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lundi 17 janvier 2022

Les archives secrètes : Smasher (et les archétypes)

 

Dans ce billet, je vais vous narrer la genèse de Smasher, personnage apparu pour la première fois dans Le Temps Des Héros en 2010 et intégré au multivers Arcadia en 2012 avec Esprit Vengeur. Sur le blog Arcadia, c'est le billet du 11 décembre.

Pour cela, il faut remonter à 2001. Pas l'Odyssée de l'espace, mais l'époque où Excalibur n'était pas encore devenue une boutique de jeux lambda ; non, on y trouvait encore des figurines McFarlane et des comic-books en VO. Parmi ceux-ci, l'un me faisait particulièrement de l'œil : Awesome Holiday Special. Pourquoi ? Parce que j'aimais bien l'univers Awesome de Rob Liefeld recréé par Alan Moore. On ne juge pas.

Dans ce numéro, il y avait une histoire de Fighting American dessinée par Rob Liefeld (ou comment continuer sur sa lancée de Captain America) où Spice, la jeune partenaire de Fighting American, combattait le droïde destructeur Smash. Bon, dites-vous à peu près que Fighting American = Captain America, Spice = Rikki "Bucky" Barnes (version robotisée) et Smash = Hulk (avec les couleurs inversées). Je ne sais plus comment ça m'est venu, mais j'ai probablement dû me dire que si Jeph Loeb et Rob Liefeld avaient fait leur Smash, rien ne m'empêchait d'avoir le mien. Et puis m'est venue l'idée d'appairer ce personnage avec un autre concept dérivé, mais cette fois de la licence Digimon (je garde cette histoire pour plus tard).

Bon, il est de notoriété publique que j'ai tout stoppé pendant quelques mois après octobre 2001, donc ce n'est pas allé très loin dans la réflexion. Vint ensuite 2010 où, avec le webcomic Le Temps Des Héros, je me suis amusé à mettre en scène des personnages de mon passé. J'avais besoin d'un super-vilain, et là, mes lectures d'époque m'ont fait réfléchir : on avait d'un côté le Hulk rouge (intelligent et pas tout à fait un super-vilain), et d'un autre côté, on avait Ultimate Hulk (à deux personnalités distinctes, mais avec un organisme adaptatif). Un mélange se crée. Et quitte à pousser les contrastes, autant habiller mon nouvellement nommé Smasher d'une façon très formelle. Comme un agent. Un agent du multivers. L'occasion de retrouver le concept initial qu'il formait avec le prototype de S-Ram, mais surtout d'étoffer tout ça pour ne pas faire du pastiche. 

J'en profite pour ajouter que j'ai eu droit à des remarques désobligeantes de la part de visiteurs et d'internautes concernant le fait que certains personnages que je dessine (ou qu'on a chez Arcadia) ressemblent à des personnages connus. Je me dois de répondre qu'au bout de 90 ans (et même plus dans le contexte de la SF), c'est malheureusement quasiment obligé de retomber sur les mêmes archétypes, et que tous les costumes ont été plus ou moins trouvés. De là, partir d'un archétype connu comme base d'un personnage est quelque chose de très répandu, et tout le monde le fait, même les auteurs de comics les plus acclamés. Tout se joue à l'écriture, au final. C'est ce qui fera l'originalité du personnage par rapport à son archétype, et qui ne vous fera pas dire que Superman, c'est juste Moïse fusionné avec John Carter. Ou que Dragon Ball, c'est juste Superman amalgamé avec le Roi des Singes (pour ça, je recommande le Comic Box HS Spécial Japon de 2001).

mercredi 29 décembre 2021

Les archives secrètes : Red Ann

 

Le 7 décembre 2021, j'ai posté cette illustration sur le blog d'Arcadia.

Je pense que le texte résume assez bien pourquoi j'ai décidé de l'utiliser dans le scénario d'Esprit Vengeur : c'est tout con, mais à l'époque (2012), nous n'étions pas nombreux, et nous manquions de personnages féminins. C'est en consultant le wiki PDSH que Red Ann m'est apparue. Encore mieux, c'était une création de Jerry Robinson, donc déjà un peu dans la famille. Mais surtout, ce qui m'a frappé dans son unique apparition, c'est le potentiel du personnage : Red Ann aurait pu être un solide et redoutable second rôle si la série Black Terror avait été feuilletonnante. Hélas, on nous la présente et on la range pour de bon en moins de 20 pages. Les personnages récurrents, dans les comics de l'Âge d'Or, et particulièrement dans ceux que j'ai traduits, on n'en trouve pas énormément, à part Lady Serpent qui a droit à deux épisodes dans Black Terror, mais avec un ravalement de façade total entre ses deux apparitions.

