Bienvenue dans les années 1980, quand Spider-Man portait un costume noir rapporté de Battleworld, la planète des Guerres Secrètes. Cette combinaison aux étranges facultés va se révéler de plus en plus mystérieuse et empoisonnante pour le Tisseur, comme ces épisodes le montrent.
Tout le monde sait que le costume est un symbiote qui va fusionner avec Eddie Brock pour devenir Venom, comme on peut le voir dans plusieurs adaptations. Mais il est bon de se replonger dans cette anthologie qui va retracer tout le parcours menant à cette fusion. Le scénario tient la route sans être extraordinaire, et le dessin aussi, malgré une alternance de dessinateurs et d'encreurs assez malheureuse (heureusement, les couleurs ont été retravaillées). Néanmoins, relire cette période où Peter Parker vivait dans un taudis et avait froissé sa tante May (qui avait reconverti sa maison en maison de vieillesse) parce qu'il arrêtait ses études, c'est difficile d'y résister quand on aime le personnage, surtout qu'il s'agit d'une étape importante dans la continuité. Classique, mais vraiment efficace.
Un peu plus tard, une autre période importante pour le Tisseur s'annonce, avec Peter David et Rich Buckler qui débarquent pour chambouler l'univers du héros arachnéen, en quatre épisodes repris dans cet album cartonné qui porte bien son nom. Car oui, ça commence par une mort qu'on ne voit pas et qui va faire monter la tension. Peter Parker est maintenant marié à Mary Jane Watson, et s'il a encore le costume noir, celui-ci n'est plus le symbiote. Le capitaine De Wolff était la meilleure alliée de Spider-Man dans la police, et son trépas des mains d'un certain Rédempteur rend tout le monde nerveux, à commencer par Stan Carter, chargé de l'enquête et allié à Spidey pour la circonstance.
Pas mal de fausses pistes et d'interactions entre les divers intervenants (notamment Daredevil), tellement à cran qu'ils sont confrontés à des choix cornéliens. Les trois épisodes suivants, qui narrent le retour du Rédempteur, ont droit à une atmosphère plus intimiste et aux dessins de Sal Buscema. Alors que les comics super-héroïques "matures" n'existaient pas encore aux yeux des critiques, Peter David se lançait dans ces épisodes d'anthologie en jouant parfaitement avec les personnages, les rendant plus humains et instaurant de vraies réflexions sur la violence, le système judiciaire et la réinsertion des prisonniers. On regrettera à peine de ne pas avoir les épisodes qui séparent les deux histoires. Un très bon classique qui n'a pas beaucoup vieilli.
Après les classiques de chez Panini, on attaque les productions Réflexions/French Eyes. On commence avec le crossover mettant en scène Eric Draven/The Crow et Razor. Sachez que sous cette sympathique couverture en couleurs se cachent des dessins en noir et blanc extrêmement confus et parfois approximatifs, ajoutant d'autant plus de complication à comprendre un récit violent, anecdotique et incompréhensible. Les auteurs ne sont pas vraiment crédités, et Razor pas présentée. Mais encore ? La relecture n'a pas été faite. Résultat, on a une épreuve non corrigée d'un album oubliable. Pas très sérieux. Pour les fans ultimes du héros de James O'Barr uniquement, les autres préféreront se diriger vers les albums du French Crow.
Avec le Capitaine LSD de Jim Dandy, on change carrément de registre - et de format. On a droit à un ancien super-héros alcoolique, accroché à son passé et mélancolique. Bien sûr, il y a des tentatives parodiques et plus humoristiques, mais le récit est plus métaphorique et humain que super-héroïque. On vit pleinement la déchéance du Capitaine LSD et ses poèmes nébuleux, jusqu'à la révélation finale.
Un récit qui ne fait pas dans la facilité, ni dans la joie, mais montre un univers complexe où le héros a laissé place à l'individu. Le scénario est bien mené, et le dessin tient très bien la route (à quelques rares occurrences près). Le lettrage (et la relecture), par contre, aurait pu être meilleur. Pas à mettre entre toutes les mains, pour sûr, mais les amateurs de déconstruction seront séduits.
Et là, on change presque d'éditeur, mais aussi d'univers. French Eyes nous propose donc les aventures en BD du Doctor Who dans sa dixième incarnation, avec sa compagne d'alors Martha Jones.
