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mardi 28 décembre 2021

Humeur : (H)Omicron

 

Nous sommes le 25 décembre, jour de Noël. Je n'ai pas pensé à reposter mon dessin de Noël ici, ni même à l'envoyer par MMS à mon répertoire. Les faits parlent d'eux-mêmes : de moins en moins de retours au fil des années. Les remerciements et les visites sur ce blog se font rares.
Bientôt deux ans de Covid, avec un nouveau variant qui arrive : Omicron. Un nom qui ne peut que me faire penser à celui d'un héros que je connais bien, mais que le monde entier n'a pas l'heur de connaître : Homicron. Ce super-héros de création franco-italienne (créé par des italiens pour la France, même si on ne connaît pas, en réalité, le nom du scénariste) a eu droit à huit aventures dans les pages de Futura (première série) et Spécial Rodéo au milieu des années 1970. On a pu le retrouver au sommaire de la deuxième série de Fantask en 2001, et c'est comme ça que je l'ai connu.

Fantask (volume 2) 1 est paru en février 2001, et disponible en avant-première au festival d'Angoulême, où je n'étais pas, mais où certains de la Clark mailing-list à laquelle j'étais inscrit ont pu se le procurer. Et je me souviens d'une phrase qui m'a marqué : "De la SF en pattes d'eph". Il faut dire que le format de la revue, entre Pocket et Comics, en noir et blanc, évoquait fortement la BD de gare de papa, et graphiquement, c'était aussi le cas. Seuls les styles de Jim Arden, Reed Man et Didier Crisse dénotaient. Pensez bien que dans cette nouvelle revue, on trouvait des rééditions des histoire de "Demain... les monstres" de Jean-Yves Mitton, qui étaient bien datées. Et puis le style de Steve Rude, qui dessine la couverture en recyclant une pin-up de Green Lantern (ce qui fera que beaucoup de sites assimileront Homicron à un équivalent de Green Lantern), n'évoquait pas non plus les comics en vogue. 

D'où, je pense, une certaine incompréhension de la part du public ciblé. Il était clair que la résurrection des super-héros parus chez Lug en un seul univers partagé nommé "Semicverse" voulait draguer les fans de comics, mais aussi les vieux lecteurs de petits formats qui rêvaient secrètement d'avoir de la nouveauté à lire. Malheureusement, Fantask a manqué le coche sur les deux tableaux, puisque les lecteurs de comics n'ont pas trouvé un produit qui leur ressemblait, et les lecteurs de petits formats non plus. D'un côté pas assez radical, de l'autre trop. L'éditeur Semic a arrêté les frais en sortant le numéro 5 par souscription uniquement (j'ai eu la chance de le trouver bien plus tard grâce à Reed Man), dispersant les créations dans les petits formats déjà existants, leur donnant plus de pages, jusqu'à finalement la création d'un nouveau titre : Yuma (au format Pocket et au sommaire un peu fourre-tout). 

Le Semicverse a perduré jusqu'en 2003 (voire plus avec les albums King Kabur, Witchblade/Phénix et La Brigade Temporelle), puis est rentré en sommeil jusqu'à l'arrivée de Strangers chez Wanga, avec l'intégrale de la saison 1, puis une saison 2. Sauf que l'appellation "Semicverse" n'a plus cours, puisque les droits des personnages ont été rassemblés dans une coopérative appelée Hexagon Comics, qui propose à la fois des rééditions et des nouvelles aventures des héros de l'univers Hexagon.


Et donc, j'ai beaucoup glosé sur l'éditorial, mais je n'ai pas encore attaqué le contenu. Les aventures originelles d'Homicron sont assez classiques et possèdent un certain charme. Pour ce qui est de la deuxième série, par contre, on assiste à un hommage aux années 70, mais aussi à une déconstruction du personnage. Il s'agit à la fois d'une lettre d'amour et d'une volonté de casser les codes. Et à la fin de cet ouvrage, on part sur un nouveau statu quo, qui sera développé dans Strangers (qui a achevé sa cinquième saison il y a déjà plusieurs mois).

