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samedi 18 juillet 2015

Ici je suis là, et (pas) ailleurs

Plus d'un mois a passé depuis mon dernier billet. Lequel était d'ailleurs succinct et informait juste de ma présence à Niort le 6 juin, ce qui était déjà pas mal. Il faut donc remonter au 26 avril pour avoir quelque chose de plus conséquent, et qui m'a coûté quelque désagrément.

En effet, je parlais dans ce billet judicieusement intitulé "Jamais mort, on avait dit" du fait que les rumeurs de la mort d'Arcadia Graphic Studio et de la mienne étaient un peu erronées, et que je trouvais frustrant de consacrer autant d'énergie à devoir légitimer notre droit d'exister. Il s'avère que le monsieur à qui le message était en partie destiné l'a pris comme un communiqué très très officiel d'Arcadia Graphic Studio, un truc que je ne fais pourtant que sur le site officiel (ici, vous êtes sur mon blog perso, où ce que j'écris n'engage que moi). Il a donc décidé de ne pas mettre en lien sur son site celui d'Arcadia, et m'a au passage égratigné publiquement (au même titre que deux autres personnalités du milieu) dans un billet très "règlements de comptes". Moi, comme un gentleman, j'ai écrit un mail entier pour plaider ma cause, mais les réseaux sociaux se sont indignés, et sous le coup de la critique, c'est tout le blog Indécomics qui a été supprimé. J'attends encore la voix qui me désignera comme responsable de cette fermeture (après tout, certaine voix m'a désigné tueur du collectif Indécomics, qu'il repose en paix même si j'y suis pour rien), mais soyons clairs, j'ai été très courtois dans ma correspondance, ce n'est pas moi qui ai grondé d'une gronde par ailleurs justifiée. Se faire limite insulter publiquement, c'est quelque chose de fort peu appréciable. Il me reste en bouche un sale goût de gâchis. Il y aurait pourtant eu tant à faire avec ce nouvel observateur et cette nouvelle dynamique, mais il va falloir remettre sur pied un nouveau projet, désormais.

Ceci conclura ma pensée sur ce triste incident. Jeter le bébé avec l'eau du bain alors que le feu ne venait pas des détracteurs, c'est un beau gâchis.

Heureusement, il existe aussi dans ce bas monde des choses encore belles. Tenez, prenez le Festival A 2 Bulles de Niort, par exemple. J'ai été ravi de pouvoir faire tant de dédicaces sur un salon en territoire inconnu - hors-département et surtout suffisamment loin de Poitiers pour qu'on n'ait jamais entendu parler là-bas de Forgotten Generation. C'était cool, plusieurs nouveaux lecteurs m'ont allégé de mon stock de Forgotten Generation v1 1 de 2012 (vous savez, celui qui est sur Lulu.com en impression à la demande), et j'ai fait Ewen Merrick sous toutes les coutures. Bon, seul problème, c'est qu'au final, je me suis retrouvé seul derrière mon stand toute la sainte journée. Pas facile pour faire des pauses... Et là, on me dira que les pauses, c'est pour les faibles. Le temps de commander un croque-monsieur et de discuter un peu à la buvette, je suis resté cloué sur mon siège à dessiner. D'ailleurs, je n'ai pas scanné ce que j'ai fait là-bas, à l'exception de mon Ewen Merrick dessiné sur le carton du croque-monsieur. Que ne ferait-on pour économiser le papier...
Le bilan de cette édition est donc positif. Juste trouver pour l'année prochaine le moyen de mieux transporter toute la production arcadienne, parce que la caisse en plastique, c'est définitivement pas pratique au-delà d'une poignée de mètres. Et je remercie Fabien pour avoir joué le rôle de porteur le matin et le soir.

Des contacts sont pris pour de prochains salons, mais en attendant, je dois sortir des zines régulièrement, et à ce propos...






Eh oui, le tant attendu Forgotten Generation 2 est paru ! 10 nouvelles pages de Dark Fates sont à signaler dedans, ce qui semble peu, mais en contrepartie, j'ai encore fait la maquette, lettré 40 pages, scénarisé une autre histoire et même traduit le tout premier épisode de Black Terror !

Oui, vous avez bien lu ! Le héros créé par Richard E. Hughes et David Gabrielsen, ressuscité par Bill Black et Alex Ross, voit enfin ses origines en français ! Si jusqu'ici, Univers Comics nous avait gratifié de deux épisodes traduits par Jean Depelley (je marche dans ses traces, c'est une sorte de fierté personnelle), il reste encore quelques dizaines d'histoires à publier, et je peux d'ores et déjà vous dire que je m'y colle actuellement pour des parutions Arcadia.