Là encore, on sent que la relecture est passée à la trappe. Pour ce qui est de la traduction, je n'ai pas senti de manques, mais je connais mal les traductions françaises appropriées à cet univers. Et surtout, le choc visuel : au moins quatre dessinateurs différents et aux styles peu homogènes pour ces 144 pages ! Il faut donc s'accrocher pour suivre ce récit complet et à tiroirs. Un scénario dans la droite lignée de la série, adapté au format comics, qui n'est toutefois pas dans le haut du panier. Et puis c'est Martha Jones, pas le personnage le plus intéressant, mais il semble que le scénariste ait des plans sur le long terme. Je demande à voir. En tout cas, les amateurs du Docteur (et de Martha) auront leur compte, en espérant que la suite sera plus intéressante.
Je sais, on ne doit plus dire "French Comics", mais bon... J'ai enfin pu découvrir l'un des super-héros français de ces dernières années, le mythique Shaango, dont les trois épisodes sont repris dans cet album avec des histoires courtes en supplément. C'est donc copieux pour ce premier chapitre.
Ishan, jeune éducateur en banlieue, se découvre une nuit des pouvoirs électriques alors qu'il se fait battre par la police pendant un contrôle d'identité. Il devra apprendre à en faire usage, et à gérer ça avec sa vie et son quartier, tout en essayant de comprendre ce que ses racines africaines - dont il ignore tout - font là-dedans.
Bon, on a de grosses ficelles sur la banlieue et la politique post-11 septembre façon Bush et Sarkozy, mais l'histoire fait quand même appel à l'humanité des personnages et à la mythologie africaine, évitant pas mal d'écueils liés au super-héroïsme classique. Ishan tue, fait des erreurs, a des obsessions, etc. Pour autant, malgré une bonne tenue, le scénario n'est pas si original que ça passé son cadre, et les dessins souffrent de staticité photoshopesque sur beaucoup de planches et de proportions trop souvent maladroites. Les scènes d'action, en revanche, sont très réussies. Les auteurs s'approprient les codes du super-héros pour les transposer en France, et ça fonctionne plutôt bien, car le récit est bien mené et distille suffisamment de mystère pour tenir en haleine. Une bonne petite surprise.
En revanche, l'attendu Pantz d'Alexandre Foret et Frédéric Mur me laisse sur ma faim. D'accord, c'est un prologue, mais un prologue à quoi ? On passe d'une époque à l'autre sans transition et en se demandant quels sont les liens, sans indication sur l'histoire qui suivra. Ce comic-book aurait largement mérité un peu plus de pages pour développer son propos. Même si le dessin de Frédéric Mur a encore quelques petites lacunes au niveau des proportions (les personnages font vraiment jeunes, notamment), les décors sont soignés, mais voilà, on sort quand même de cette lecture comme de celle de beaucoup de comics actuels : avec l'impression qu'on a eu une histoire découpée.
Avec Strangers, par contre, on a droit à du plus classique et à des histoires plus ou moins auto-contenues. Jean-Marc Lofficier a une écriture plus proche du Silver Age, et aime à multiplier les personnages sans oublier de les mettre sous le projecteur : même si l'épisode contre Hunter est de la baston classique, les quelques révélations distillées çà et là arrivent à ne pas endormir l'intérêt. Mais le suivant en montre bien plus sur Futura et ses ennemis, dans une ambiance plus horrifique. Une bonne série.
Affichage des articles dont le libellé est extraterrestres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est extraterrestres. Afficher tous les articles
jeudi 26 juillet 2012
Chroniques plombées à l'Araignée
Libellés :
avis,
bd,
comics,
critiques,
daredevil,
eurocomics,
extraterrestres,
fanzinat,
french comics,
marvel,
panini,
pierre minne,
spider-man,
strangers,
super-héros,
wanga
vendredi 1 juin 2012
En mai, lis ultimement ce qu'il te plaît
Après une phase 2 plutôt courte (la faute à Jeph Loeb et ses acolytes pas foutus de rendre leur boulot à l'heure) et qui n'était qu'une transition, la phase 3 de l'univers Ultimate débarque avec plus d'audace. On découvre le nouveau Spider-Man et son environnement inédit, les deux groupes de ceux qu'on appelait les X-Men ressortis au grand jour dans un monde qui les hait plus que jamais, et les Ultimates face à de nombreuses menaces sur tout le globe. Pour résumer, ces épisodes sont des chapitres d'introduction qui mettent plus en place le nouvel univers qu'ils ne font avancer leur histoire. Cependant, le tout est bien mené, aussi on ne voit pas le temps passer et on déplore que la suite n'arrive que dans deux mois. Scénaristiquement, les nouvelles séries cherchent à s'éloigner des sentiers battus en proposant pas mal d'inédit, et les dessins sont très bons, même si Esad Ribic a un style peut-être pas assez adapté aux Ultimates. En revanche, Paco Medina parvient à faire oublier ses dernières prestations en rendant un très bon travail sur les X-Men. Une très bonne intro.