Et maintenant, nous sommes le 28 décembre. J'espère vous avoir donné envie de lire Homicron, même si cet article tient plus du billet d'humeur que de la critique. D'ailleurs, il a été écrit à la volée.

N'hésitez pas à parcourir de fond en comble le site de Rivière Blanche, il y a beaucoup de bonnes choses.

Et enfin, j'espère que je reprendrai plus souvent la plume ici et que les visites reviendront. 

mardi 20 février 2018

Les marches de la gloire, premier palier

Rendez-vous bien compte ! Cette année, ça va faire 10 ans que j'ai décidé de mener à bien le projet Dark Fates, d'abord sous forme de planches au format A5. Bon, si vous vous souvenez du premier épisode publié en 2011 (mais prêt depuis 2008, il faut le dire), vous direz sûrement que ce n'était pas très beau. Et je vous donnerai probablement raison, vu qu'en l'espace des 3 ans qui ont séparé la conception de l'impression, j'ai fait pas mal de progrès. Et aujourd'hui, j'en ai fait encore plus. Pensez bien que j'ai eu du mal à choisir les dessins pour mon sketchbook Anges & Démons.

Alors quand la journaliste m'a appelé, vous imaginez ce que j'ai ressenti. Enfin, peut-être pas. Mais on va dire que si. J'avais déjà été interviewé en 2016 par un autre journal, mais dans un cadre plus associatif. Là, c'était plus personnel. Et mine de rien, ça fait du bien. Je suis "légitimé".

Et figurez-vous aussi que j'ai été appelé pour une exposition à L'1ternatif à Chauvigny (86) ! On m'a demandé 10 œuvres, et comme je ne veux pas paraître trop ridicule face aux autres (il y a notamment Slo et Luc Turlan, pas des manches, donc), j'ai fait une nouvelle sélection où l'on trouvera des œuvres précédemment exposées et d'autres non. Principalement du Dark Fates, plus ma planche de Forgotten Union et une illustration surprise que je dois finir impérativement cette semaine pour un sketchbook.

Alors oui, ce sera du fan art, en quelque sorte. Vu le bouquin, il vaut mieux leur donner du super-héroïque un peu connu plutôt que de la création originale. Mais le fan art, chez moi, ce n'est pas forcément synonyme de personnages très connus. J'aime bien dessiner Batman - et Spider-Man, Superman, Sakura, Venom, John Carter - de temps en temps, mais honnêtement, quelle chance de faire la différence ? Tout le monde les a déjà dessinés, avec plus ou moins de talent, sous toutes les coutures, et parfois même sans coutures (parce que selon la règle 34 d'Internet : "Si ça existe, ça existe aussi en porno"). Pour moi, c'est bien plus gratifiant de dessiner des personnages moins connus, car on peut leur donner plus facilement une identité et ne pas être noyé dans la masse. J'ai créé le groupe Super-heroes sur deviantArt il y a quelques années, et je constate qu'à chaque annonce ou sortie de film, on assiste à une recrudescence de fan art des personnages concernés, souvent tirés de captures d'écran ou de photos promotionnelles. Et moi, ça m'ennuie de voir la même photo recopiée avec plus ou moins de succès cent fois. Par contre, je suis beaucoup plus enthousiaste dès qu'il s'agit de personnages moins connus ou dont l'heure de gloire est passée, car je trouve la démarche moins facile.

Je pourrais continuer pendant des heures sur le fan art, mais je vais m'arrêter là. Sachez que la super-héroïne que j'ai choisie a un bon siècle d'existence et a été très très peu dessinée. Mais vous verrez par vous-mêmes. En attendant, voilà l'affiche de l'expo, avec l'adresse (manque juste les coordonnées GPS).