Quant à la question "Mais que vient foutre Black Terror dans Forgotten Generation ?", je répondrai que depuis le début, je n'ai jamais caché mon intention de piocher dans ce répertoire pour enrichir le sommaire et l'univers de mes publications. Parce que le personnage lui-même est une prochaine recrue du Madwhite Universe, on va lui faire des histoires inédites. Et ce sera bien différent des histoires de chez Dynamite. Et non, ce n'est pas une critique envers sa prise en main par Jim Krueger.

Mais attendez ! Si je vous dis qu'en plus, dans ce numéro 2, il y a l'étonnant Forgotten Union, un crossover réunissant les principaux univers d'Arcadia ! Oui, Ben Wawe a trouvé le moyen de raccorder tout ça, et je fais la page consacrée à l'univers de Dark Fates. Une œuvre réalisée de manière collégiale, et qui n'est qu'une raison de plus d'investir votre argent dans Forgotten Generation ! A lui seul, le sommaire contient 6 bonnes raisons de dépenser ! Et c'est pas cher ! Et c'est par un collectif de jeunes auteurs qui en veulent grave ! Sans chercher beaucoup, ça fait 8 bonnes raisons, vous voyez ?

Je pense que mon prochain billet sera l'occasion de revenir sur cet épisode précis de Dark Fates. En attendant, les news officielles vous attendent sur le site officiel.

Bonne nuit, mes petits, et que les cauchemars se tiennent à l'écart.

lundi 15 octobre 2012

Esprit Vengeur, rattrapage : pages 5 à 9 par Gaëtan Degasperi

Comme promis, la partie de Gaëtan Degasperi étant à présent achevée, il est temps de la récapituler entièrement. Scénario de moi-même (avec la collaboration de Maxime Saint Michel). La prochaine partie sera signée Edwin Boyer

Et n'oubliez pas que ce webcomic est toujours en cours de parution sur http://forgottengeneration-news.blogspot.fr/search/label/esprit%20vengeur















samedi 6 octobre 2012

Nouvelle : La femme fantôme (une histoire de Dark Fates)


 Avant-propos : ce texte a été publié à l'origine sur le site Forgotten Generation. Il s'agit d'une nouvelle mettant en scène une histoire liant les destinées de Ghost Woman (BD américaine anonyme traduite par mes soins) et de Dark Fates (BD que je réalise pour le fanzine Forgotten Generation).

Il s'agit d'un des premiers projets visant à construire un univers cohérent à partir des créations des auteurs du fanzine, renforçant ainsi les liens entre les parties physique et numérique de notre fanzine. 






DARK FATES : La femme fantôme

par Florian R. Guillon


     La guerre était encore bien vivace dans les esprits. Sur l'île d'Üger, pourtant, les ravages avaient été bien moindres que sur le continent européen. Le gouverneur auto-proclamé de ce territoire resté sans maître depuis la fin de la Première Guerre Mondiale, un certain Klaus Röser, était parti sur le front européen pour ne jamais en revenir. Néanmoins, les habitant de l'île ne sentaient pas vraiment la différence dans la vie de tous les jours. Et cela était valable pour tous les habitants, y compris ceux qui n'étaient pas vraiment... humains.

     Claudia Rosny se souvenait de cette époque, de ces sensations qu'elle pouvait ressentir quand elle était encore vivante. Sa vie s'était achevée tragiquement dans un ultime acte de bonté adressé à son aimé. Malheureusement pour elle, ce dernier n'avait jamais pu l'épouser, un monde entier les séparant : John Gillian avait pour lui la fortune, tandis que Claudia était issue de la roture. John s'était donc marié à une femme de son rang, Theresa Wilhem, qui rendit son dernier souffle quelque temps plus tard en mettant au monde une petite fille que l'on crut morte elle aussi, suffisamment longtemps pour que John, retenu bien loin de son épouse, ne sût jamais la vérité. Mais la bonne âme de Claudia la fit traverser toute l'île à un train d'enfer à bord d'une voiture de location afin de lui apprendre le sort de sa fille. Le sort avait voulu qu'elle périsse au volant avant d'avoir atteint sa destination...

