Affichage des articles dont le libellé est avis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est avis. Afficher tous les articles

jeudi 6 décembre 2012

Lectures pré-hivernales


D'emblée, il faut préciser que c'est le Batman pré-reboot, ce qui change peu de choses, si ce n'est que c'est la période où Dick Grayson est le Batman de Gotham City, après la fondation par Bruce Wayne de Batman Incorporated. Sinon, l'histoire en elle-même se passe de faire des recherches, puisqu'elle est complète et auto-contenue. On revient sur l'histoire de ces immigrants qui ont bâti Gotham à la fin du XIXè siècle, et on découvre en parallèle l'histoire de la ville et celle des ancêtres Wayne, Cobblepot et Elliott, soit une bonne occasion d'apprécier toutes les références de la série Batman actuelle avec le même scénariste. On se penchera plus sur les intrigues du passé que sur les motivations de l'ennemi, qui sont somme toute plutôt prévisibles. Le graphisme est juste, pas d'extravagances ni de détails abondants, le trait est clair, dynamique et très lisible. La colorisation est à l'avenant, ni trop sombre ni trop claire. Au final, un récit complet très plaisant à ajouter au palmarès de Scott Snyder.










Là, pour le coup, c'est toute la partie graphique qui met sur le derrière. JH Williams III offre des planches vraiment superbes, très travaillées, et usant de multiples techniques et de mises en page inventives. Quand la rétine est aussi flattée, on a bien peur que le scénario ne suive pas. Il s'avère que Greg Rucka met en place de bons éléments que Williams et W. Haden Blackman reprennent intelligemment. On se prend à suivre l'itinéraire de Kate Kane et ses combats avec intérêt, le personnage étant assez bien écrit. Cependant, on peut se demander si ces premières intrigues résolues, l'intérêt restera. Mais pour l'instant, on a deux bons albums aux dessins vraiment superbes, ce qui est déjà bien. Une bonne surprise que cette série.
 




Autre surprise, mais dans un genre différent. Dans les années 1980, la première série dérivée des X-Men avait droit à un traitement particulier. Si le scénario était signé Chris Claremont, soit l'éminence grise des mutants pendant longtemps, le dessin était de Bill Sienkiewicz, au style assez éloigné des artistes en vogue de l'époque, et surtout le dernier qu'on aurait imaginé sur New Mutants. Et pourtant, l'alchimie prenait bien ! Les épisodes recueillis dans ce numéro confrontent Danielle Moonstar à l'Ours-Démon qui a tué sa famille, dans un triptyque haletant où le style nerveux et schématique de Sienkiewicz fait des merveilles. Les épisodes suivants ne sont pas en reste et s'intéressent aux filles de l'Institut, dont la soirée pyjama prend une tournure particulière. J'ai beau considérer que Chris Claremont est désormais loin de ses heures de gloire, il savait encore écrire intelligemment à l'époque et rendre vraiment vivants les jeunes mutants sans recourir aux artifices dont il a abusé ces dernières années. Le duo Claremont/Sienkiewicz donne du corps à l'histoire sans faire d'excès, et trouve le ton juste. Seule chose à regretter : la colorisation trop flashy sur du papier glacé.
 

Iron Man propulsé à travers le temps pour retrouver les pièces de la machine temporelle de Fatalis et empêcher la destruction du monde par le Phénix. On s'amusera de cette évocation des comics Marvel à travers les âges et de l'évolution d'Iron Man. Un récit sans prétention ni impact, mais susceptible de plaire à tous.

D'une vague à l'autre, Marvel fait du surf, sans parfois réussir à tenir sur sa planche. On a vu les labels Marvel Manga, Tsunami et Tech, entre autres, vite enterrés devant le peu de succès et de qualité proposée... Avec X Men Noir, c'est Fred Van Lente qui se colle à la réinvention des mutants à la sauce Grande Dépression. Si l'histoire de Spider-Man (qui a lancé le label) était relativement convenue, le parti pris est ici différent : les X Men sont un groupe de sociopathes entraînés par Charles Xavier, et la Confrérie est le plus grand cercle de crime organisé de New York, où siège le détective en chef Erik Lehnsher. Entre les deux, on suit l'évolution de Pietro, son fils, et de Thomas Halloway, le vigilant costumé surnommé l'Ange, tous deux lancés sur la piste de la mort mystérieuse de Jean Grey.

Pas de pouvoirs, que du noir. Dennis Callero rend superbement l'ambiance de cette enquête qui multiplie les personnages et les faux-semblants jusqu'à la confusion, même si on finit par s'y retrouver à la fin. Ceux qui sont réfractaires à cette ambiance, par contre, s'offusqueront de voir leurs personnages bien-aimés ainsi transformés et anti-héroïques à souhaits. Les autres se plongeront plus facilement dans ces deux récits (quatre, si on compte les bonus : Les Sentinelles et L'arme X) qui ont le mérite d'aller chercher leur originalité plus loin que dans la parabole du combat pour l'égalité et les voyages temporelles.





Il y a sept-huit ans, le moribond Captain America était repris en main par le brillant scénariste Ed Brubaker, qui a redonné au héros étoilé des aventures dignes de ce nom sur fond d'espionnage international. Depuis, on lui doit le retour de Bucky, le jeune acolyte du Captain pendant la Seconde Guerre Mondiale dont le deuil a été porté pendant de longues années. Encore mieux : quitte à commettre un sacrilège, Brubaker en a fait le Winter Soldier, agent secret à la solde des Soviets pendant la Guerre Froide ! Après, Bucky a retrouvé la mémoire, est devenu Captain America à la place de son ami Steve Rogers lors de la mort présumée de ce dernier, et a été jugé pour ses crimes. Le récit qui nous intéresse ici est la première saga de la série Captain America & Bucky, située pendant la guerre, et qui lève le voile sur les origines du petit équipier suite aux révélations de ces dernières années. Et non, c'était pas un tendre... Chris Samnee illustre avec brio les différentes situations, passées, présentes, tendues, calmes, explosives, sans jamais faillir, avec un brin d'encrage rétro. Moi qui m'attendais simplement à des histoires un peu génériques de Captain America pendant la Guerre, j'ai été très agréablement surpris. Le récit est bien centré sur Bucky et met en lumière à travers ses yeux des éléments encore inconnus de cette époque lointaine. Soyons direct : ce sont les meilleurs épisodes du patriote publiés depuis plusieurs mois.

Et puisque nous sommes dans les années de guerre, compléter cette lecture avec Le Projet Marvels est loin d'être idiot : même scénariste, trame très proche mais plus thriller que super-héroïque. Ce copieux album retrace les premières années de l'univers Marvel sous un angle cohérent, à travers le regard des héros qui les ont vécues. En un sens, ça rappelle un peu le superbe Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross, sauf que les témoins de l'époque sont aussi acteurs. Les dessins de Steve Epting sont réalistes, appropriés au récit qui traite moins de merveilleux que de course au super-soldat et d'intrigues politiques. Mais d'un autre côté, le traitement un peu "clinique" de l'époque est aussi un défaut, puisque le lecteur se sent moins proche des personnages dépeints (au contraire de Marvels qui était au niveau de l'homme de la rue et de son rapport au merveilleux). C'est finalement assez documentaire. C'est quand même bien fichu, ça approfondit des éléments apportés ces dernières années, mais il manque un peu de quelque chose.