Une réédition à bas prix qui tombe à point nommé. On pourra reprocher à ce volume d'être esseulé, sans l'introduction (Thanos Quest) et manquant un peu de rédactionnel, mais l'objet reste beau. Le papier est adapté aux couleurs, et les dessins très réussis. Le scénario pâtit de l'absence d'introduction (et de la suite), mais le récit se tient pour peu qu'on entre dedans. Pas mal de baston, mais on sent quand même que l'intrigue va plus loin que ça, au-delà de l'atmosphère apocalyptique. Thanos se montre vraiment intéressant sur le plan philosophique, mais le plan étant sur le long terme, ce volume unique en devient frustrant. Cependant, cet album contient suffisamment de morceaux de bravoure à lui seul pour justifier son achat, ou au moins sa lecture.
L'envers du décor des services secrets. Exécutions, basses manœuvres, conflits, rien ne nous est épargné. Si le scénario de ces deux affaires tient bien la route, le dessin de Steve Rolston peine à retranscrire l'atmosphère noire de l'histoire, ainsi qu'à différencier suffisamment les personnages. Brian Hurtt, arrivé à la deuxième histoire, est un poil plus à l'aise, mais ces grandes vignettes vides, sans nuances, ne donnent pas au scénario le cachet voulu. Mais pour peu qu'on aime l'espionnage et qu'on passe le graphisme trop classique, on rentre sans trop de problèmes dans cette BD.
Street Fighter est un jeu qui n'a jamais brillé par la profondeur de son scénario, et les précédentes adaptations étaient elles aussi lacunaires au mieux. En même temps, Street Fighter, c'est de la baston, et ce qu'on veut, c'est de la baston. Certes. Mais ce qui marche dans un jeu ne marchera pas forcément comme ça en BD, ou même en film, comme en attestent les malheureux Street Fighter - L'ultime combat (avec un Raul Julia très malade réduit à son ultime cabotinage) et la Légende de Chun-Li (dont le seul intérêt réside dans le fait que Kristin Kreuk montre un peu de jambes). Le studio Udon a repris la licence de chez Capcom pour faire en sorte de contenter tous les publics, en mettant en avant tous les personnages dans leur version la plus pure et la plus fidèle au canon en développant une histoire cohérente (qui pioche dans tous les supports). On retrouve donc Chun-Li et sa partenaire Po-Lin (apparue pour la première fois dans le manga Street Fighter II de Masaomi Kanzaki) dans la police de Hong Kong, enquêtant sur l'organisation criminelle Shadaloo du guerrier psychique M. Bison et sur le but véritable de son bras droit à Hong Kong, un certain Sagat (qui a encore ses deux yeux et un torse vierge de toute cicatrice).
Autant le dire tout de suite : ces origines de Chun-Li s'adressent en priorité aux fans et se permet d'offrir ce qui manque au film avec Kristin Kreuk, à savoir un scénario en accord avec le canon et de beaux combats. Le tout se lit sans déplaisir, à la manière d'un bon petit film de Hong Kong, avec son lot de péripéties et des dessins de style anime réussis. Franchement, si on aime cet univers, les BD d'Udon peuvent être considérées comme l'adaptation ultime du concept, en équilibrant comme il faut un scénario certes convenu avec ce que le fan attend.
Un macaron sur la couverture et une photo de Daniel Craig pour faire le lien avec le film, ce n'est pas dévoiler le contenu que de dire que c'était nécessaire. L'adaptation filmique n'a qu'un très lointain rapport avec la BD éponyme, à part dans l'impression d'avoir un concept gâché. Le prologue est très beau (même s'il ne sert à rien), mais tout le reste est décevant, bien loin de retranscrire l'atmosphère western, avec des couleurs trop clinquantes. Les personnages ne sont pas développés, et l'histoire met un temps infini à démarrer. Le sujet est seulement effleuré au long de cette centaine de pages, et on referme cet album comme on l'a lu : sans enthousiasme et avec le sentiment que le sujet n'a pas été traité correctement. J'imagine que Cowboys & Envahisseurs aurait eu bien meilleure mine dans un bel album franco-belge (ou italien), mais en attendant, il faut croire que le western n'est plus pour les américains.