     Mais comme pour lui permettre d'accomplir sa tâche sur Terre, une puissance supérieure avait fait d'elle un fantôme. Elle put donc retrouver l'homme qu'elle avait aimé et le sauver d'une mort certaine des griffes d'une meute de loups-garous. John Gillian, qui avait perdu jusqu'alors tout but dans l'existence, se sentit soudain investi de la mission de chasser jusqu'au dernier spécimen de la meute qui l'avait attaqué. Claudia fut alors satisfaite de constater que, malgré le fait qu'il ne savait toujours pas que sa fille était bel et bien vivante, la mission qu'elle avait pu mener à son terme avait permis au seul homme qu'elle avait jamais aimé de reprendre pied dans son existence. Elle pensait à ce moment-là pouvoir reposer en paix. Mais elle se trompait lourdement...

     Son âme et son corps fantomatique restèrent attachés à l'île d'Üger longtemps après le départ définitif de John Gillian et son retour dans son Ecosse natale. Sa non-existence était devenue insupportable : elle était toujours privée de tout contact avec les êtres humains qu'elle voyait, car eux ne la voyaient pas et ne l'entendaient pas. Bien entendu, Claudia avait appris à se rendre tangible un court instant, et les années suivantes, elle était même parvenue à devenir visible et audible, mais jamais au-delà de quelques secondes. Elle avait toujours cherché à se cacher des médiums et des gens dont la perception sensorielle était artificiellement modifiée, car pour elle, ils ne pouvaient être ni de bonne compagnie, ni de bonnes intentions.

     Le temps passait, et le fantôme de Claudia était condamné à observer les changements qui jalonnaient le siècle qui continuait à s'écouler sans elle. Son fardeau était de regarder le monde inconnu sans répit, mais surtout sans pouvoir révéler la moindre chose à qui que ce fût. Tout ce qu'elle avait voulu connaître de son vivant, toutes ces vérités cachées, tout était à sa portée, et vers la fin du Xxè siècle, elle en savait beaucoup plus qu'elle n'aurait jamais cru possible. Elle se souvenait du mythe de Faust, où le vieux docteur avait vendu son âme au diable contre une chance de pouvoir vivre à nouveau et apprendre toujours plus. Claudia se sentait comme dans cette situation, mais elle était morte et aucune opportunité de revivre ne s'était présentée à elle. Les rares créatures surnaturelles qu'elle avait croisées jusqu'ici n'avaient aucune connaissance particulière en la matière. Puis vint finalement un jour où une voix s'éleva à sa vue.

      Claudia regardait, les yeux écarquillés, l'homme qui venait de pénétrer dans l'ancienne demeure de John Gillian, laissée à l'abandon. Son visage était peu visible, la silhouette de l'individu étant en contrejour dans l'encadrement de la porte, et derrière lui brillait un fort soleil printanier. Devant l'expression surprise de la femme fantôme, l'inconnu répéta :

      "Je disais : je ne m'attendais pas à trouver une jolie femme ici."

     L'expression de Claudia changea, mais l'homme ne lui laissa pas le temps de répondre :

      "Vous êtes de la famille Gillian ?

      Claudia, abasourdie par une telle référence, fit un effort surhumain pour articuler :

      -Vous connaissez John ? Il est devenu quoi ?

      -Je ne sais pas, en fait. J'ai juste entendu parler d'un certain Gillian qui vivrait dans le coin. Je peux entrer ?

     Etonnée d'une telle question, Claudia l'invita à franchir le seuil, et tandis que l'homme cherchait un endroit où s'asseoir, elle put enfin le contempler : il portait des habits simples (une veste et un pantalon un peu élimés) et, selon ce qu'elle avait eu l'occasion d'observer auparavant, modernes. En revanche, il lui était difficile de cerner son âge, car son visage était caché par ses cheveux longs et lisses et sa barbe presque aussi longue, elle aussi d'un noir de jais. Ses yeux, quant à eux, étaient protégés par des lunettes noires qu'il n'avait pas pris la peine d'enlever en entrant. Posant son curieux bâton, il reprit la parole :

      -Je vous remercie. Je ne suis pas très familier de ce monde, vous savez, sans vouloir vous faire peur.

      -C'est John qui est revenu, et vous le cherchez, n'est-ce pas ?

      -John, Joe, un truc comme ça...

      -Vous êtes un médium ?

      Les sourcils de l'étranger se relevèrent dans un signe de surprise.

      -Heu... Pourquoi vous me demandez ça ?