 Après des années de sevrage niveau Star Wars, à l'exception des hors série du magazine et de l'album Mondes infernaux, j'ai décidé de craquer sur cet ultime numéro de La saga en BD, pensant avoir affaire à un baroud d'honneur (et voulant aussi lire le dossier). Quatre récits complets : une comédie signée Sergio Aragonès, sympathique, un épisode sympa aussi où Lando Calrissian gagne sa Cité des Nuages, un récit sur un gardien de Nerfs rappelant Luke Skywalker (et dessiné par Francisco Herreira), sans plus, et un très bel épisode peint sur le Sarlaac. Pas de grandes ambitions. Quand au dossier sur l'Empire Écarlate, ouille ! Juste une présentation d'un personnage par page, sans approfondissement sur les origines de cette saga, ses rapports avec les autres, etc. Un seul mot : déception. Certes, l'amateur de la saga de George Lucas y trouvera son compte, mais ça ne vole pas très haut, surtout pour un dernier numéro... A noter que le magazine sera relancé en janvier 2013 sous le nom Star Wars Comics Magazine (mais quoi que pour ?). Espérons juste que cette fois, le sommaire sera beaucoup plus solide.

Et un petit album franco-belge pour finir, avec le quatrième tome de Kaamelott. L'écriture d'Alexandre Astier s'affine, on retrouve l'esprit de la série, mais le dessin de Steven Dupré est un peu problématique. On oscille entre trop réaliste et trop caricatural (Lancelot est l'exemple le plus probant de cette dichotomie), voire fade sur certains visages connus, et ça manque de dynamisme. Pourtant, certaines planches sont vraiment très réussies, notamment la première (les enfants au bord de la rivière, belle mise en scène et belles couleurs). Et le dragon est aussi une grande réussite. Finalement, on est pris dans le récit aux situations absurdes, où Perceval décide de partir en quête flanqué de son nouvel équipier, un furet de combat, sur les traces d'un Lancelot dont le côté antipathique ressort à quelques occasions. Il va de soi, toutefois, que cette BD reste destinée aux fans de la série télé. Les néophytes ou détracteurs, non, c'est pas pour eux...

jeudi 26 juillet 2012

Chroniques plombées à l'Araignée

Bienvenue dans les années 1980, quand Spider-Man portait un costume noir rapporté de Battleworld, la planète des Guerres Secrètes. Cette combinaison aux étranges facultés va se révéler de plus en plus mystérieuse et empoisonnante pour le Tisseur, comme ces épisodes le montrent.

Tout le monde sait que le costume est un symbiote qui va fusionner avec Eddie Brock pour devenir Venom, comme on peut le voir dans plusieurs adaptations. Mais il est bon de se replonger dans cette anthologie qui va retracer tout le parcours menant à cette fusion. Le scénario tient la route sans être extraordinaire, et le dessin aussi, malgré une alternance de dessinateurs et d'encreurs assez malheureuse (heureusement, les couleurs ont été retravaillées). Néanmoins, relire cette période où Peter Parker vivait dans un taudis et avait froissé sa tante May (qui avait reconverti sa maison en maison de vieillesse) parce qu'il arrêtait ses études, c'est difficile d'y résister quand on aime le personnage, surtout qu'il s'agit d'une étape importante dans la continuité. Classique, mais vraiment efficace.

Un peu plus tard, une autre période importante pour le Tisseur s'annonce, avec Peter David et Rich Buckler qui débarquent pour chambouler l'univers du héros arachnéen, en quatre épisodes repris dans cet album cartonné qui porte bien son nom. Car oui, ça commence par une mort qu'on ne voit pas et qui va faire monter la tension. Peter Parker est maintenant marié à Mary Jane Watson, et s'il a encore le costume noir, celui-ci n'est plus le symbiote. Le capitaine De Wolff était la meilleure alliée de Spider-Man dans la police, et son trépas des mains d'un certain Rédempteur rend tout le monde nerveux, à commencer par Stan Carter, chargé de l'enquête et allié à Spidey pour la circonstance.

Pas mal de fausses pistes et d'interactions entre les divers intervenants (notamment Daredevil), tellement à cran qu'ils sont confrontés à des choix cornéliens. Les trois épisodes suivants, qui narrent le retour du Rédempteur, ont droit à une atmosphère plus intimiste et aux dessins de Sal Buscema. Alors que les comics super-héroïques "matures" n'existaient pas encore aux yeux des critiques, Peter David se lançait dans ces épisodes d'anthologie en jouant parfaitement avec les personnages, les rendant plus humains et instaurant de vraies réflexions sur la violence, le système judiciaire et la réinsertion des prisonniers. On regrettera à peine de ne pas avoir les épisodes qui séparent les deux histoires. Un très bon classique qui n'a pas beaucoup vieilli.


Après les classiques de chez Panini, on attaque les productions Réflexions/French Eyes. On commence avec le crossover mettant en scène Eric Draven/The Crow et Razor. Sachez que sous cette sympathique couverture en couleurs se cachent des dessins en noir et blanc extrêmement confus et parfois approximatifs, ajoutant d'autant plus de complication à comprendre un récit violent, anecdotique et incompréhensible. Les auteurs ne sont pas vraiment crédités, et Razor pas présentée. Mais encore ? La relecture n'a pas été faite. Résultat, on a une épreuve non corrigée d'un album oubliable. Pas très sérieux. Pour les fans ultimes du héros de James O'Barr uniquement, les autres préféreront se diriger vers les albums du French Crow.






Avec le Capitaine LSD de Jim Dandy, on change carrément de registre - et de format. On a droit à un ancien super-héros alcoolique, accroché à son passé et mélancolique. Bien sûr, il y a des tentatives parodiques et plus humoristiques, mais le récit est plus métaphorique et humain que super-héroïque. On vit pleinement la déchéance du Capitaine LSD et ses poèmes nébuleux, jusqu'à la révélation finale.

Un récit qui ne fait pas dans la facilité, ni dans la joie, mais montre un univers complexe où le héros a laissé place à l'individu. Le scénario est bien mené, et le dessin tient très bien la route (à quelques rares occurrences près). Le lettrage (et la relecture), par contre, aurait pu être meilleur. Pas à mettre entre toutes les mains, pour sûr, mais les amateurs de déconstruction seront séduits.



Et là, on change presque d'éditeur, mais aussi d'univers. French Eyes nous propose donc les aventures en BD du Doctor Who dans sa dixième incarnation, avec sa compagne d'alors Martha Jones.