Et je tiens à remercier Florie Doublet pour son article et Marie Thévenet pour son invitation et sa confiance.


mardi 29 août 2017

Jenny Everywhere, un jour dans l'année

Alors oui, c'est un peu tard pour ça, je sais, j'aurais pu poster avant, mais maintenant, je possède aussi un Tumblr (florianrguillon.tumblr.com) et un Instagram (www.instagram.com/florianrguillon), donc le blog est devenu secondaire.

Néanmoins, je tiens quand même à partager le dessin que j'ai fait pour le Jenny Everywhere Day. Je me suis fendu d'un hommage à Valérian en reprenant la composition de la couverture du premier album, La Cité des Eaux Mouvantes. J'ai même ajouté un des oiseaux blancs de L'Amerzone. Par contre, pour des raisons d'incompatibilité de stylet avec Photoshop, j'ai dû laisser tomber la colorisation.

  Et pour être complet, vous pouvez lire ou relire mes traductions de deux histoires de Jenny Everywhere : The Late Shift et On The Couch.

"The character of Jenny Everywhere is available for use by anyone, with only one condition: This paragraph must be included in any publication involving Jenny Everywhere, that others might use this property as they wish. All rights reversed."

lundi 12 septembre 2016

Long time no see

Savage Dragon by and © Erik Larsen
"Quoi ? Florian décide de relancer son blog ? Il faut l'empêcher d'agir !"















Je crois que tout le monde a commencé à se faire au rythme irrégulier de ce blog. Du moins pour ceux qui le lisent. Ceux qui ne le lisent pas, par conséquent, ne peuvent pas savoir. Tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu'ils ratent.

Quoi de neuf depuis la dernière fois ? Eh bien le début du mois de juillet m'a bien crevé, mais j'ai eu la possibilité de changer d'air pendant une dizaine de jours, ce qui a été plus que bienvenu si on considère que je n'avais pas pris de vacances depuis 2009. Puis après un festival où on m'a carrément sorti un gros "Ma fille dessine aussi, et de ce que je vois ici, elle est très très calée", sous-entendu "Mec, ma fille de 15 ans a plus de talent que toi". Autant j'accepte qu'on fasse des trucs mieux que les miens, autant me faire dénigrer mon travail par un type convaincu que sa fille est la Xe merveille du monde, je trouve ça purement et simplement déplacé et je prends ça comme une insulte. Surtout qu'il a ramené sa fille pour me faire un dessin, et que le résultat était... un dessin d'une fille de 15 ans au plus. Et pas du genre impressionnant comme j'ai pu en voir sur deviantArt. Heureusement que je suis diplomate, et très très calme.

Ajoutez à ça un public généralement peu enclin à acheter des fanzines, et vous imaginez que l'expérience aurait pu être meilleure. Heureusement que le public s'est un peu réveillé le dimanche après-midi, et que j'ai pu retrouver quelques têtes connues qui m'ont aidé chacune à leur manière (mention spéciale pour mes amis cosplayeurs qui m'ont fait de la pub au micro, je saurai m'en souvenir). Promis, les amis : au prochain festival, je sors l'ordi portable et je vous balance une flopée d'images de ouf !

Mais au prochain festival aussi, j'aurai un nouveau produit à présenter et à défendre : la tant attendue anthologie Terreur Noire, consacrée aux épisodes de Black Terror réalisés par Jerry Robinson et Mort Meskin ! Un bouquin qui devrait bien faire ses 120 pages, et que je ne peux imprimer qu'en noir et blanc à la demande, parce que je préfère que l'argent d'Arcadia Graphic Studio passe dans la réalisation de Forgotten Generation. L'album sera une carte de visite géante mettant en avant mes compétences, puisque j'assure la traduction, le lettrage et la mise en page. Ça peut sembler très égocentrique, mais tout le monde me pousse à me mettre en avant depuis mon exposition, et puis ça étoffe mon CV.