     -Vous arrivez à me voir et à m'entendre, et vous ne semblez même pas étonné...

      -Mais vous êtes devant moi... C'est normal, non ?

      Claudia se dirigea vers une table fracassée, et passa sa main fantomatique à travers.

      -Vous êtes un fantôme, vous aussi ?

      L'homme eut un petit rictus.
      -Pas que je sache, non. Je crois que vous êtes le premier que je vois. Enfin, depuis que je suis là.

      Claudia regarda calmement son interlocuteur : il ne semblait pas avoir peur, et le frisson d'excitation qu'il avait pu ressentir en voyant un fantôme pour la première fois n'avait rien de comparable en intensité avec tout ce qu'elle avait pu remarquer chez les "experts" en surnaturel et autres individus avides de sensations fortes. Elle prit donc un ton posé en faisant un léger sourire :

      -Si vous n'êtes pas un fantôme, alors qu'êtes-vous ? D'où venez-vous ?

      L'homme se redressa rapidement, et répondit avec une sorte de fierté, comme s'il avait attendu ce moment :

      -En fait, j'ai toujours vécu dans l'ombre de mon frère. Enfin, l'ombre... C'est une façon de parler. Disons que j'ai toujours été là pour lui, mais il ne l'a jamais su. Et maintenant que je suis là, je ne sais pas encore si je vais le lui dire... ni comment je pourrais, d'ailleurs. Il n'a jamais su que j'existais.

      -Je vois ce que vous voulez dire, dit Claudia avec compassion. Moi aussi, j'ai vécu dans l'ombre, et mon "après-vie" elle-même est une solitude sans fin. Personne ne peut me voir. A part vous, bien entendu.

      -Si vous voulez tout savoir, je ne suis pas un spectre. J'ai une forme physique, mais je n'en suis pas dépendant. En fait, je crois être proche du concept de la divinité. C'est un de mes objectifs à accomplir en ce monde.

      -Impossible. S'il y avait eu un dieu, il m'aurait déjà rappelée à lui.

      L'homme fit un large sourire.

      -De ce que j'en sais, ce dieu est absent. Mais les autres ne sont pas tout à fait pareils, ils sont d'un concept totalement différent.

      Il se pencha pour ramasser son bâton, en s'excusant :

      -Je vous prie de me pardonner, mais je vais devoir vous laisser pour le moment. Je repasserai bientôt, mademoiselle... ?

      -Mon nom est Claudia. D'ailleurs, j'ignore aussi le vôtre.

      L'étranger agrippa son bâton avant de répondre sur un ton presque solennel :

      -Appelez-moi Ewen. Vous n'avez pas encore fini d'entendre parler de moi."

      Alors que le dénommé Ewen prenait la porte, un rayon de soleil fit briller la partie supérieure de son bâton ; celui-ci était surmonté d'une sphère cristalline rouge, mais Claudia eut un étrange frisson en voyant que cette sphère était enchâssée dans nulle autre qu'une main squelettique qui avait jadis appartenu à un humain...



Illustrations : 

-logo Dark Fates par Florian R. Guillon (2008)
-extrait de Ghost Woman (1945)
-Ghost Woman par Florian R. Guillon (2012)
 

(premier design par Florian R. Guillon, 2009)

jeudi 4 octobre 2012

Esprit Vengeur : rattrapage

Pas de message grotesque à rallonge cette fois-ci, ni d'image choisie au hasard, mais les quatre premières pages d'Esprit Vengeur, webcomic que j'ai scénarisé avec l'aide du padawan Maxime Saint Michel.

Pourquoi seulement les quatre premières pages ? Parce qu'elles forment un tout, et que c'est moi qui les ai illustrées. Dans un souci de cohérence, les rattrapages seront à chaque fois centrés sur un seul dessinateur. C'est Gaëtan Degasperi qui a pris la relève à la page 5, et il a fait un superbe taf, tout comme ses successeurs ! 

Pour découvrir en direct le webcomic, c'est .

Pour le prochain rattrapage, c'est la semaine prochaine.








Page 1
Page 2
Page 3
Page 4

© Arcadia Graphic Studio et les auteurs  
Sentinel, Pr Timm © Edwin Boyer
Red Ann © Florian R. Guillon (pour cette version)
Cyber-Shield © Maxime Saint Michel


mercredi 4 janvier 2012

L'année n'a pas très bien commencé, aussi cette carte est moins festive que celles de l'an dernier. Cependant, elle laisse de bonnes indications sur les choses à attendre en 2012 de ma part et de celle de l'association.