Là encore, on sent que la relecture est passée à la trappe. Pour ce qui est de la traduction, je n'ai pas senti de manques, mais je connais mal les traductions françaises appropriées à cet univers. Et surtout, le choc visuel : au moins quatre dessinateurs différents et aux styles peu homogènes pour ces 144 pages ! Il faut donc s'accrocher pour suivre ce récit complet et à tiroirs. Un scénario dans la droite lignée de la série, adapté au format comics, qui n'est toutefois pas dans le haut du panier. Et puis c'est Martha Jones, pas le personnage le plus intéressant, mais il semble que le scénariste ait des plans sur le long terme. Je demande à voir. En tout cas, les amateurs du Docteur (et de Martha) auront leur compte, en espérant que la suite sera plus intéressante.


Je sais, on ne doit plus dire "French Comics", mais bon... J'ai enfin pu découvrir l'un des super-héros français de ces dernières années, le mythique Shaango, dont les trois épisodes sont repris dans cet album avec des histoires courtes en supplément. C'est donc copieux pour ce premier chapitre.

Ishan, jeune éducateur en banlieue, se découvre une nuit des pouvoirs électriques alors qu'il se fait battre par la police pendant un contrôle d'identité. Il devra apprendre à en faire usage, et à gérer ça avec sa vie et son quartier, tout en essayant de comprendre ce que ses racines africaines - dont il ignore tout - font là-dedans.

Bon, on a de grosses ficelles sur la banlieue et la politique post-11 septembre façon Bush et Sarkozy, mais l'histoire fait quand même appel à l'humanité des personnages et à la mythologie africaine, évitant pas mal d'écueils liés au super-héroïsme classique. Ishan tue, fait des erreurs, a des obsessions, etc. Pour autant, malgré une bonne tenue, le scénario n'est pas si original que ça passé son cadre, et les dessins souffrent de staticité photoshopesque sur beaucoup de planches et de proportions trop souvent maladroites. Les scènes d'action, en revanche, sont très réussies. Les auteurs s'approprient les codes du super-héros pour les transposer en France, et ça fonctionne plutôt bien, car le récit est bien mené et distille suffisamment de mystère pour tenir en haleine. Une bonne petite surprise.

En revanche, l'attendu Pantz d'Alexandre Foret et Frédéric Mur me laisse sur ma faim. D'accord, c'est un prologue, mais un prologue à quoi ? On passe d'une époque à l'autre sans transition et en se demandant quels sont les liens, sans indication sur l'histoire qui suivra. Ce comic-book aurait largement mérité un peu plus de pages pour développer son propos. Même si le dessin de Frédéric Mur a encore quelques petites lacunes au niveau des proportions (les personnages font vraiment jeunes, notamment), les décors sont soignés, mais voilà, on sort quand même de cette lecture comme de celle de beaucoup de comics actuels : avec l'impression qu'on a eu une histoire découpée.








Avec Strangers, par contre, on a droit à du plus classique et à des histoires plus ou moins auto-contenues. Jean-Marc Lofficier a une écriture plus proche du Silver Age, et aime à multiplier les personnages sans oublier de les mettre sous le projecteur : même si l'épisode contre Hunter est de la baston classique, les quelques révélations distillées çà et là arrivent à ne pas endormir l'intérêt. Mais le suivant en montre bien plus sur Futura et ses ennemis, dans une ambiance plus horrifique. Une bonne série.

mardi 10 juillet 2012

Voir Villepinte et mourir... dans les bouchons

Photo d'un vieux pote croisé côté Comic Con. Il racontait ses blagues avant-gardistes aux gens, ce qui est compliqué car en plus d'être nulles, elles sont dans un langage peu répandu de nos jours...

Mais comme il dit avec son pragmatisme légendaire : "Bi-di-biip *sifflement* dit-bi-dip biip dip". Je vous laisse méditer là-dessus.



Deuxième fois pour moi, la journée a été bonne, sauf que j'ai pas vendu et que Maxime Saint Michel n'a pas pu faire le déplacement le lendemain... Mais je suis reparti avec des dessins originaux, j'ai pu rencontrer quelques auteurs avec qui je suis en contact sur Facebook (et sur des forums) depuis un certain temps - Kevin Enhart, Julien Nido, Fabien Walesch, Geoffo et Jim Dandy -, revu les camarades habitués des salons - Eric Van Elslande, Mast et Anthony Dugenest - et admiré les expositions (Naoki Urasawa et Kaamelott) ainsi que les cosplays. Pour les qualifications sur la scène principale, on a attendu longtemps, mais ça valait le coup.

Je n'ai pas tenté les gros invités de la Comic Con, qui étaient de toute façon déjà assaillis dès le matin (en plus, on est arrivés à 10h). J'ai préféré aller saluer Mast et Geoffo (qui n'avaient rien à vendre, hormis des dessins), faire mes premières emplettes (deux Essentials de Spider-Man pour 10€, ce qui est très avantageux), aller au stand Comicverse saluer Eric et lui montrer ma dernière production en date (lui non plus n'avait rien à vendre, et il était sans le sou, qui plus est ! Ah, ces artistes ! ;)). Néanmoins, j'ai pu admirer pas mal de ses nouveaux travaux en A3, dont une planche de Spirou hommage à Franquin.

Petit tour avant de trouver Kevin Enhart, auteur de comics qui n'est pas prophète en son pays (il est Français mais ses productions sont anglophones), à qui je me présente et j'achète ses bouquins (Satanic Hell, The Heindrich Project et Returned). Il me dédicace le tout dans la foulée, gentiment, et observe d'un bon œil Forgotten Generation 2.

Puis arriva enfin le Jim Dandy qui m'attendait avec ce que je croyais être un simple dessin original... Première surprise de la journée : afin de s'exercer le jour d'avant (il était absent), il a bien fait le dessin qu'il m'avait promis par Facebook, en couleurs, mais en a également fait un deuxième avec le même personnage (soit Ewen Merrick, héros de Dark Fates) et un marque-page en bonus avec Jubilee des X-Men ! Le bougre s'avère très sympathique et me dédicace le Capitaine LSD que je lui achète. Il a bien observé avec attention mon fanzine, mais lui non plus n'avait pas de monnaie. Finalement, je décidai de lui céder un exemplaire en remerciement, et il me demande même une dédicace. Un mec vraiment très cool.

Tour rapide à un stand où les comics reliés (brochés et cartonnés) sont à bon prix. Choix cornélien où dans tous ces Marvel (seulement un titre DC dans le lot), je laisse de côté American Dream, Genext et le Blade d'Howard Chaykin. Tour dans les boutiques environnantes en trio, puis mangeage avant visite de boutiques et partance pour le cosplay.

Après avoir assisté aux présentations des duos, direction la scène principale où les choses sérieuses vont se passer, après une attente de 45 minutes dans la queue. Puis une fois assis, c'est après quelques minutes que les premières chorégraphies commencent, avec que des duos que je ne connaissais pas (à part Sailor Moon et Serenity). La mise en scène est efficace, et chaque duo est à fond dans des costumes très travaillés. Un bon moment à passer.