Du thriller en Antarctique, l'idée est originale. Les intrigues de Greg Rucka sont plutôt classiques, mais le cadre y apporte tout son sel, et le développement du personnage principal est réussi. Même si le noir et blanc fait qu'on a parfois du mal à reconnaître certains personnages (défaut qui sera atténué dans le deuxième tome), il faut reconnaître que le travail effectué pour donner vie à ce décor atypique est exemplaire, tant les techniques utilisées par Steve Lieber sont fines. Le huis-clos réussit parfaitement à cette série et permet de ne pas l'enfermer dans les clichés. Par contre, la couverture du tome 1 est assez mal choisie, puisque le film avec Kate Beckinsale, descendu par la critique, n'a pas laissé de grands souvenirs.
Quand cette série a commencé en 1999, elle a fait couler pas mal d'encre : le créateur de Babylon V, Joe Michael Straczynski, se lance dans les comics avec une histoire originale que certains iront jusqu'à comparer à Watchmen. Une bonne décennie après, que reste-t-il ? Déjà, le dessin a mal vieilli et ne rend pas justice au scénario : le style Top Cow, avec tous ces clones de Marc Silvestri élevés en batterie, ne colle pas à l'ambiance du récit. Les personnages sans costumes sont trop maladroits, et ce n'est pas le trio de dessinateurs qui aide. Quant au scénario, le concept a été depuis pas mal récupéré (par la série télé Heroes, notamment), et on peut avoir du mal à rentrer dans cette histoire qui semble avoir un goût de déjà-vu. Néanmoins, passés deux ou trois épisodes, on sent que Straczynski a bien travaillé sur ses personnages, qu'ils soient importants ou secondaires, et l'intrigue s'épaissit. Mais que ce soit Keu Cha, Christian Zanier ou Ken Lashley (les différences sont trop minimes pour faire la différence), le graphisme peine beaucoup à servir le récit, sauf lorsqu'il s'agit de combats entre personnages costumés. La colorisation ne fait pas dans la sobriété, mais reste suffisamment cohérente. Un premier tome qui part vraiment bien au niveau de l'histoire, mais qui demande quand même au lecteur de s'accrocher en raison de dessins souvent décalés.
Le grand événement Secret Invasion n'a pas été apprécié par tout le monde, mais force est de reconnaître que certains récits annexes sont bien réussis. Dans ces numéros hors série, Deadpool succède aux Quatre Fantastiques, aux Jeunes Vengeurs, aux Fugitifs et à Thor. Petite particularité : Daniel Way ne propose pas une mini-série, mais bien le début d'une nouvelle série régulière. Dans ces trois épisodes, le mercenaire disert commence par attaquer un vaisseau skrull (sous-entendu : il va buter à peu près tout le monde) dans un stade avant de pactiser avec l'ennemi. On retrouve les ingrédients qui font le succès de Deadpool : ses personnalités cartoonesques en conflit, ses blagues foireuses et sa propension à tuer sans compromis. On a donc un récit d'un niveau sympathique où on ne s'ennuie pas, et où les dessins servent correctement le récit. Un bon début de série, même si le côté sérieux est assez absent.
Le rebounch de l'univers DC est enfin disponible en français, et en kiosques à travers cette sélection de 12 séries. Si les changements effectués sur la continuité de Batman et Green Lantern ne sont pas encore très visibles, c'est bien dans DC Saga que les choses se renouvellent.
Bruce Wayne est de nouveau le seul Batman, et doit apprendre à travailler avec le dernier Robin en date, son fils Damian. C'est à peu près le seul changement qu'on peut noter, le reste étant dans la droite lignée des sagas précédentes, avec un début tout à fait accessible aux néophytes.
Pour Green Lantern, aucun changement visible : Hal Jordan est obligé de réapprendre à vivre comme un homme normal après avoir été destitué de son rôle de Green Lantern à la fin de la série précédente. Les autres Green Lantern terriens sont toujours là, de même que les autres corps de Lanterns. Le rédactionnel est de toute façon présent pour expliquer l'historique des séries Green Lantern.
Les changements les plus notables sont dans DC Saga. Si Flash/Barry Allen n'est que peu impacté (à part son mariage avec Iris West qui n'a jamais existé), on assiste aux événements qui vont former la Justice League 5 ans dans le passé, et les premiers contacts entre les héros sont plutôt houleux. Le premier épisode de Supergirl nous narre son arrivée sur Terre, et l'épisode de Superman dévoile le nouveau visage de l'univers du héros (qui n'a jamais été marié non plus), plus sombre.