On verra ce que cette année soi-disant "ultime" apportera au niveau personnel, mais côté créatif, ça va péter !

 
Non, vous n'aurez pas plus d'infos sur ces personnages. Cherchez donc et vous trouverez !

mercredi 16 novembre 2011

Ce qui ne te tue pas... te laisse en vie (pour le moins)

Ce billet vous est présenté par Chun Li, très élégante, et dessinée par Omar Dogan (Dark Minds). A noter que, comme d'habitude, ce qui va suivre n'a rien à voir avec cette image.
















Certains le savent déjà, mais je le répète ici, car il faut bien donner un sens au titre : j'ai essuyé récemment une critique plutôt salée sur un blog dédié aux French Comics. Enfin, il ne s'agit pas que de moi, mais de tout Forgotten Generation, en réalité. D'où le doute, la remise en question, et le besoin d'aller finalement de l'avant.

Maintenant, que puis-je dire que je n'aie déjà dit pour ma défense ? Que c'est un premier numéro, que nous nous améliorons constamment, que mes planches sont vieilles mais que les suivantes seront plus récentes, que... Oui, bon, ben, j'ai tout dit. Quant à l'idée de faire un webcomic, l'idée m'avait traversé l'esprit, mais le papier est plus agréable à lire, et puis... bon sang, qui peut se targuer de faire un truc parfait du premier coup ? En ayant eu un soutien pratiquement inexistant pendant des années ? Et avec l'ambition de faire quelque chose sur la durée ? Les structures déjà existantes ont beaucoup muté depuis que j'ai commencé, et j'avais déjà trop attendu pour me lancer. Je sais ce que ça donne quand je lance un projet et que je le retravaille tellement que ça n'a plus rien à voir avec ce que c'était au début et que ça en devient infaisable. N'oublions qu'il a fallu dix ans avant que Dark Fates voie enfin le jour.

Mais bon, ce n'est pas un billet de doléances. Je me suis pris une mauvaise critique dans la gueule, j'assume et j'en tire les conclusions qui s'imposent après avoir bien réfléchi. Le fanzine continuera bel et bien son chemin, et sera complété par une partie webcomics déjà développée. J'ai décidé aussi d'améliorer les planches de Dark Fates 2 avec des niveaux de gris, même si ça va presque à l'encontre de ma philosophie habituelle qui est de ne pas retoucher quelque chose de fini. Là, ce n'est pas vraiment de la retouche, c'est juste une manière d'embellir un peu le contenu déjà existant, même si j'ai assuré en mettant des ombres partout (je tiens compte des critiques). Quant au contenu du site Internet, il sera enrichi avec Ghost Woman, l'ancêtre du personnage de Dark Horse Comics, et aura bien sûr une complémentarité avec le support papier. J'ai déjà pensé à me réapproprier le personnage de Ghost Woman dans le projet Multiversel, et j'ai même une histoire qui s'y tient à merveille.

Si on ajoute aussi la parution prochaine (mais sur un support pas encore défini) de Dr Nemesis et Duke of Darkness, de certaines "fanfictions" originales et des suites de Drak Béryl, finalement, on se dit que la machine est loin de s'arrêter. Ne serait-ce que pour faire taire les mauvaises critiques, parce que je n'aime que les bonnes, ça flatte mon ego et ça me fait travailler avec encore plus d'aplomb.

Forgotten Generation ne s'arrêtera pas avec le numéro 1, ni avec le numéro 2, et continuera à vendre du rêve en servant de tremplin à des talents pas encore reconnus mais qui le seront très bientôt. C'est le but, après tout.

Allez, pour conclure, et parce que c'est aujourd'hui l'anniversaire de Chris Malgrain (le Big Boss des éditions Oniric, dessinateur des Apatrides, de Stan Lee's Alexa, Zembla, etc.), voici une illustration du personnage de Zarkan des Apatrides, un peu vieille parce que remontant bien à 2009. Je cherchais encore mon style à l'époque, mais j'ai jamais posté ce dessin ici, donc...

La prochaine fois, je mettrai du récent, promis.









Le saviez-vous ? Florian adorerait éditer les BD Doctor Who avec Arcadia, mais serait content déjà de pouvoir les traduire vu qu'il n'aura sûrement jamais les droits...

lundi 7 novembre 2011

Aux sources de Dark Fates, première partie






Une fois n'est pas coutume, voici un billet sorti de la crypte... enfin, des archives de mon défunt espace perso Windows Live (2006-2009). Mais il va être complété par du texte nouveau, parce qu'il s'est passé pas mal de choses depuis. Néanmoins, il est intéressant de retourner aux sources du mythe.