Bon, alors, maintenant qu'on a le personnage, comment faire pour la ramener ? J'avais décidé qu'elle était apparue à l'ère moderne, histoire de simplifier un peu (et ça permettait de ramener Black Terror par la suite). Une histoire de soif de vengeance inextinguible, ça se tenait. Mais c'est après que les choses se sont compliquées...

Le webcomic Esprit Vengeur a été accueilli diversement par la critique, mais en tant que projet vitrine de l'univers partagé qui était en train de se construire, il a été lu plusieurs milliers de fois. Dès lors, il fallait créer une suite. Et croyez bien qu'il y a eu énormément de brainstorming sur quels personnages utiliser : Yordi, Arrow, toute une équipe de personnages open source... On a raté le coche des films Avengers et Justice League, et la préquelle avec Black Terror n'a jamais été achevée. D'ailleurs, parlons-en, de Black Terror : la présence de Red Ann dans le présent nécessitait que Black Terror soit aussi un héros du présent, mais on y sacrifiait l'aspect héritage qui plaisait aux scénaristes. On s'est pas mal pris la tête pour régler le problème, et on a fini par trouver. 

Cela dit, ça n'a pas réglé le problème d'Esprit Vengeur, qui perdure encore à ce jour, même si on commence à en voir le bout. Mais cette histoire sera pour un autre jour.

samedi 4 janvier 2020

Bonne année !

Bonne année ! Cette année, je vous retrouverai aux côtés de Venomous Girl, Red Ann (dans Esprit Vengeur) et Ewen Merrick (dans Dark Fates) !

dimanche 9 décembre 2012

Retour vers l'avenir présent mais presque digéré

L'hiver arrive, les festivités de fin d'année aussi, la surpopulation citadine saisonnière... mais surtout, Esprit Vengeur est fini.

Oui, le webcomic qui j'espère a été très suivi bi-hebdomadairement par des millions de fans qui portent aux nues mes camarades (Gaëtan Degasperi, Benjamin Costanza, Edwin Boyer et Eudocimus Ruber) et mon auguste personne (comme chantait Chris Cornell : "You know my name") s'est achevé avec sa 22è page, comme convenu depuis le départ. Une expérience enthousiasmante, grisante, mais aussi... grillante. Oui, je pratique le néologisme, en plus du Sudoku, du Hold'em Up Poker et du Mahjong. Bon, toute l'équipe d'Arcadia a joué le jeu en diffusant les pages, mais ailleurs, ils s'en foutaient un peu. J'ai envie de dire "comme d'hab", mais ce serait donner une image fataliste de moi-même, alors que c'est faux : je me dis plutôt qu'on frappera plus fort la fois suivante, qu'on ne va pas se démonter pour si peu et qu'on prouvera comme toujours que nous ne sommes pas des branleurs. Le milieu French Comics a beau ne plus être uni, ce n'est pas une raison pour se laisser abattre - d'ailleurs, on s'en sort plutôt bien par nous-mêmes grâce à un bon bouche-à-oreille. Rien n'est immuable, et dans l'ombre, ce sont "les perdants d'hier" (pour reprendre Hugues Aufray, même si l'expression est relative) qui s'apprêtent à faire bouger les choses, sans laisser personne sur le carreau. Mais j'en reparlerai plus tard.

En fait, Esprit Vengeur a tellement bien galvanisé les troupes et redonné une grande force à toute l'équipe, que mettre le mot FIN sur la dernière page m'a presque tiré une larme. Je dis bien presque, parce qu'en réalité, on ne tire pas mes larmes comme ça, mais c'est un autre débat. Je suis fier d'Esprit Vengeur dans son ensemble, et je suis content d'avoir donné dans ce projet qui respire le fun et le dynamisme, à l'instar des comics d'antan qui offraient évasion et action pendant 22 pages. Le "retour à la réalité" a été un poil plus brutal : en effet, passer du "blockbuster" au "film de genre" n'est pas aussi facile qu'on pourrait le penser.