Mais pourquoi ce choix ? Pour plusieurs raisons. Tout commence avec mon ami Fabien et le magazine Golden Titans. Pour Forgotten Generation v1 2, Fabien a décidé un jour de choisir de traduire le premier épisode d'Atoman, de Jerry Robinson (alors encore vivant). J'ai appris par la suite l'existence d'un deuxième épisode (retrouvé seulement très récemment et publié dans Forgotten Generation v2 3 - à commander à l'adresse suivante : http://arcadiagraphicstudio.blogspot.fr/p/blog-page_8235.html). Quant à Black Terror, ce sont messieurs Fred Tréglia et Jean Depelley qui l'ont introduit en France dans la défunte revue Golden Titans, avec justement des épisodes de Jerry Robinson. Cependant, ma décision de publier l'intégrale Robinson-Meskin a bien plus à voir avec mon envie de découvrir les œuvres du défunt co-créateur de Robin qu'avec cette première publication française, puisque j'avais tout simplement oublié quels épisodes étaient concernés ! Puis l'idée a fait son chemin, et à l'été 2014, parallèlement à la refonte de Forgotten Generation, je commence à traiter les planches pour du niveau de gris et à faire les traductions.

Mais s'il n'y avait que ça... Eh bien non, car j'ai découvert le personnage de Red Ann en 2011-2012, et je suis tombé sous le charme, à tel point que j'ai décidé de l'inclure dans le webcomic Esprit Vengeur. Ne pas publier sa première apparition aurait été une idée un peu stupide.

Bref, pour toutes ces raisons, je me suis lancé, travaillant en parallèle de Forgotten Generation et des autres projets pour l'annoncer quand le temps sera venu. Et comme un nouvel arrivant a annoncé vouloir publier du Black Terror, il a bien fallu que j'annonce finalement le projet à la face du monde après l'avoir officiellement présenté à l'association et à ses membres.

Avec ça plus un nouveau Forgotten Generation, et une nouvelle possibilité d'exposition dans un endroit différent mais que je ne peux pas annoncer prématurément, j'espère bien pouvoir éviter la comparaison avec une fillette de 15 ans.

Quant à la première image qui illustre ce billet, elle est tirée du comic-book Savage Dragon, BD d'action/super-héros menée de main de maître par le seul Erik Larsen depuis plus de 20 ans. Un univers qui évolue avec le temps, mais qui n'a jamais fonctionné en France. Je trouverai le moyen d'en parler dans un prochain billet, ici ou sur Comixheroes.

jeudi 27 mars 2014

Piqûre de rappel : dédicace à Ligugé les 29 et 30 mars 2014 !

Arcadia Graphic Studio sera très officiellement présent au festival BD de Ligugé les 29 et 30 mars 2014 au domaine de Givray !

Comme vous l'aurez deviné en regardant le dessin ci-dessus, seront présents :

-Alexis Charrier, auteur de Bogy et webmaster

-Florian R. Guillon, auteur de Dark Fates, Esprit Vengeur, traducteur et Big Boss

-Xavier Bourgeix, auteur de Noveria - nouveau venu chez Arcadia !


Nous aurons avec nous toute la production Arcadia, avec aussi les nouvelles affiches, ainsi que des dessins originaux et des planches issues des projets déjà publiées ou à venir !

N'hésitez pas à venir nous voir avec vos exemplaires de Forgotten Generation pour les faire dédicacer, ou à les acheter directement sur place.

Venez nombreux soutenir la partie French Comics du festival !


Vitalis vous emmène au festival de la BD à Ligugé les 29 et 30 mars 2014 !

Vitalis, partenaire de cette 19ème édition, vous permet de vous rendre à cet événement organisé au Domaine de Givray le samedi 29 et dimanche 30 mars grâce à la ligne 5C :
  • Aller : départ Pôle Boncenne à 14h00, arrivée au Parc de Givray à 14h30 (terminus exceptionnel)
  • Retour : départ Parc de Givray à 18h40, arrivée Pôle Boncenne à 19h05.
Tous les arrêts de la 5C seront desservis hormis Ligugé Gare (terminus exceptionnel au Parc de Givray).