Dark Fates, domaine public, tout ça...

26/07/2008 22:32:07
En voyant une planche faite par un dessinateur inscrit sur Golden Age Comics Download (un site qu'il est bien pour télécharger de la vieille bédax américaine), j'ai repensé à mes propres BD. Pourquoi ? Parce que le monsieur, il a utilisé Skyman, un héros du domaine public. Cela nous fait un point en commun.

Car oui, même si l'épisode 1 de Dark Fates est toujours bloqué à 18 pages (mais je sens qu'il va avoir besoin d'une rallonge), il y a plusieurs choses que j'ai décidées :

-utiliser des histoires à chute dans le style Contes de la crypte pour compléter le sommaire de mon fanzine en projet si je ne trouve pas un troisième larron pour compléter le sommaire (constitué pour l'instant de Dark Fates et de World Justice, même si rien n'est terminé), ou bien des histoires de super-héros à l'ancienne (thématiquement, ça colle moins avec Dark Fates mais ça colle un peu avec World Justice)
-faire de The Claw (monstre chinois, incarnation du péril jaune dans les BD de chez Lev Gleason) le monstre qui tourmente Zira, remplaçant ainsi le Roi Citrouille
-utiliser quelques autres personnages du domaine public, mais pas de la façon dont Skyman est utilisé dans Bounty Hunters

Une petite liste de ceux qui vont être utilisés et aussi de ceux qui pourraient l'être :

-Fighting Yank (Bruce Carter III) : héros patriotique américain. Sauf qu'il aurait rien à faire tel quel dans Dark Fates, qui traite de magie. Aussi, je l'ai repensé comme descendant du héros, et figure emblématique d'un mouvement religieux. Qui a dit Tom Cruise ? Et pour sa tête, je verrais bien Daniel Radcliffe (Harry Potter) en plus vieux.
-Thomas Carnacki : chasseur de fantômes du début du XXè siècle, inventeur du pentacle électrique... Thématiquement, il colle, mais Dark Fates se déroulant quelque part au détour des XXè et XXIè siècles, comment expliquer qu'il soit encore en vie ? Autant ne pas le faire, et dédoubler le personnage afin d'avoir le meilleur des deux mondes : l'original pour un épisode flashback, et un descendant pour la série elle-même.
-Green Lama (Jethro Dumont) : un justicier aux relents de shamanisme. Enfin on peut le voir comme ça, mais en réalité, il a été utilisé comme un super-héros tout à fait formaté. Avec son côté magique, il y a pourtant du potentiel. Un épisode flashback, peut-être, avec les héros des années 40 réunis sur Cus Island contre une menace quelconque ? Suffit de trouver la bonne idée.
-Stardust le super-magicien : un type qui peut tout faire, une sorte de mélange entre Superman et McGyver qui peut voyager sur les flux ioniques des postes de radio en cas de danger ou détourner l'infra-rayonnement solaire à partir de la lune afin d'arrêter pile à temps un groupe de chasseurs de trésors utilisant des gorilles-zombies ! L'aspect magicien pourrait être exploitable... Tiens, ça me donne une idée : un épisode 1/2 se déroulant pendant la seconde guerre mondiale, montrant les super-héros liés à la magie combattant The Claw sur Cus Island (l'île où se déroule Dark Fates).

Et là, je remarque que je pars dans une direction que beaucoup de fans de cette époque vont regretter : Claw devenu une entité lovecraftienne, le petit-fils de Fighting Yank vitrine d'une secte, Stardust et Green Lama en mages... On est loin de l'innocence du super-héros de papy, qui combattait le nazi, le braqueur ou l'espion, voire l'extraterrestre en carton-pâte ridicule...

Y'a pas à dire, le dessinateur de Bounty Hunters m'a inspiré, ce soir.


Plus de trois ans après, que reste-t-il de ces bonnes intentions ? On a fait du chemin. Déjà, les épisodes 0 et 1 de Dark Fates ont été publiés.


The Claw n'a pas changé, même si son vrai nom va être révélé (dans un souci d'appropriation du personnage, afin de s'éloigner de l'original de Jack Cole). Bruce Carter III est devenu Thomas Bruce Carter, et s'il n'a plus aucun lien avec Fighting Yank, il garde les mêmes inspirations de Tom Cruise et Daniel Radcliffe. Pas de super-héros dans Dark Fates.









