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samedi 29 janvier 2022

Aventures Fiction, l'histoire oubliée de 2012-2013

 

En l'espace de quelques années, on a vu renaître pas mal de grands noms des revues comics et associées -  je vous renvoie à mon dernier article consacré à Strange. Ainsi, on a vu défiler Etranges Aventures, Futura, Mustang, et plus récemment Fantask (un mook sur la pop culture). Aussi, je me suis dit, dans ma tête de 10 ans de moins : pourquoi je ne relancerais pas un ancien titre à mon tour ? (pour info, ce n'est pas aussi simple)

En 2012, alors que je rédigeais mes premières traductions professionnelles, j'ai revu Jean Depelley, scénariste, écrivain, journaliste et traducteur, notamment pour deux revues que j'appréciais particulièrement : Golden Comics et Golden Titans. Dites-vous bien qu'à l'époque où ces revues paraissaient, soit entre 2009 et 2010, c'était alors le seul moyen de lire des comics du domaine public en français, avant que le créneau ne devienne porteur parmi les petits éditeurs. Dites-vous bien que sans Golden Comics, Jean Depelley et Fred Treglia, l'homme derrière tout ça, l'engouement pour les comics oubliés n'aurait jamais pris autant. Aurait-on eu The Green Claw dans Forgotten Generation 0 ? Disons que les grands esprits se sont rencontrés. Mais je digresse.

Ce soir de la fin de l'automne 2012 (presque l'hiver), nous avons passé des heures à discuter avec Jean, et je me suis dit en mon for intérieur : et si c'était moi, via Arcadia Graphic Studio, qui sortais les épisodes qui restaient à publier dans Golden Comics et dans Golden Titans ? Malheureusement, on était encore aux débuts de l'association, et nos moyens étaient rudement limités (nous étions loin de pouvoir imprimer en couleurs), donc cette idée a dû être tuée dans l'œuf.

Cependant, l'idée d'une revue dédiée à la traduction a fait son petit bonhomme de chemin, et s'il n'était pas possible de reprendre Mustang (j'avais adhéré à la dernière formule du petit format à l'époque, même si ce n'était pas du goût de tout le monde), j'ai fini par trouver : Aventures Fiction. Aventures Fiction, pour resituer, c'est une revue qui a débuté en 1958 et s'est arrêtée en 1987 après quatre volumes différents, dont les deux premiers étaient dédiés à la publication de séries DC Comics. Pour accueillir des BD de genres différents, le nom n'était pas mal. J'ai même ébauché, un soir, un prototype de couverture en couleurs directes, pas vraiment ma meilleure production. Puis, début 2013, j'ai lâché le projet. C'est alors qu'Antonio Pastucci, alors responsable de Vortex Comix, qui était à l'époque un blog reprenant des comics du domaine public traduits en français, m'a contacté pour me demander s'il pouvait reprendre le titre pour lui-même. Il m'a alors proposé d'écrire une préface, que voici dans son intégralité : 


 Quand Antonio m'a demandé de faire la préface de ce premier opus d'Aventures Fiction « ressuscité », j'ai été à la fois honoré et surpris. Ma seule contribution avait été de donner la permission d'utiliser ce titre sur lequel j'avais mis une option, aussi c'était peu pour justifier un texte de ma part.


Cependant, en y réfléchissant, j'ai pu comprendre ce qui avait motivé mon camarade : nous avons en commun une passion pour le célèbre « âge d'or » des comics, et nous avons chacun de notre côté œuvré pour sortir certains de ces personnages de l'oubli. Et quand je vois le travail accompli par l'équipe de Vortex Comix, je vois que ce jeune label a décidément sa place au sein du « marché de la nostalgie ».


Il faut bien savoir une chose : l'âge d'or des comics est un sujet très vaste recouvrant une période de près de vingt ans, et cette frénésie créative est comme un équivalent de la ruée vers l'or pour le vingtième siècle. Mais parmi ces pionniers, beaucoup ont été oubliés par l'Histoire (tout comme leurs créations). Pensez : la plupart étaient de jeunes gens dont l'objectif était de gagner un peu d'argent avant de pouvoir intégrer des métiers plus « glorieux », comme la publicité. C'est pourquoi il existe un patrimoine si conséquent que son exploration est un travail à plein temps, entre retrouver les fascicules d'époque et identifier le contenu (sans parler de le conserver numériquement).


Ayant bien étudié le sujet depuis plus de cinq ans, je reste pourtant étonné de voir que le sommaire d'Aventures Fiction a comme un goût d'inconnu pour moi : en effet, Red Demon, Nightmare et Wildfire font partie de ces personnages oubliés parmi les personnages devenus orphelins, dont les plus connus sont sans conteste Wonderman (premier « clone » de Superman interdit par National Periodical), Daredevil, Black Terror, Green Lama, Thun'Da... Bref, il reste tant de ces concepts à redécouvrir qu'il est impossible de tout connaître.