Peu après la sortie de la salle, mes deux compères retournent faire la queue pour ce même endroit pour les nouveaux épisodes du Visiteur du Futur. N'étant pas familier de la série (en fait, je viens tout juste de regarder la première saison au moment où j'écris ces lignes), je visite l'expo Urasawa, me balade tranquillement, et retourne du côté Comic Con. Un coucou rapide à Eric (entouré de deux connaissances, Julien Nido et Fabien Walesch), puis je vais voir Anthony Dugenest pour lui acheter les productions Wanga que je n'ai pas. Nous discutons un peu et il m'apprend que Frédéric Mur (auteur de Pantz) n'était là que le jeudi. Un peu plus loin, les auteurs de Shaango m'abordent alors que je regarde avec curiosité, et je décide de me laisser tenter (faut dire aussi qu'avec l'album relié à moitié prix, c'est plus facile). Le trio est très sympathique et m'offre un superbe dessin original de Shaango pour l'achat de l'album. J'en profite pour présenter là aussi mon travail. Retour à Kevin Enhart, auquel je finis par acheter le recueil de nouvelles qu'il a illustré. Un petit tour après, je décide d'aller poser mes fesses vers l'entrée en attendant le retour imminent des frangins LU.

Plusieurs tentatives d'appel échouent, je prends mon mal en patience et en profite pour tirer le portrait d'une cosplayeuse un peu fatiguée assise à côté de moi. Un dessin plus tard (oui, j'ai toujours mon carnet avec moi pour m'exercer, et j'ai donc fait un Venom en train de surfer), les frangins sont revenus de leur séance, qui a commencé à la bourre et a duré plus que prévu - au lieu d'un épisode, ils ont eu droit à deux. Après quelques boutiques, nous finissons par nous perdre chacun de vue, ce qui est super facile dans un salon de cette taille. Oui, j'ai craqué au stand French Eyes pour l'album Doctor Who et une figurine d'Ange Pleureur... Le réseau téléphonique saturé, difficile de se retrouver... J'ai finalement été arrêté par les auteurs du webcomic multimédia Civilized, qui m'ont fait la présentation. On a pas mal discuté, j'en ai aussi profité pour leur parler du multivers Forgotten Generation et leur donner l'adresse du blog. Faudra que je prenne vite le temps d'aller voir leur site et de lire le premier épisode.

Puis nous nous retrouvons enfin tous avant un dernier arrêt boutique, puis repartons sur le parking, en constatant qu'il est trop tard pour aller rendre visite à l'ami Olivier, camarade des rencontres live de LTDH en région parisienne et aussi adversaire acharné dans Mario Kart Wii. Dernières photos devant une équipe Mortal Kombat (avec une Mileena presque contrainte et forcée de revenir poser, puisqu'elle avait déjà enlevé une partie de son costume - oui, une guerrière mortelle qui porte des claquettes en plastique, ça le fait moyen), puis course jusqu'au parking sous l'orage et la pluie torrentielle.

Je passerai sur la traversée de l'enfer qui a suivi, parce que ça nous a pris très longtemps pour rentrer, et ça vient un peu entacher cette journée qui a été très bonne. Les bouchons parisiens, c'est horrible.

Les seuls quelques points négatifs : les stands trop chers pour que je me permette d'en prendre un avec l'asso, donc obligé d'essayer de vendre à la sauvette, ce qui est déjà dur en temps normal ; la non-rencontre avec Stéphane Le Quéré (collègue auteur de Steelman qui était là mais que je n'ai pas réussi à croiser) ; l'oubli d'aller voir le stand du fanzine Ganesha (dont les auteurs étaient déçus, au final, de leur expérience dans ce salon). On pourra aussi ajouter le peu de comics représentés à cette Comic Con : un vendeur et demi en tout et pour tout (les stands des gros éditeurs étant côté Japan Expo), peu de véritables auteurs comics présents (et même, pas beaucoup d'auteurs, au final), et finalement bien plus d'espace consacré au web et aux jeux de rôle qu'aux comics proprement dit. Va falloir résoudre ce problème, messieurs de l'organisation.
 
J'espère que l'an prochain, le côté Comic Con sera mieux servi, avec plus de comics, et surtout plus d'auteurs. Et surtout Arcadia Graphic Studio en dédicace, si possible. Mais il reste que la journée a été très bonne quand même.


Et maintenant, voici les photos des dédicaces et dessins ramenés du périple :


La signature de Jac (je crois) sur le Shaango HS 2, plus les trois dédicaces de Kevin Enhart sur ses comics.
Dédicace de Capitaine LSD par Jim Dandy.
 Dessins en A4 de Shaango par Kade et d'Ewen Merrick de Dark Fates (ma BD à moi que je fais dans Forgotten Generation) par Jim Dandy .
Marque-page en couleurs représentant Jubilee et dessin couleurs d'Ewen Merrick par Jim Dandy, encore. Il s'est bien documenté sur mon personnage, et ça fait très plaisir.


Le bonus du milieu, c'est un dessin représentant Misty (Génération Héros) aux côtés de Yordi (ma création, dans le webcomic Le Temps Des Héros), œuvre de Sébastien "Sebs" Carnélos. Celui-là, je l'ai reçu par courrier, et c'est le prix que j'ai gagné au concours Génération Héros, avec un exemplaire du premier numéro et des cartes exclusives.

vendredi 1 juin 2012

En mai, lis ultimement ce qu'il te plaît


Image

Après une phase 2 plutôt courte (la faute à Jeph Loeb et ses acolytes pas foutus de rendre leur boulot à l'heure) et qui n'était qu'une transition, la phase 3 de l'univers Ultimate débarque avec plus d'audace. On découvre le nouveau Spider-Man et son environnement inédit, les deux groupes de ceux qu'on appelait les X-Men ressortis au grand jour dans un monde qui les hait plus que jamais, et les Ultimates face à de nombreuses menaces sur tout le globe. Pour résumer, ces épisodes sont des chapitres d'introduction qui mettent plus en place le nouvel univers qu'ils ne font avancer leur histoire. Cependant, le tout est bien mené, aussi on ne voit pas le temps passer et on déplore que la suite n'arrive que dans deux mois. Scénaristiquement, les nouvelles séries cherchent à s'éloigner des sentiers battus en proposant pas mal d'inédit, et les dessins sont très bons, même si Esad Ribic a un style peut-être pas assez adapté aux Ultimates. En revanche, Paco Medina parvient à faire oublier ses dernières prestations en rendant un très bon travail sur les X-Men. Une très bonne intro.

Image

Une réédition à bas prix qui tombe à point nommé. On pourra reprocher à ce volume d'être esseulé, sans l'introduction (Thanos Quest) et manquant un peu de rédactionnel, mais l'objet reste beau. Le papier est adapté aux couleurs, et les dessins très réussis. Le scénario pâtit de l'absence d'introduction (et de la suite), mais le récit se tient pour peu qu'on entre dedans. Pas mal de baston, mais on sent quand même que l'intrigue va plus loin que ça, au-delà de l'atmosphère apocalyptique. Thanos se montre vraiment intéressant sur le plan philosophique, mais le plan étant sur le long terme, ce volume unique en devient frustrant. Cependant, cet album contient suffisamment de morceaux de bravoure à lui seul pour justifier son achat, ou au moins sa lecture.