Thomas Carnacki, comme vous l'avez lu dans Dark Fates 0, a été utilisé et ne devrait pas réapparaître. Quand à un descendant moderne, rien n'est moins sûr. Ce n'est plus dans mes plans, et il faudrait une bonne raison pour revenir là-dessus.








Le dédoublement ira donc au Green Lama, qui sera un personnage bien distinct du milliardaire Jethro Dumont (qui sera aussi présent dans la quête d'Ewen Merrick). Toujours dans cette volonté de rester sur l'ambiance magique/ésotérique/initiatique, le côté super-héros sera supprimé, donc pas de bataille sur Üger Island (nouveau nom de Cus Island) dans les années 1940. Le Green Lama est donc un authentique lama tibétain, et Jethro Dumont un authentique richard.








Stardust, lui, est un personnage très puissant. Le mage suprême, en quelque sorte. Son utilisation se fera vers la fin de Dark Fates... et il ne sera pas non plus un super-héros.










A tous ces personnages viennent s'ajouter ceux auxquels je n'avais pas pensé à l'époque, et qui se trouvent pouvoir s'insérer naturellement dans Dark Fates. Un épisode sera donc consacré à la Baba Yaga, dans un rôle qu'on lui connaît très peu.







L'inclusion de mon personnage Adam Morning comme lié à Xavier Enrikchen et à Carnacki permet d'explorer une partie du bestiaire fantastique plus ancien. Ainsi, un dessin représentant Morning chassant Nosferatu a été réalisé il y a quelques années comme un événement hypothétique. Les personnages de Carmilla et Varney le vampire peuvent aussi être inclus dans ce sens. Après tout, peut-être que Carnacki les a combattus aussi... Rien ne dit que les événements de Dark Fates 0 sont un témoignage fiable...













Sont venus s'ajouter le Fantôme à l'exposition, dans l'épisode 4, et la Vouivre tirée des folklores divers. Signalons aussi un petit détour par chez Maupassant, avec la présence du Horla.









La trame de Dark Fates est déjà établie, mais cela n'empêche pas qu'elle laisse suffisamment de marge de manœuvre pour intégrer des éléments nouveaux au fur et à mesure de sa progression, sans mettre en péril la narration et l'intégrité structurelle de l'histoire. En fait, Dark Fates est une histoire qui s'étoffe au fil de la vie de son créateur et de ses différentes découvertes, un peu comme la quête d'Ewen Merrick dans ce monde qu'il doit appréhender petit à petit.


Stardust, Fighting Yank, The Claw, Carmilla, le Horla, la Vouivre, Varney, Fantom Of The Fair, Thomas Carnacki et Green Lama appartiennent au domaine public, y compris leurs illustrations originales.


Tous les personnages tels qu'ils apparaissent dans Dark Fates, dans les dessins correspondants (réalisés par Florian R. Guillon) ou qui en sont originaires sont la propriété de Florian R. Guillon.

dimanche 24 avril 2011

Le temps est venu...

Oui, le temps est venu, mais pour quoi ? Honnêtement, j'en sais foutre rien, mais il me fallait un titre ! Alors, qu'ai-je à dire ?

Récupérer son "mojo", ce n'est pas seulement faire comme Austin Powers qui doit retrouver son fluide sexuel (au cas où vous auriez quelque chose à en faire, ça va de ce côté-là, merci bien), c'est aussi retrouver la raison qui fait qu'on prend ses crayons et ses encres et qu'on se met à faire des trucs structurés sur une feuille. Pour être franc, c'est très difficile de rester motivé par l'entreprise de la page de BD, du dessin ou du reste. C'est donc après une période de "Putain, j'arrive pas à dessiner" que j'ai mystérieusement retrouvé mon "mojo" créatif. Ne me demandez pas comment, ça doit être le résultat d'une tentative de sommeil ratée et d'une longue cogitation. Bref, toujours est-il que là, même si j'ai encré quelques planches de Dark Fates #2 (à paraître pour l'été), j'ai réussi à plancher sur une nouvelle BD. Ouaip, encore une, mais courte et mettant en scène Yordi, mon héroïne blonde préférée parce que c'est la mienne.