jeudi 6 décembre 2012

Lectures pré-hivernales


D'emblée, il faut préciser que c'est le Batman pré-reboot, ce qui change peu de choses, si ce n'est que c'est la période où Dick Grayson est le Batman de Gotham City, après la fondation par Bruce Wayne de Batman Incorporated. Sinon, l'histoire en elle-même se passe de faire des recherches, puisqu'elle est complète et auto-contenue. On revient sur l'histoire de ces immigrants qui ont bâti Gotham à la fin du XIXè siècle, et on découvre en parallèle l'histoire de la ville et celle des ancêtres Wayne, Cobblepot et Elliott, soit une bonne occasion d'apprécier toutes les références de la série Batman actuelle avec le même scénariste. On se penchera plus sur les intrigues du passé que sur les motivations de l'ennemi, qui sont somme toute plutôt prévisibles. Le graphisme est juste, pas d'extravagances ni de détails abondants, le trait est clair, dynamique et très lisible. La colorisation est à l'avenant, ni trop sombre ni trop claire. Au final, un récit complet très plaisant à ajouter au palmarès de Scott Snyder.










Là, pour le coup, c'est toute la partie graphique qui met sur le derrière. JH Williams III offre des planches vraiment superbes, très travaillées, et usant de multiples techniques et de mises en page inventives. Quand la rétine est aussi flattée, on a bien peur que le scénario ne suive pas. Il s'avère que Greg Rucka met en place de bons éléments que Williams et W. Haden Blackman reprennent intelligemment. On se prend à suivre l'itinéraire de Kate Kane et ses combats avec intérêt, le personnage étant assez bien écrit. Cependant, on peut se demander si ces premières intrigues résolues, l'intérêt restera. Mais pour l'instant, on a deux bons albums aux dessins vraiment superbes, ce qui est déjà bien. Une bonne surprise que cette série.
 




Autre surprise, mais dans un genre différent. Dans les années 1980, la première série dérivée des X-Men avait droit à un traitement particulier. Si le scénario était signé Chris Claremont, soit l'éminence grise des mutants pendant longtemps, le dessin était de Bill Sienkiewicz, au style assez éloigné des artistes en vogue de l'époque, et surtout le dernier qu'on aurait imaginé sur New Mutants. Et pourtant, l'alchimie prenait bien ! Les épisodes recueillis dans ce numéro confrontent Danielle Moonstar à l'Ours-Démon qui a tué sa famille, dans un triptyque haletant où le style nerveux et schématique de Sienkiewicz fait des merveilles. Les épisodes suivants ne sont pas en reste et s'intéressent aux filles de l'Institut, dont la soirée pyjama prend une tournure particulière. J'ai beau considérer que Chris Claremont est désormais loin de ses heures de gloire, il savait encore écrire intelligemment à l'époque et rendre vraiment vivants les jeunes mutants sans recourir aux artifices dont il a abusé ces dernières années. Le duo Claremont/Sienkiewicz donne du corps à l'histoire sans faire d'excès, et trouve le ton juste. Seule chose à regretter : la colorisation trop flashy sur du papier glacé.
 

Iron Man propulsé à travers le temps pour retrouver les pièces de la machine temporelle de Fatalis et empêcher la destruction du monde par le Phénix. On s'amusera de cette évocation des comics Marvel à travers les âges et de l'évolution d'Iron Man. Un récit sans prétention ni impact, mais susceptible de plaire à tous.

D'une vague à l'autre, Marvel fait du surf, sans parfois réussir à tenir sur sa planche. On a vu les labels Marvel Manga, Tsunami et Tech, entre autres, vite enterrés devant le peu de succès et de qualité proposée... Avec X Men Noir, c'est Fred Van Lente qui se colle à la réinvention des mutants à la sauce Grande Dépression. Si l'histoire de Spider-Man (qui a lancé le label) était relativement convenue, le parti pris est ici différent : les X Men sont un groupe de sociopathes entraînés par Charles Xavier, et la Confrérie est le plus grand cercle de crime organisé de New York, où siège le détective en chef Erik Lehnsher. Entre les deux, on suit l'évolution de Pietro, son fils, et de Thomas Halloway, le vigilant costumé surnommé l'Ange, tous deux lancés sur la piste de la mort mystérieuse de Jean Grey.