Image

L'envers du décor des services secrets. Exécutions, basses manœuvres, conflits, rien ne nous est épargné. Si le scénario de ces deux affaires tient bien la route, le dessin de Steve Rolston peine à retranscrire l'atmosphère noire de l'histoire, ainsi qu'à différencier suffisamment les personnages. Brian Hurtt, arrivé à la deuxième histoire, est un poil plus à l'aise, mais ces grandes vignettes vides, sans nuances, ne donnent pas au scénario le cachet voulu. Mais pour peu qu'on aime l'espionnage et qu'on passe le graphisme trop classique, on rentre sans trop de problèmes dans cette BD.

Image

Street Fighter est un jeu qui n'a jamais brillé par la profondeur de son scénario, et les précédentes adaptations étaient elles aussi lacunaires au mieux. En même temps, Street Fighter, c'est de la baston, et ce qu'on veut, c'est de la baston. Certes. Mais ce qui marche dans un jeu ne marchera pas forcément comme ça en BD, ou même en film, comme en attestent les malheureux Street Fighter - L'ultime combat (avec un Raul Julia très malade réduit à son ultime cabotinage) et la Légende de Chun-Li (dont le seul intérêt réside dans le fait que Kristin Kreuk montre un peu de jambes). Le studio Udon a repris la licence de chez Capcom pour faire en sorte de contenter tous les publics, en mettant en avant tous les personnages dans leur version la plus pure et la plus fidèle au canon en développant une histoire cohérente (qui pioche dans tous les supports). On retrouve donc Chun-Li et sa partenaire Po-Lin (apparue pour la première fois dans le manga Street Fighter II de Masaomi Kanzaki) dans la police de Hong Kong, enquêtant sur l'organisation criminelle Shadaloo du guerrier psychique M. Bison et sur le but véritable de son bras droit à Hong Kong, un certain Sagat (qui a encore ses deux yeux et un torse vierge de toute cicatrice).

Autant le dire tout de suite : ces origines de Chun-Li s'adressent en priorité aux fans et se permet d'offrir ce qui manque au film avec Kristin Kreuk, à savoir un scénario en accord avec le canon et de beaux combats. Le tout se lit sans déplaisir, à la manière d'un bon petit film de Hong Kong, avec son lot de péripéties et des dessins de style anime réussis. Franchement, si on aime cet univers, les BD d'Udon peuvent être considérées comme l'adaptation ultime du concept, en équilibrant comme il faut un scénario certes convenu avec ce que le fan attend.

Image

Un macaron sur la couverture et une photo de Daniel Craig pour faire le lien avec le film, ce n'est pas dévoiler le contenu que de dire que c'était nécessaire. L'adaptation filmique n'a qu'un très lointain rapport avec la BD éponyme, à part dans l'impression d'avoir un concept gâché. Le prologue est très beau (même s'il ne sert à rien), mais tout le reste est décevant, bien loin de retranscrire l'atmosphère western, avec des couleurs trop clinquantes. Les personnages ne sont pas développés, et l'histoire met un temps infini à démarrer. Le sujet est seulement effleuré au long de cette centaine de pages, et on referme cet album comme on l'a lu : sans enthousiasme et avec le sentiment que le sujet n'a pas été traité correctement. J'imagine que Cowboys & Envahisseurs aurait eu bien meilleure mine dans un bel album franco-belge (ou italien), mais en attendant, il faut croire que le western n'est plus pour les américains.


ImageImage

Du thriller en Antarctique, l'idée est originale. Les intrigues de Greg Rucka sont plutôt classiques, mais le cadre y apporte tout son sel, et le développement du personnage principal est réussi. Même si le noir et blanc fait qu'on a parfois du mal à reconnaître certains personnages (défaut qui sera atténué dans le deuxième tome), il faut reconnaître que le travail effectué pour donner vie à ce décor atypique est exemplaire, tant les techniques utilisées par Steve Lieber sont fines. Le huis-clos réussit parfaitement à cette série et permet de ne pas l'enfermer dans les clichés. Par contre, la couverture du tome 1 est assez mal choisie, puisque le film avec Kate Beckinsale, descendu par la critique, n'a pas laissé de grands souvenirs.

Image

Quand cette série a commencé en 1999, elle a fait couler pas mal d'encre : le créateur de Babylon V, Joe Michael Straczynski, se lance dans les comics avec une histoire originale que certains iront jusqu'à comparer à Watchmen. Une bonne décennie après, que reste-t-il ? Déjà, le dessin a mal vieilli et ne rend pas justice au scénario : le style Top Cow, avec tous ces clones de Marc Silvestri élevés en batterie, ne colle pas à l'ambiance du récit. Les personnages sans costumes sont trop maladroits, et ce n'est pas le trio de dessinateurs qui aide. Quant au scénario, le concept a été depuis pas mal récupéré (par la série télé Heroes, notamment), et on peut avoir du mal à rentrer dans cette histoire qui semble avoir un goût de déjà-vu. Néanmoins, passés deux ou trois épisodes, on sent que Straczynski a bien travaillé sur ses personnages, qu'ils soient importants ou secondaires, et l'intrigue s'épaissit. Mais que ce soit Keu Cha, Christian Zanier ou Ken Lashley (les différences sont trop minimes pour faire la différence), le graphisme peine beaucoup à servir le récit, sauf lorsqu'il s'agit de combats entre personnages costumés. La colorisation ne fait pas dans la sobriété, mais reste suffisamment cohérente. Un premier tome qui part vraiment bien au niveau de l'histoire, mais qui demande quand même au lecteur de s'accrocher en raison de dessins souvent décalés.

Image

Le grand événement Secret Invasion n'a pas été apprécié par tout le monde, mais force est de reconnaître que certains récits annexes sont bien réussis. Dans ces numéros hors série, Deadpool succède aux Quatre Fantastiques, aux Jeunes Vengeurs, aux Fugitifs et à Thor. Petite particularité : Daniel Way ne propose pas une mini-série, mais bien le début d'une nouvelle série régulière. Dans ces trois épisodes, le mercenaire disert commence par attaquer un vaisseau skrull (sous-entendu : il va buter à peu près tout le monde) dans un stade avant de pactiser avec l'ennemi. On retrouve les ingrédients qui font le succès de Deadpool : ses personnalités cartoonesques en conflit, ses blagues foireuses et sa propension à tuer sans compromis. On a donc un récit d'un niveau sympathique où on ne s'ennuie pas, et où les dessins servent correctement le récit. Un bon début de série, même si le côté sérieux est assez absent.

ImageImageImage

Le rebounch de l'univers DC est enfin disponible en français, et en kiosques à travers cette sélection de 12 séries. Si les changements effectués sur la continuité de Batman et Green Lantern ne sont pas encore très visibles, c'est bien dans DC Saga que les choses se renouvellent.

Bruce Wayne est de nouveau le seul Batman, et doit apprendre à travailler avec le dernier Robin en date, son fils Damian. C'est à peu près le seul changement qu'on peut noter, le reste étant dans la droite lignée des sagas précédentes, avec un début tout à fait accessible aux néophytes.