Mais pourquoi j'ai fait ça ? Hein, pourquoi ? Parce que le sommaire de Forgotten Generation 2 n'est pas encore tout à fait achevé, et il manque une bonne dizaine de pages pour le compléter. Et puis ça me permet aussi de placer des planches récentes, et d'amorcer le projet Multiversel en finesse.

Tiens, comme on est en train de parler de Forgotten Generation, j'ai réussi à le placer personnellement dans deux magasins, et mes camarades l'ont placé, eux, dans trois autres magasins différents. On a donc quatre points de vente en France, et un en Suisse. Quatre, c'est aussi le nombre de dédicaces que j'ai effectuées (Drak Béryl/Ewen Merrick, Ewen Merrick, Arsinoë Ausgburger de World Justice, Firestorm de DC Comics, et enfin Xavier Enrikchen). On pourrait croire que je suis hyper productif, pour un peu, mais non. Trois dédicaces d'affilée, ça a été dur. Encrer une page de Dark Fates en une journée, c'est dur aussi. Paradoxalement, le crayonné de la première page de Yordi n'a pas été très difficile, et pourtant j'ai détaillé. Bon ben faut que ça continue comme ça, alors. Faut que je continue à être piqué au vif (pas trop dur), et surtout que j'évite de tomber de sommeil - ça, c'est très difficile. La médication qui endort, ça craint...

Enfin, si jamais vous lisez ces lignes et que vous avez une BD en stock à faire publier, n'hésitez pas !

vendredi 22 octobre 2010

Quatre... et fantastiques

Un des derniers dessins que j'ai postés sur ma galerie deviantART s'intitule 4 & Fantastic. La genèse de ce crayonné tient à un autre dessin, fait par l'ami Canjoke, qui représente les 4 Fantastiques version très commerciale, c'est-à-dire l'équipe formée de Spider-Man, Wolverine, Ghost Rider et Hulk. Eh oui, pendant 3 épisodes, ils ont remplacé Mr Fantastic, la Femme Invisble, la Torche Humaine et la Chose, dans un délire commercial purement assumé et superbement mis en images par Arthur Adams. Lecteur, si tu as 5€, fonce chez un bouquiniste ou dans un supermarché et achète l'album Spider-Man et les héros Marvel : L'épopée des Fantastic Four. C'est vraiment pas cher payé pour avoir du Arthur Adams, du Mike Allred et du Jack Kirby.

Suite à ce dessin fait par Canjoke, j'ai eu envie, à mon tour, de tenter l'expérience. Cependant, je me suis vite rendu compte que maintenant, ça m'emmerdait de représenter des personnages hyper-connus qui ne m'appartiendront jamais et qui risquent d'éclipser mes propres créations (sur deviantART, mon dessin le plus vu est Musclor, que je considère comme pas réussi du tout). J'en ai marre que tout le monde s'extasie devant du fan art. Certes, c'est bien sympa au début, mais à force, les gens ne veulent plus voir que ça, et ça devient agaçant.

A partir de l'ébauche de mon dessin, je me suis décidé à faire dans l'original, donc à mettre mes personnages à moi. A la place de Hulk, j'ai mis Smasher, ce qui est légitime car il est inspiré du personnage de Smash (une "création" de Rob Liefeld qui n'est en fait que Hulk dont les couleurs sont inversées). Pour remplacer le chouchou des fans, j'ai nommé James Howlett/Wolverine, il fallait un personnage au passé mystérieux et aux capacités de guérison spectaculaires : Xavier Enrikchen, donc (et par le plus pur des hasards, il puise ses racines en Gambit en plus de Wolverine). Pour incarner Spider-Man, il a fallu revenir aux bases du personnage, au Peter Parker qui apprend les leçons de la vie en s'en prenant plein la gueule. Qui d'autre qu'Ewen Merrick pour représenter cette étape ? Bon, OK, il ne balance pas de blagues, lui. Mettre quelqu'un à la place de Danny Ketch, le deuxième Ghost Rider, n'a pas été chose aisée. Tête de mort ? Damnation ? Personnage en retrait ? Reject était le meilleur choix possible... du moins, au début. Il fallait quelqu'un d'un peu plus ancré sur Terre, tout en restant à distance. C'est donc sa compagne, Eva Vanzetti, qui a pris sa place.

Maintenant, qu'est-ce qui pourrait réunir ces quatre personnages hors du commun et ne pouvant fonctionner ensemble ? Bonne question. Est-ce que ça vaut le coup d'y répondre ? J'attends vos avis !