Un épisode par série, c'est bien peu pour juger vraiment de la qualité de sagas à suivre. Graphiquement, ça tient bien la route, rien à redire. Pour le scénario, ce n'est qu'une mise en bouche : la plupart des séries démarrent très bien, avec un bémol pour Red Lanterns, Supergirl et Batgirl qui semblent pour l'instant être les moins intéressantes du lot. Le cas Superman est un peu à part, car si le début est intrigant, il y a encore quelque chose qui semble coincer, mais de là à pouvoir dire ce que c'est... Réponse au prochain numéro, peut-être.
Dernier bémol : le prix est un peu trop élevé pour le nombre de pages, et une série en plus par magazine ne serait pas superflue. Ne serait-ce que Shazam dans DC Saga, ça me comblerait.
Les WildCATs étaient la première équipe de super-héros de l'univers Wildstorm, créé par Jim Lee. Leur succès premier leur a valu des séries dérivées et des crossovers inter-compagnies (notamment WildCATs/X-Men et JLA/WildCATs), puis la guerre de ces hybrides humains-Kherubim contre les Daemonites s'est achevée au bout de 50 numéros. Ces soldats sans guerre ont ensuite eu droit à la série Wildcats, qui s'est cherchée avant de trouver sa voie sous les scénarios de Joe Casey : de rares combats, et des affrontements plus politiques et économiques tandis que l'androïde/super-héros anciennement nommé Spartan (et devenu Jack Marlowe) a perdu de son humanité en faisant fructifier son héritage.
Cette nouvelle série est dans la droite lignée de la précédente : le genre super-héros est assez loin, et la manière pour Jack Marlowe de sauver le monde est de le faire de manière industrielle. L'économie, l'espionnage et les nouvelles énergies sont au centre du récit, et c'est assez original. Cet univers de super-barbouzes se métamorphose encore, montrant plus d'ambition que jamais. Même si les dessins de Dustin Nguyen ne sont pas très expressifs, ils collent plutôt bien au récit tout en rappelant un peu le style de Travis Charest, dessinateur emblématique de cette équipe devenue non-équipe puis corporation. Un traitement intelligent du post-super-héroïsme.

Un peu de vieillerie avec ce crossover d'époque, qui impactait tous les titres de l'univers Wildstorm. Après un combat contre Stormwatch (pour une raison pas franchement explicitée), les WildCATs doivent s'allier avec le criminel Daemonite Hightower pour retrouver les clés d'un vaisseau Daemonite qui attire les convoitises. On a donc des alliances qui se font et se défont au fil des péripéties et des très nombreux combats. Pour ceux qui veulent suivre la première partie de l'histoire de l'univers Wildstorm, ce crossover explique pas mal de choses : le retour d'Helspont, la création de la série Grifter et son départ des WildCATs, la création d'une deuxième équipe de WildCATs, etc. Après, oui, ça a vieilli et ça vole pas franchement haut, la part belle étant faite à l'action. Les dessins sont très disparates, donc ce n'est pas très homogène. Après, il faut aimer le style et avoir la nostalgie des Gen13, Deathblow, Backlash et autres, mais même si c'est un peu poussif au début, ça se lit sans déplaisir, malgré les affreux choix de traductions avec des personnages qui parlent tous comme des roturiers.
samedi 18 février 2012
Critiques arcadiennes
Une victime de la censure moins médiatisée que les revues Marvel de l'époque, mais toutefois un peu plus osée. Rattachée aux comics lors de sa reprise en 2000, cette série d'origine franco-italienne narre la traque du malfaisant monstre métamorphe Wampus, venu des étoiles, par Jean Sten, agent des services secrets français que personne ne prend au sérieux. A travers les 7 épisodes originaux de 1968-1969, Wampus va se borner à tuer et détruire à outrance tout autour du monde, tandis que Jean Sten, seul à avoir vu le monstre, va s'appliquer à le poursuivre, voire à le devancer.
Le scénario de Franco Frescura s'éloigne assez vite du schéma du début, sans oublier de donner des nuances aux personnages et de nombreux retournements de situation. Le rythme est soutenu, mais sait ménager des moments d'accalmie. Les planches de Luciano Bernasconi, très classieuses, sont particulièrement fouillées et détaillées. Sans conteste la partie la plus intéressante de cet épais ouvrage.