Pour Green Lantern, aucun changement visible : Hal Jordan est obligé de réapprendre à vivre comme un homme normal après avoir été destitué de son rôle de Green Lantern à la fin de la série précédente. Les autres Green Lantern terriens sont toujours là, de même que les autres corps de Lanterns. Le rédactionnel est de toute façon présent pour expliquer l'historique des séries Green Lantern.

Les changements les plus notables sont dans DC Saga. Si Flash/Barry Allen n'est que peu impacté (à part son mariage avec Iris West qui n'a jamais existé), on assiste aux événements qui vont former la Justice League 5 ans dans le passé, et les premiers contacts entre les héros sont plutôt houleux. Le premier épisode de Supergirl nous narre son arrivée sur Terre, et l'épisode de Superman dévoile le nouveau visage de l'univers du héros (qui n'a jamais été marié non plus), plus sombre.

Un épisode par série, c'est bien peu pour juger vraiment de la qualité de sagas à suivre. Graphiquement, ça tient bien la route, rien à redire. Pour le scénario, ce n'est qu'une mise en bouche : la plupart des séries démarrent très bien, avec un bémol pour Red Lanterns, Supergirl et Batgirl qui semblent pour l'instant être les moins intéressantes du lot. Le cas Superman est un peu à part, car si le début est intrigant, il y a encore quelque chose qui semble coincer, mais de là à pouvoir dire ce que c'est... Réponse au prochain numéro, peut-être.

Dernier bémol : le prix est un peu trop élevé pour le nombre de pages, et une série en plus par magazine ne serait pas superflue. Ne serait-ce que Shazam dans DC Saga, ça me comblerait.

Image

Les WildCATs étaient la première équipe de super-héros de l'univers Wildstorm, créé par Jim Lee. Leur succès premier leur a valu des séries dérivées et des crossovers inter-compagnies (notamment WildCATs/X-Men et JLA/WildCATs), puis la guerre de ces hybrides humains-Kherubim contre les Daemonites s'est achevée au bout de 50 numéros. Ces soldats sans guerre ont ensuite eu droit à la série Wildcats, qui s'est cherchée avant de trouver sa voie sous les scénarios de Joe Casey : de rares combats, et des affrontements plus politiques et économiques tandis que l'androïde/super-héros anciennement nommé Spartan (et devenu Jack Marlowe) a perdu de son humanité en faisant fructifier son héritage.

Cette nouvelle série est dans la droite lignée de la précédente : le genre super-héros est assez loin, et la manière pour Jack Marlowe de sauver le monde est de le faire de manière industrielle. L'économie, l'espionnage et les nouvelles énergies sont au centre du récit, et c'est assez original. Cet univers de super-barbouzes se métamorphose encore, montrant plus d'ambition que jamais. Même si les dessins de Dustin Nguyen ne sont pas très expressifs, ils collent plutôt bien au récit tout en rappelant un peu le style de Travis Charest, dessinateur emblématique de cette équipe devenue non-équipe puis corporation. Un traitement intelligent du post-super-héroïsme.

ImageImageImage

Un peu de vieillerie avec ce crossover d'époque, qui impactait tous les titres de l'univers Wildstorm. Après un combat contre Stormwatch (pour une raison pas franchement explicitée), les WildCATs doivent s'allier avec le criminel Daemonite Hightower pour retrouver les clés d'un vaisseau Daemonite qui attire les convoitises. On a donc des alliances qui se font et se défont au fil des péripéties et des très nombreux combats. Pour ceux qui veulent suivre la première partie de l'histoire de l'univers Wildstorm, ce crossover explique pas mal de choses : le retour d'Helspont, la création de la série Grifter et son départ des WildCATs, la création d'une deuxième équipe de WildCATs, etc. Après, oui, ça a vieilli et ça vole pas franchement haut, la part belle étant faite à l'action. Les dessins sont très disparates, donc ce n'est pas très homogène. Après, il faut aimer le style et avoir la nostalgie des Gen13, Deathblow, Backlash et autres, mais même si c'est un peu poussif au début, ça se lit sans déplaisir, malgré les affreux choix de traductions avec des personnages qui parlent tous comme des roturiers.

mercredi 9 mai 2012

Vengeance, rassemblement !

Ce billet vengeur vous est présenté par l'homme-mystère, interprété par Robert Blake dans le film Lost Highway de David Lynch. Si vous avez bon goût, regardez-le, mais n'oubliez pas qu'il faut réfléchir.






Les envois de Forgotten Generation 2 vont pouvoir enfin commencer, et c'est cool. La nouvelle de la sortie du zine a été relayée, c'est cool aussi, mais il se trouve qu'une information de taille a été négligée dans pas mal de cas. Mais faisons les choses dans l'ordre.

Le 25 avril, il y a eu une petite sortie cinématographique nommée Avengers.

La très attendue adaptation de la célèbre BD (connue en France sous le nom Les Vengeurs) est enfin arrivée sur nos écrans, et c'était bien sympa. Bon, évidemment, il ne faut absolument pas s'attendre à un film d'auteur ni à un scénario très complexe. Les mécanismes sont plutôt simples, mais ça fonctionne.

Par contre, les puristes et accros de la chronologie vont avoir du mal : l'équipe est liée au SHIELD, les ennemis sont les Chitauris (menés par Loki), et certains personnages ne sont pas présents. Pour faire simple, on va dire que c'est une sorte de fusion entre le premier numéro d'Avengers (1963) et la première saison de The Ultimates (2001 à 2003). C'est aussi la raison pour laquelle les personnages ne sont pas toujours ceux qu'on a connus à l'époque.

Ainsi, Iron Man (créé par Stan Lee, Larry Lieber, Don Heck et Jack Kirby) a dévoilé son identité (depuis son premier film), comme il l'avait fait il y a une dizaine d'années dans sa série et refait plus récemment aux alentours de Civil War, et comme il en a toujours été dans l'univers Ultimate Marvel. Son armure est très proche de son modèle de 2004 (design par Adi Granov), voire identique. Dans ses premières apparitions, il avait une armure qui faisait boîte de conserve, d'abord en ferraille, puis en or, avant de passer à un design plus "humain" et des couleurs rouge et or. Niveau personnalité, il est très proche de son modèle papier, avec plus d'humour et un peu moins d'alcool.

Thor (adapté par Stan Lee et Jack Kirby) est un dieu sans alter-ego humain (pas de Don Blake, donc), à mi-chemin entre son incarnation Ultimate (sans le côté gourou altermondialiste, mais avec son costume, sa barbe et son côté bourrin) et classique (pour le costume actuel et tout le reste). Son parler n'est pas shakespearien, contrairement au modèle papier.

Captain America (créé par Joe Simon et Jack Kirby) a un costume et un retour à la vie qui évoquent l'univers Ultimate, mais est semblable en tous points à son incarnation classique (à part que dans son film, il combattait l'Hydra, devenue branche scientifique des nazis dirigée par Crâne Rouge). Sauf qu'en 1963, il avait repêché par les Vengeurs qui pourchassaient alors Namor, donc il n'était pas là au début. Mais il est devenu l'âme de l'équipe.