Pas de pouvoirs, que du noir. Dennis Callero rend superbement l'ambiance de cette enquête qui multiplie les personnages et les faux-semblants jusqu'à la confusion, même si on finit par s'y retrouver à la fin. Ceux qui sont réfractaires à cette ambiance, par contre, s'offusqueront de voir leurs personnages bien-aimés ainsi transformés et anti-héroïques à souhaits. Les autres se plongeront plus facilement dans ces deux récits (quatre, si on compte les bonus : Les Sentinelles et L'arme X) qui ont le mérite d'aller chercher leur originalité plus loin que dans la parabole du combat pour l'égalité et les voyages temporelles.





Il y a sept-huit ans, le moribond Captain America était repris en main par le brillant scénariste Ed Brubaker, qui a redonné au héros étoilé des aventures dignes de ce nom sur fond d'espionnage international. Depuis, on lui doit le retour de Bucky, le jeune acolyte du Captain pendant la Seconde Guerre Mondiale dont le deuil a été porté pendant de longues années. Encore mieux : quitte à commettre un sacrilège, Brubaker en a fait le Winter Soldier, agent secret à la solde des Soviets pendant la Guerre Froide ! Après, Bucky a retrouvé la mémoire, est devenu Captain America à la place de son ami Steve Rogers lors de la mort présumée de ce dernier, et a été jugé pour ses crimes. Le récit qui nous intéresse ici est la première saga de la série Captain America & Bucky, située pendant la guerre, et qui lève le voile sur les origines du petit équipier suite aux révélations de ces dernières années. Et non, c'était pas un tendre... Chris Samnee illustre avec brio les différentes situations, passées, présentes, tendues, calmes, explosives, sans jamais faillir, avec un brin d'encrage rétro. Moi qui m'attendais simplement à des histoires un peu génériques de Captain America pendant la Guerre, j'ai été très agréablement surpris. Le récit est bien centré sur Bucky et met en lumière à travers ses yeux des éléments encore inconnus de cette époque lointaine. Soyons direct : ce sont les meilleurs épisodes du patriote publiés depuis plusieurs mois.

Et puisque nous sommes dans les années de guerre, compléter cette lecture avec Le Projet Marvels est loin d'être idiot : même scénariste, trame très proche mais plus thriller que super-héroïque. Ce copieux album retrace les premières années de l'univers Marvel sous un angle cohérent, à travers le regard des héros qui les ont vécues. En un sens, ça rappelle un peu le superbe Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross, sauf que les témoins de l'époque sont aussi acteurs. Les dessins de Steve Epting sont réalistes, appropriés au récit qui traite moins de merveilleux que de course au super-soldat et d'intrigues politiques. Mais d'un autre côté, le traitement un peu "clinique" de l'époque est aussi un défaut, puisque le lecteur se sent moins proche des personnages dépeints (au contraire de Marvels qui était au niveau de l'homme de la rue et de son rapport au merveilleux). C'est finalement assez documentaire. C'est quand même bien fichu, ça approfondit des éléments apportés ces dernières années, mais il manque un peu de quelque chose.

 Après des années de sevrage niveau Star Wars, à l'exception des hors série du magazine et de l'album Mondes infernaux, j'ai décidé de craquer sur cet ultime numéro de La saga en BD, pensant avoir affaire à un baroud d'honneur (et voulant aussi lire le dossier). Quatre récits complets : une comédie signée Sergio Aragonès, sympathique, un épisode sympa aussi où Lando Calrissian gagne sa Cité des Nuages, un récit sur un gardien de Nerfs rappelant Luke Skywalker (et dessiné par Francisco Herreira), sans plus, et un très bel épisode peint sur le Sarlaac. Pas de grandes ambitions. Quand au dossier sur l'Empire Écarlate, ouille ! Juste une présentation d'un personnage par page, sans approfondissement sur les origines de cette saga, ses rapports avec les autres, etc. Un seul mot : déception. Certes, l'amateur de la saga de George Lucas y trouvera son compte, mais ça ne vole pas très haut, surtout pour un dernier numéro... A noter que le magazine sera relancé en janvier 2013 sous le nom Star Wars Comics Magazine (mais quoi que pour ?). Espérons juste que cette fois, le sommaire sera beaucoup plus solide.

