revanche, l'accueil a été moins enthousiaste : en 2010, Sonic Adventure avait déjà pris un sacré coup de vieux.

Si vous aimez Sonic, faites l'expérience de Sonic Adventure. Et si vraiment vous ne voulez pas, écoutez au moins les musiques, elles valent largement le coup d'oreille.

Quant aux autres jeux cités : Nights est très sympa, il a eu un épisode sur Wii plutôt pas mal ; Mario 64 a vieilli, je ne suis pas un grand fan de cet épisode, mais il a quand même frappé un grand coup pour l'époque ; Sonic R est un jeu de course qui n'est pas très folichon, disponible dans la compilation Sonic Gems Collection qui propose aussi Sonic The Fighters (une curiosité pas déplaisante de l'arcade) et surtout le graal Sonic CD, sorti sur l'extension Mega-CD de Sega qui n'a pas connu un succès foudroyant, et qui est en quelque sorte un Sonic 1.5 (ce sont vraiment les graphismes du premier épisode) avec des niveaux très grands, des voyages dans le temps à l'intérieur d'un même niveau et des musiques qualité CD (dans la même compil, on peut aussi noter des jeux Sonic sur Game Gear et quelques jeux Megadrive, ce qui fait que ça vaut le coup de l'avoir).

samedi 13 juillet 2019

Blood Reich, ou Ma vampire chez les nazis

Dans les pêches à Noz, on trouve des trucs qui vendent du rêve avec leurs jaquettes : ici, c'était Blood Reich (en combo DVD/Blu-Ray).

Le côté incongru de la nana au décolleté incroyable et de cuir vêtue combattant des vampires nazis ne pouvait que faire s'allumer mon sens cinéphile déviant, me disant qu'à défaut de voir quelque chose d'intelligent, j'allais voir un truc un peu taré. Le résumé fait mention de quelques films des acteurs principaux et de "vampire la plus célèbre des jeux vidéo". J'en conclus que c'est Bloodrayne (pas manqué). En-dessous, les caractéristiques techniques des disques : Blu-Ray 90 minutes, DVD 120 minutes (parce qu'en fait, ils ont mis les bonus uniquement sur le DVD, ce qui est une idée débile).

Je lance le Blu-Ray. Bandes-annonces, je passe un peu. Ah, il y a un film de zombies italien produit par Uwe Boll. Mon sixième sens carillonne dans ma tête, mais je l'ignore. Puis vient le film lui-même : réalisé par Uwe Boll. Tiens, c'était pas sur la jaquette, ça ! Pas plus que le nom de Bloodrayne (pas vendeur ?). On arrive, après un long générique, à la première bataille, où Rayne affronte des soldats allemands dans une gare en Russie. C'est pas spécialement joli, mais de toute façon, Uwe Boll a pensé à détourner notre attention avec le décolleté de Rayne, qui met tellement bien en valeur sa poitrine qu'on ne voit que ça.

Je passe rapidement sur l'histoire : Rayne a accidentellement créé un dhampyr nazi, et un Mengele nanar décide de s'associer à lui afin de rendre Hitler immortel. Rayne rejoint l'antenne de la résistance locale après s'être fait masser dans un bordel où l'on peut admirer de nombreuses plastiques féminines et une petite scène de baise. Puis les plans dérapent, Rayne est retrouvée par un vampire en même temps que le chef de la résistance, elle se fait pomper le sang, puis on les emmène à Berlin. Sur le chemin, le chef de la résistance, enfermé avec Rayne, décide de la peloter, parce que bon, il n'a pas emmené de bouquin pour la route. Rayne se réveille, joue les contrariées, puis finalement décide de coucher avec lui, parce que ça permet d'avoir plus de nichons à l'écran et ça meuble un peu. Et de toute façon, il est jeune et beau, il est haut placé dans la hiérarchie, il s'est engueulé avec Rayne, donc c'est forcément lui qui doit se la faire. Puis le convoi est arrêté par la résistance, puis combat final dans une gare contre des vampires. Images d'archives, puis arrivée dans un camp de concentration où Rayne et ses nouveaux potes viennent bouter du SS. Fin. Il reste encore 6 minutes de générique pour atteindre 1h15.

Décevant. Techniquement, c'est plat, le scénario est stupide et n'assume pas son côté débile. Les scènes de combat, les décors et le nombre de personnages à l'écran trahissent le manque de moyens et d'ambition de ce film (qui a sûrement coûté plus cher qu'un Troma, mais ça ne se voit pas). Pas de mention de l'ayant-droit de Bloodrayne au générique. Tromperie sur la marchandise avec une Rayne différente de celle du film à l'arrière de la jaquette.

Bref, un scénario pas vraiment intéressant, une actrice qui se fait voler la vedette par sa poitrine, un film qui ne va pas jusqu'au bout de son concept (on s'attend à une armée de vampires nazis, et on en a juste une dizaine dans un entrepôt). Pas assez foutraque et involontairement drôle pour être un nanar, trop indigent pour éveiller l'intérêt, on peut passer tranquillement à côté. A réserver aux collectionneurs invétérés de Bloodrayne ou aux fans d'Uwe Boll.