Hulk (créé par Stan Lee et Jack Kirby) a des origines dérivées de sa version Ultimate, puisque Bruce Banner a tenté de recréer le sérum du Super-Soldat de Captain America en y ajoutant des rayons gamma. Pour le reste, on est bien en face de son incarnation classique (et pas de la vision d'Ang Lee). Etait là dès le début avant de se faire virer.

Black Widow (La Veuve Noire, créée par Stan Lee, Don Rico et Don Heck) est ici agent du SHIELD, même si elle révèle un passé plus trouble. On se retrouve donc plus avec son passé d'Ultimates. Normal, son passé d'espionne soviétique voulant voler les secret de Stark pour l'URSS est de toute façon passé de mode. Arrivée bien plus tard dans l'équipe, pour cause de nationalité russe.

Hawkeye (Œil de Faucon, créé par Stan Lee et Don Heck) est pareillement agent du SHIELD, comme dans Ultimates, d'où il sort son costume. Entiché de la Veuve comme son incarnation classique, il n'a cependant jamais travaillé pour elle à voler les secrets de Stark, et n'a pas le penchant violent de son incarnation Ultimate. Arrivé dans la deuxième incarnation de l'équipe.

Nick Fury (créé par Stan Lee et Jack Kirby) est ici dans son incarnation Ultimate à fond (à part peut-être le fait qu'il n'a jamais subi d'expériences secrètes de la part de l'armée). Il commande le SHIELD et se méfie des surhommes, toujours avec ses secrets. N'a normalement rien à voir avec les Vengeurs, mais a rassemblé les Ultimates dans l'univers Ultimate (et les Vengeurs dans la version Heroes Reborn et le film Ultimate Avengers).

Bien sûr, certains s'offusqueront de ne pas voir ni la Guêpe, ni Giant Man/Ant-Man/Goliath/Yellowjacket (Hank Pym, quoi !), même si la rumeur d'une adaptation par Edgar Wright (à qui l'on doit les très réussis Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Scott Pilgrim) est toujours présente. De même, l'absence de quelques figures de proue du SHIELD peut désorienter : les anciens Howling Commandos de Fury, dans l'univers Marvel, ont bien été portés à l'écran dans Captain America - The First Avenger, mais en tant que soldats et sans Nick Fury (donc on imagine bien qu'ils sont tous morts près de sept décennies plus tard). On retrouve donc l'agent Phil Coulson (créé pour le cinéma et introduit dans le premier film Iron Man) et Maria Hill, seconde de Fury, introduite dans New Avengers et successivement commandante du SHIELD, bras droit de Tony Stark à la direction du SHIELD, puis fugitive.

L'équipe choisie pour le film est donc un bon compromis. Quant à ceux qui pensent s'y connaître juste par les films, rappelez-vous que ce ne sont que des adaptations de séries BD qui courent sur plusieurs décennies. Rien que pour Avengers, il y a plusieurs adaptations depuis 1990 : Avengers - United They Stand (adaptation flashy, enfantine et avec des armures d'une équipe composée de la Guêpe, Ant-Man, Scarlet Witch, Vision, Wonder Man, le Faucon, Hawkeye et Tigra), Ultimate Avengers 1 & 2 (films d'animation basés sur la première saison d'Ultimates, en rajoutant des éléments de l'univers classique et en édulcorant beaucoup le propos de base) et Avengers - Earth's Mightiest Heroes (mélangeant des éléments des films Marvel et de l'univers classique, pour un résultat flashy et trop souvent enfantin). Les héros ont aussi eu droit individuellement à plusieurs adaptations : Iron Man - The Animated Series (où le héros est entouré d'une partie des West Coast Avengers, et ça a très mal vieilli),  Hulk - The Animated Series (avec Hulk, accompagné de Rick Jones, fuyant l'armée et combattant des monstres - c'est assez dans l'esprit), Hulk (film bancal réalisé par Ang Lee, s'éloignant pas mal des racines BD), Iron Man - Armored Adventures (où Tony Stark et ses amis sont jeunes - la série est pourtant plutôt bonne malgré l'idée de départ incongrue), Captain America (film réalisé par Albert Pyun et produit par Golan-Globus, une adaptation où Crâne Rouge est italien - idéal pour une soirée nanar), et si ça se trouve j'en oublie.

Puis il y a ceux qui tentent de capitaliser sur le film, en créant une BD s'en rapprochant pas mal. Parmi ces gens, il y a mon illustre personne.

Eh oui, l'opportunité est trop belle pour ne pas la saisir, aussi pourquoi ne pas associer les personnages que nous publions sous l'égide de Forgotten Generation pour rendre hommage à cette équipe qui a bercé la jeunesse de tant de gens, dont la nôtre ?

L'objectif, en écrivant le scénario du webcomic Esprit Vengeur, n'était pas de copier le film Avengers ni de tromper les gens sur la marchandise. Bien sûr, il y a quand même l'idée de prendre la vague au moment opportun pour faire découvrir à de nouveaux lecteurs notre cheptel de héros. Le titre résume l'intention : faire une BD dans l'esprit des Vengeurs.

La composition de l'équipe rend hommage à celle du film en apparence, puisque nous avons choisi de représenter les archétypes :

-Captain America, surnommé la Sentinelle de la Liberté, a ce côté patriotique qui a servi d'inspiration pour Sentinel, qui est un hommage de type méta-comics au super-héroïsme dans son entier. Quel autre personnage pouvait prétendre remplir ce rôle ? Le choix a donc été évident dès le départ, surtout que Sentinel est un des piliers du fanzine Forgotten Generation depuis ses débuts. La grande différence, c'est que ce personnage est aussi puissant que tous les autres réunis.

-Thor ne pouvait avoir d'équivalent que lui-même. C'est donc Thorr, dieu des mythes scandinaves, qui était tout choisi. Cependant, là où le Thor marvellien est un vrai super-héros, Thorr est une représentation fidèle du mythe ; c'est donc un guerrier d'Asgard dans toute sa brutalité.

-Iron Man est l'incarnation du génie technologique. Cyber-Shield l'est aussi dans le BAW Universe, avec cependant un penchant plus sombre et plus holmesien, plus scientifique et beaucoup moins public.

-Hawkeye est un archer humain. Trouver un équivalent s'est avéré plutôt difficile, car nous n'avions pas d'archer en stock. Qu'à cela ne tienne, nous avons sélectionné Midnight, le ninja de World Justice. On peut y voir un hommage plus appuyé aux comics, puisque Hawkeye avait comme partenaire l'épéiste Swordsman (qui se trouve être un de mes personnages préférés des Vengeurs version Heroes Reborn), et a même manié le katana pendant quelques années sous l'identité de Ronin.

-Hulk est l'incarnation de la force physique. Parmi nos personnages, seul Smasher a ce profil, et sa création était déjà un hommage au colosse de jade (mais aussi à Maul des WildCATs). Au-delà des apparences, Smasher est résolument humain et très intelligent, puisque grand stratège.