Et un petit album franco-belge pour finir, avec le quatrième tome de Kaamelott. L'écriture d'Alexandre Astier s'affine, on retrouve l'esprit de la série, mais le dessin de Steven Dupré est un peu problématique. On oscille entre trop réaliste et trop caricatural (Lancelot est l'exemple le plus probant de cette dichotomie), voire fade sur certains visages connus, et ça manque de dynamisme. Pourtant, certaines planches sont vraiment très réussies, notamment la première (les enfants au bord de la rivière, belle mise en scène et belles couleurs). Et le dragon est aussi une grande réussite. Finalement, on est pris dans le récit aux situations absurdes, où Perceval décide de partir en quête flanqué de son nouvel équipier, un furet de combat, sur les traces d'un Lancelot dont le côté antipathique ressort à quelques occasions. Il va de soi, toutefois, que cette BD reste destinée aux fans de la série télé. Les néophytes ou détracteurs, non, c'est pas pour eux...

jeudi 15 novembre 2012

Tentative de chronologie dans les albums X-Men : l'ordre canonique idéal

Depuis maintenant 13 bonnes années, Panini Comics sort des albums librairie. Il paraissait légitime que dès le départ, l'éditeur transalpin nous gratifie de belles rééditions des célèbres X-Men.

Or, c'est là que ça se complique ! Les premières collections ont mis du temps à trouver leur sens, et c'est après plusieurs albums qu'il devient difficile de s'y retrouver. Puis il y a eu de nouvelles collections, des rééditions, et la complexité a encore augmenté.

Devant les éditions multiples sans numérotation claire, il devient donc primordial de savoir comment se diriger là-dedans. Voici donc une tentative de chronologie librairie, avec l'intégrale par années en guise de colonne vertébrale :




 -Best Of : Wolverine - Les origines
~Marvel Deluxe Wolverine : Les origines (= Marvel Select Wolverine : Les origines)

















 -100% Marvel X-Men : Magneto - Le testament
-WildCATS/X-Men 1 : L'âge d'or

-X-Men : l'intégrale 1963-1964
~100% Marvel X-Men 0 : Les enfants de l'atome (réinterprétation des premiers épisodes version 2000)
~100% Marvel X-Men : Season One (réinterprétation version 2012)
~Best Comics X-Men 1 : Le commencement (aventures inédites situées à la même époque)
-X-Men : l'intégrale 1965
1966
1967
-WildCATS/X-Men 2 : L'ère des lumières
-X-Men : l'intégrale 1968
1969-1970


-Best Of : Wolverine - Arme X (= Marvel Gold : Wolverine - Arme X)