Puis arrivent les épisodes de 2001, qui prennent la suite immédiate. Les planches de Bernasconi sont toujours très soignées, mais plus sobres que celles des épisodes d'origine ; le trait, lui, n'a absolument pas changé, assurant une continuité graphique remarquable. En revanche, le scénario est différent : Jean-Marc Lofficier situe maintenant l'action au début du XXIè siècle, ce qui est expliqué par un glissement de temps (mais ça ne gêne absolument pas la lecture). Et un raccord est mal fait avec la série précédente, impliquant la mort d'un personnage qui avait pourtant survécu. Enfin, la différence majeure est que la traque à travers le monde s'arrête pour laisser la place aux voyages dans le temps de Wampus afin le jugement final, l'occasion d'expliquer quels sont les rôles précis de Wampus et de Jean Sten dans l'univers, ainsi que de montrer une partie des personnages du Semicverse/Lugverse/univers Hexagon. On pourra donc croiser, en vrac : Kabur, Dragut, Maleficus, Altotas, Gallix, Sullivan, Saint Germain, la Brigade Temporelle et quelques autres encore. Cette succession de voyages temporels n'apporte grand-chose au récit avant le combat final, ce qui rend cette partie moins passionnante.
Au final, on se retrouve donc avec un copieux volume regroupant l'intégrale de cette série qui aura attendu sa conclusion pendant 30 ans, et force est de constater que ça n'a pas tant vieilli que ça. La représentation de la violence n'est plus vraiment choquante de nos jours, mais il est clair que cela faisait tache à l'époque. Et si finalement la conclusion moderne n'est pas aussi réussie que les épisodes d'origine, 3/4 du bouquin sont quand même très bons et le quart restant bon quand même. Une bonne série à (re)découvrir, mais ça a quand même un prix qui fera réfléchir (comme tous les autres albums de la collection, c'est 35€ pour environ 530 pages). Il existe aussi un deuxième volume reprenant la série L'Autre (par les auteurs originaux de Wampus), qui est une suite développant certains aspects de Wampus ; et en bonus, on y trouve aussi les épisodes annexes de Wampus (dont Wampus/Nexus, et l'épisode de Kabur qui reprend la rencontre avec Wampus).
Deadpool version Guerre Froide, ça pouvait être soit bon, soit franchement mauvais. Wade Wilson devient agent schizophrène de la CIA, sans pouvoirs, mais toujours aussi taré. Cependant, si cet aspect est parfois mis en avant de manière lourdingue dans l'univers Marvel, cette version Pulp l'exploite intelligemment. On apprend le passé tourmenté de Deadpool, capturé et torturé en Asie, sa relation avec une espionne internationale, et si l'humour n'est pas franchement au rendez-vous, cette histoire d'espionnage est suffisamment bien tournée pour apporter autre chose qu'une exploitation facile du nom. Bon, évidemment, c'est violent, mais ça va avec le genre.
Un bon récit, servi par un dessin adéquat. Bonne petite surprise, donc.
Wolverine - le meilleur dans sa partie, bizarrement présenté sous des couvertures de Bryan Hitch, dont le style n'a rien à voir avec celui de Juan José Ryp... On sent d'emblée la volonté des auteurs de faire une série pour public averti avec Wolverine. On ne verra jamais de nudité, mais de la violence et de l'hémoglobine, si. En même temps, quand on a Ryp au dessin, il faut quelque chose de très graphique, et c'est bien le cas. Rarement une histoire de Wolverine n'aura été aussi explicitement sanglante. Cependant, Charlie Huston a concocté un scénario qui va beaucoup dans la violence gratuite et les personnages absurdes. On croirait presque lire du Mark Millar, même si on sent surtout l'envie de rendre hommage (ou singer) aux séries du style Authority, violentes, critiques et très second degré. Malheureusement, Huston n'a pas le talent de Warren Ellis ou de Garth Ennis pour ces choses-là, et rend ses personnages très superficiels. Il se plaît à faire souffrir physiquement Wolverine et ses adversaires, mais ça traîne un peu en longueur, et ça semble fait de bric et de broc tellement certains aspects semblent artificiels. Les lecteurs en manque de séries comme The Authority ou fans de Juan José Ryp (qui n'est pas toujours en grande forme sur ces pages) pourront éventuellement y trouver leur compte, mais cet album n'apporte grand-chose d'autre qu'un bon gros défouloir sanglant et décérébré.
Libellés :
comics,
critiques,
deadpool,
eurocomics,
extraterrestres,
french comics,
hexagon,
marvel,
semicverse,
wampus,
wolverine
Inscription à :
Articles (Atom)