-Pour remplacer Black Widow, la tâche était infiniment plus ardue. Il fallait absolument une femme (humaine) dans l'équipe, mais aussi donner un sens au nom "Vengeur". En effet, bien malin qui saura me dire pourquoi l'équipe des héros Marvel s'appelle les Vengeurs... Du coup, décision a été prise de justifier le nom Esprit Vengeur, et devant la pénurie de femmes dans notre écurie, j'ai fouillé dans le domaine public pour exhumer Red Ann, adversaire/alliée de Black Terror. Elle est devenue justicière (et donc hors-la-loi) pour venger la mort de son mari en retrouvant le coupable, mais n'a pas pu se résoudre à le tuer. L'idée de la vengeance était là, et on peut aussi la trouver dans Sentinel.

Chacun des personnages choisis ayant sa propre personnalité, celle-ci a été conservée afin de bien marquer les différences avec le modèle avoué. Chacun de ces héros a un rapport humain avec la vengeance, mais leur côté humain est là pour mieux montrer leur aspect héroïque et iconique.

Ce n'est donc pas une histoire des Vengeurs que vous pourrez lire bientôt, mais une véritable histoire héroïque mettant en scène nos créations dans un contexte commun, ce dont nous avions discuté au moment du New FGU.

Et j'aimerais rajouter quelque chose à propos de la continuité si chère à beaucoup d'entre nous : prenez cette histoire comme elle vient. Ne vous préoccupez pas de savoir à quel moment elle se situe. J'ai pris exemple sur le célèbre Superman VS Spider-Man : les personnages vivent dans le même monde, pas besoin d'explications supplémentaires. Pour ce qui est des répercussions, ce sera à chaque auteur d'en décider, et dans ces cas-là, je renvoie aux œuvres de Leiji Matsumoto en ce qui concerne les différentes continuités et leurs éléments de convergence et de divergence. L'histoire est complète et est là pour ce qu'elle est.

Pour des infos complémentaires, je vous renvoie au site de Forgotten Generation :

http://forgottengeneration-news.blogspot.fr/2012/05/esprit-vengeur-en-couleurs.html


(couverture d'Esprit Vengeur, dessinée par mes soins et colorisée par Bruce Cherin)

samedi 12 février 2011

Tir groupé French Comics, première salve

La critique d'un French Comic (BD française composée selon les codes de la BD américaine) n'est pas chose aisée, surtout quand on a des échanges avec les auteurs de temps en temps, et que certaines personnes ont tôt fait de monter sur leurs grands chevaux pour défendre ce médium contre toute menace (même si des fois, c'est très légitime). En plus, je fais moi aussi du French Comics (certes pas au même niveau), alors on pourrait me reprocher un manque d'objectivité, tout ça... Mais qu'importe ! Je donne de mon temps et de mon argent pour vous livrer une critique constructive et relativement objective de quelques-uns de ces étranges fascicules, et vous en livrer mes impressions :

Hum, cela vous semble relativement peu comics et plutôt franco-belge dans l'esprit ? C'est exact, puisque Spermag est une publication consacrée à la parodie de super-héros, passant le genre à la moulinette du graveleux. Les dessins et les couleurs sont réussis, et scénaristiquement, ben... comment dire ? Ce n'est pas très philosophique, et ça ne prétend pas l'être. C'est distrayant, mais pas hilarant. Finalement, le petit plus de cette publication de l'association Phylactères est de mêler au super-héros la gaudriole française, même si je n'ai pas trouvé ça encore très abouti, mais on verra pour la suite.








Avec Bayou Girl, on entre vraiment dans le vif du sujet, puisque d'emblée, on est en terrain connu : un logo ressemblant à s'y méprendre à celui de Witchblade (hommage ? Coïncidence ?), une nana presque à poil façon Top Cow, ça fleure bon les années 90 ! Et effectivement, c'est assumé de la part du scénariste Edmond Tourriol, qui voulait faire un comic-book façon Brian Pulido (le fondateur des défunts Chaos! Comics). Le pari est presque joué, même si le dessin (en noir et blanc) est encore perfectible. Mais le problème, c'est qu'il s'agit... d'un numéro 0 ! Si aux USA, la pratique était assez répandue et même de nos jours, la BD ne comporte que peu de pages, et c'est bien dommage. On a juste l'origine de Bayou Girl, c'est rapide, sans temps mort, mais c'est tout. Je ne pense pas là non plus que la philosophie ait été au centre des préoccupations, mais l'idée de base (pas dénuée d'originalité) aurait mérité un peu plus d'approfondissement... ou alors un numéro 1 ensuite, mais depuis le temps, je crois que ça n'est plus d'actualité. Tentative sympa malgré tout.

On continue avec l'encreur de Bayou Girl, Anthony Dugenest, passé cette fois aux commandes du scénario (avec Ludivine Geslot) et de toute la partie graphique de Skys. Là, on a droit à un numéro preview, qui rappelle bien les parutions Aspen Comics du défunt Michael Turner, dont l'influence est bien manifeste sur le dessin, ce qui n'est pas un défaut. Malheureusement, le concept du preview craint un peu : déçu par la brièveté de Bayou Girl, j'ai le regret de constater que ce numéro n'offre que 6 pages de BD (en fait, une narration sur fond de dessins, mais ça reste de la BD) offrant quelques indications sur l'univers de Skys... même si le rédactionnel est beaucoup plus loquace là-dessus. La BD est une suite d'images présentant décors et personnages de Skys, avec une narration plus ou moins liée, donc très peu informative. Au moins, les dessins sont jolis, mais une véritable histoire, même courte, impliquant des personnages, aurait été plus appropriée pour accrocher le lecteur. Dommage, donc...


Pour en finir avec les parutions Wanga pour le moment, voici les Nouveaux Gardiens, du super-héros mêlé à de la télé-réalité, mélange qui a déjà produit de bons résultats, et fonctionne bien ici. Ce numéro 1 souffre seulement d'un goût de trop peu : le scénario envoie des pistes plutôt intéressantes, mais ne les développe pas encore assez. On peut penser que tout cela sera fait dans le numéro 2. En tout cas, un French Comic qui affiche son identité (avec le trait épuré mais efficace de Vincent Maria, couplé à une bonne colorisation) grâce à une bonne histoire malheureusement un poil courte. Mais bon, attendons le numéro 2, qui promet de très bonnes choses encore. Un titre à suivre.






Et maintenant, bouclons la boucle avec un autre titre de Phylactères, Bertrand Keuftérian. Metz envahie par des extraterrestres, de la télé partout, le postulat est original, et le héros aussi (pour une histoire SF, en particulier). Ici, on apprend vite tout ce qu'il y a à savoir sur cet univers, et les personnages ne sont pas en reste, même si sur la fin, ce n'est pas aussi bien géré (à voir avec le numéro 2). Cependant, le scénario est alléchant, et le graphisme souvent flatteur (sauf pour quelques scènes où les personnages sont un peu ratés). Rendez-vous est pris pour le deuxième numéro, où  notre sympathique Bertrand aura encore quelques ennuis... pour notre plus grand plaisir ! Et ne laissez personne vous dire que la fin du monde n'est pas télégénique.