Eh oui, comme beaucoup le savent, je suis de retour sur Dark Fates, fiction fantastique et didactique. Bon, je ne vous cacherai pas que je suis fier des progrès accomplis depuis le début de l'année : les nouvelles planches réalisées sont meilleures. Sans déconner. Je ne vais pas non plus me considérer comme un as du crayon, hein, on est d'accord. Mais Dark Fates est véritablement la BD qui m'est la plus personnelle, en raison de beaucoup de thèmes biographiques abordés et de reflets de l'existence, la nostalgie, etc. Et puis ça se passe à un temps où tout semblait moins moche, plus simple, une société presque moins sclérosée... Je ne suis pas du genre à dire que c'était mieux avant, mais quand même, l'année 1929 que nous vivons est bien trop longue, et les espoirs et les rêves sont foulés au pied, remplacés par des apparences qui nous rappellent à longueur de temps à quel point le quotidien est sordide. Sous couvert de vendre du rêve, on veut que l'être humain perde le sens du merveilleux et ne voie plus la couleur des blés. On fait la course à l'obsolescence et à l'isolement. On érige en vedettes des gens sans valeur, des stars jetables qu'on va très vite conchier mais qu'on va recycler au bout de quelques années pour jouer sur une nostalgie artificielle.

Et pourtant, j'écris des récits où rien n'est fait pour rassurer le lecteur : au contraire, ce sont mes démons que je jette à la face du monde, avec des interrogations multiples et aucun mode d'emploi. Mais dans ce monde où tout est pré-mâché et formaté, est-ce un tort que de demander à quelqu'un d'observer, de lire entre les lignes pour trouver des réponses qui pourront trouver un écho dans sa propre vie ? De leur faire comprendre sans faire la morale que certaines choses ne sont pas bien ? De montrer qu'il peut exister des chemins qu'on peut emprunter parce qu'on les a empruntés soi-même ? D'arrêter le métronome fou de sa vie pour le remettre sur d'autres rythmes ?

Si finalement certains retirent un enseignement de leur lecture de mes "œuvres" (et je ne parle pas de la qualité, là), cela voudra dire que j'aurai au moins fait quelque chose qui a un sens. Et tant pis si ce nombre n'est pas élevé.

C'est peut-être les longues nuits d'hiver qui me rendent philosophe... Pour ce qui est de Dark Fates, le troisième épisode avance bien, et la finalisation de Forgotten Generation 3 aussi. Mais il ne sortira pas en décembre, car la fin d'année est bien trop chargée partout. Vous pouvez toujours vous procurer les numéros 1 (en impression à la demande) et 2 (il s'est vachement bien vendu, il n'en reste plus beaucoup), en attendant.

Et surtout, n'oubliez pas de rêver. Ne vous faites pas dévorer par les chantres du désespoir organisé, envoyez-les paître l'herbe putride qu'ils veulent vous faire avaler de force.



  Ci-dessus : encres et aquarelles du personnage de Lord Corlatius créé par Ben Wawe

mardi 6 novembre 2012

Esprit Vengeur, rattrape : pages 10 à 14, par Edwin Boyer

Esprit Vengeur, le webcomic d'Arcadia Graphic Studio, à suivre sur le blog Forgotten Generation

Scénario : Florian R. Guillon (Votre Hôte), avec l'aide de Maxime Saint Michel
Dessins : Florian R. Guillon (Votre Hôte, encore), Gaëtan Degasperi, Edwin Boyer, Benjamin Costanza et Eudocimus Ruber
Lettrage : Florian R. Guillon (toujours le même)

Les personnages sont la propriété exclusive de leurs créateurs.

 Haute résolution



Haute résolution
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lundi 15 octobre 2012

Esprit Vengeur, rattrapage : pages 5 à 9 par Gaëtan Degasperi

Comme promis, la partie de Gaëtan Degasperi étant à présent achevée, il est temps de la récapituler entièrement. Scénario de moi-même (avec la collaboration de Maxime Saint Michel). La prochaine partie sera signée Edwin Boyer

Et n'oubliez pas que ce webcomic est toujours en cours de parution sur http://forgottengeneration-news.blogspot.fr/search/label/esprit%20vengeur















jeudi 4 octobre 2012

Esprit Vengeur : rattrapage

Pas de message grotesque à rallonge cette fois-ci, ni d'image choisie au hasard, mais les quatre premières pages d'Esprit Vengeur, webcomic que j'ai scénarisé avec l'aide du padawan Maxime Saint Michel.

Pourquoi seulement les quatre premières pages ? Parce qu'elles forment un tout, et que c'est moi qui les ai illustrées. Dans un souci de cohérence, les rattrapages seront à chaque fois centrés sur un seul dessinateur. C'est Gaëtan Degasperi qui a pris la relève à la page 5, et il a fait un superbe taf, tout comme ses successeurs ! 

Pour découvrir en direct le webcomic, c'est .

Pour le prochain rattrapage, c'est la semaine prochaine.








Page 1
Page 2
Page 3
Page 4

© Arcadia Graphic Studio et les auteurs  
Sentinel, Pr Timm © Edwin Boyer
Red Ann © Florian R. Guillon (pour cette version)
Cyber-Shield © Maxime Saint Michel