-X-Men : l'intégrale 1975-1976

-WildCATS/X-Men 3 : Les temps modernes
-X-Men : l'intégrale 1977-1978
1979
1980
1981
1982
-Marvel Graphic Novels : X-Men - Dieu crée, l'homme détruit
-X-Men : l'intégrale 1983
1984
1985 (1)
1985 (2)
1986 (1)
1986 (2)
1987 (1)
1987 (2)
1988 (1)
1988 (2)
-Wolverine : l'intégrale 1988-1989
-Wolverine : l'intégrale 1989
-Wolverine : l'intégrale 1990
-Wolverine : l'intégrale 1991
-Marvel les incontournables 5 : X-Men
-Best Of : X-Men - Genèse mutante
-Best Of : Avengers/X-Men - Liens du sang
-100% Marvel Generation X 1 : Troisième genèse
-Deathblow & Wolverine : Les mystères de Chinatown
-100 % Marvel X-Men/ClanDestine
-100% Marvel X-Men 1 : L'élixir de vie
-100% Marvel X-Men 2 : Opération : Tolérance Zéro
-Succès du livre X-Men 1 : Opération : Tolérance Zéro
-Succès du livre X-Men 2 : Les enfants de l'atome
-Succès du livre X-Men 3 : La croisade de Magneto
-100% Marvel X-Men 3 : Les leçons de la vie
-100% Marvel Wolverine 1 : La mort aux trousses (= Marvel les incontournables 3 : Wolverine)
~Succès du livre Wolverine 1 : La mort aux trousses (réédition en petit format de La mort aux trousses et Réunion)
-100% Marvel Wolverine/Punisher 1 : Révélation
-Best Comics Wolverine 1 : Réunion
-100% Marvel Gambit 1 : La triche
-Succès du livre Wolverine 2 : Dette de sang
-Best Comics Wolverine 2 : Le meilleur
-Marvel Deluxe X-Men 1 : E comme Extinction
~Marvel Select New X-Men 1 : E comme Extinction (réédition dans un format différent)
-100% Marvel Spider-Man/Wolverine 1 : Deux contre le monde entier (= Spider-Man et les héros Marvel 1 : Dans les griffes de Wolverine)
-Marvel Deluxe X-Men 2 : L'Arme Douze
-Marvel Transatlantique : Wolverine - Saudade
-Marvel Deluxe X-Men 3 : Planète X
-Best Comics X-Men 2 : Aux côtés des anges
-Marvel Deluxe : NYX
-100% Marvel X-23 : Target X
-Marvel Deluxe X-Men 4 : Déjà demain
-Marvel Deluxe Astonishing X-Men 1 : Surdoués
-Marvel Deluxe Astonishing X-Men 2 : Invincible
-Marvel Kids X-Men 1 : Jubilé
-Marvel Deluxe Wolverine : Ennemi d’État (= Marvel Select Wolverine : Ennemi d’État)
-Marvel Deluxe House Of M (= Marvel Select House Of M)
-Marvel Deluxe Wolverine : les origines (= Marvel Select Wolverine : les origines)
-Marvel Les grandes sagas 5 : Wolverine
-Marvel Les grandes sagas 4 : X-Men
-100% Marvel X-Men : X-Infernus
-100% Marvel Astonishing X-Men : Xénogénèse
-Marvel Graphic Novels : X-Force - Sexe + Violence









Bien sûr, il n'est pas nécessaire d'avoir tout lu (j'en ai pas lu la moitié, moi-même), et cette liste n'est pas encore exhaustive, mais ça aide à situer chronologiquement les événements. Elle ne concerne que les albums parus chez Panini et Soleil ces 13 dernières années.

Détail des collections :

-Intégrale : gros volumes cartonnés format comics avec jaquettes et papier glacé regroupant un an de parutions, soit une douzaine d'épisodes pour environ 250 pages
-Marvel Deluxe : gros volumes cartonnés avec jaquettes et papier glacé reprenant des épisodes récents, le plus souvent avec des sagas complètes (même pagination que les Intégrales)
-100% Marvel : albums brochés format comics avec rabats et papier glacé proposant des sagas inédites depuis quelques années, avec une pagination allant de 96 à 200 pages.
-Marvel Kids : albums brochés au papier non glacé, format poche, de 144 pages.
-Marvel Graphic Novels : albums cartonnés, papier glacé, proches du format franco-belge, pagination variable
-Marvel Transatlantique : albums cartonnés, papier glacé, grand format franco-belge, 48 pages
-Marvel les Incontournables et Spider-Man et les héros Marvel : albums cartonnés, papier non glacé, format comics, 128 pages en moyenne
-Marvel les grandes sagas : albums brochés avec rabats, format comics, 128 pages en moyenne
-Best Comics : albums brochés, papier non glacé, format légèrement supérieur aux comics, 128 pages en moyenne
-les albums WildCATS/X-Men sont des 48 pages, papier glacé, cartonnés grand format franco-belge