Mais bien sûr, partager les aventures antédiluviennes de ces héros n'est qu'un premier pas pour les faire sortir de l'oubli. Pour revenir à leurs créateurs, ceux-ci pouvaient produire en masse sans réellement s'impliquer, et ainsi laisser à l'état d'ébauches des concepts qui auraient pu s'imposer si les conditions avaient été réunies, mais la route de l'âge d'or est pavée d'éphémères maisons d'édition aux publications éparses et d'auteurs souvent très mal renseignés sur leurs droits. De fait, rares sont ceux qui ont réussi à aller au bout de leurs idées.



C'est là, par conséquent, que le travail commence, et que Vortex Comix sortira de l'oubli tous ces héros du néant dans lequel ils avaient disparu.


Maintenant, il est temps de partir pour l'aube de l'héroïsme coloré, en compagnie du trait des regrettés Will Eisner et Frank Frazetta !



Florian R. Guillon (président de l'association Arcadia Graphic Studio, auteur des BD Dark Fates et Esprit Vengeur, traducteur de comics)


 La suite des événements, c'est que cette revue, qui devait avoir cette couverture représentant Wonder Man, n'a jamais vu le jour sous cette forme. Vortex Comix lancera finalement en août 2014 une revue The Legends of the Golden Age en impression à la demande, en petit format, avec le contenu du blog en noir et blanc, à l'exception du troisième et dernier numéro en couleurs, avec Wonder Man en vedette. On ne les trouve plus sur lulu.com depuis quelques années, et Vortex Comix a changé de nom pour devenir Yamraj Comics. Ils publient toujours des comics du domaine public, mais ils réutilisent également les personnages dans de nouvelles aventures. Et avec Arcadia Graphic Studio, on bosse souvent avec eux.

Mais l'Âge d'Or des comics ne s'est pas éteint chez Arcadia pour autant, puisqu'outre deux albums spéciaux consacrés à Black Terror et à Barry Kuda, Jane Drake, Spider Queen, Ghost Woman, Strongman, The Lynx et Red Panther sont passés par les pages de Forgotten Generation et Forgotten Generation Extra. Et ce n'est pas fini. 

Et qu'est devenu Aventures Fiction, dans tout ça ? Eh bien, c'est tout simplement devenu le nom du podcast de Xavier Fournier, des émissions passionnantes sur les comics et ceux qui les font.


mercredi 12 novembre 2014

La rentrée du 22 octobre


Il est bel et bien arrivé, tout beau, tout frais ! On en a bavé des ronds de chapeau, mais ça en valait la peine ! L'ennui, c'est juste qu'on décaler le prochain à janvier, mais bon...

Comme je suis grand et magnanime, je vous offre la page de résumé de Dark Fates en cadeau.
Voilà, maintenant vous pouvez démarrer ce nouveau cycle en toute sécurité, ce qui ne vous empêche nullement d'acheter les anciens numéros tant qu'ils sont encore disponibles sur l'Arcadia Store.

Et un petit jeu : un personnage Marvel se cache dans une image de la page de résumé. Saurez-vous l'identifier ?

Question bonus : un personnage de l'adaptation ciné d'une BD très violente est présent sur la version complète d'une autre image. Trouverez-vous ?

Oui, il y a peut-être quelque chose à gagner...

mercredi 9 janvier 2013

L'âge merveilleux de moi

 Eh bien oui, ça y est, les numéros 5 de l'Âge Merveilleux SF/Western sont sortis ! Le truc, c'est qu'ils sont traduits avec soin, goût, amour et tendresse.

La preuve : c'est moi qui les ai traduits !

Bref, si vous voulez une bonne rasade de comics du Golden Age au charme certain, achetez ces revues ! Et si vous voulez de l'inédit de chez inédit, procurez-vous l'Âge merveilleux des Comics 5, avec une aventure inédite d'Amazing Man par John Favre et Fred Grivaud !

http://journalfanscomics.unblog.fr/


jeudi 6 décembre 2012

Lectures pré-hivernales


D'emblée, il faut préciser que c'est le Batman pré-reboot, ce qui change peu de choses, si ce n'est que c'est la période où Dick Grayson est le Batman de Gotham City, après la fondation par Bruce Wayne de Batman Incorporated. Sinon, l'histoire en elle-même se passe de faire des recherches, puisqu'elle est complète et auto-contenue. On revient sur l'histoire de ces immigrants qui ont bâti Gotham à la fin du XIXè siècle, et on découvre en parallèle l'histoire de la ville et celle des ancêtres Wayne, Cobblepot et Elliott, soit une bonne occasion d'apprécier toutes les références de la série Batman actuelle avec le même scénariste. On se penchera plus sur les intrigues du passé que sur les motivations de l'ennemi, qui sont somme toute plutôt prévisibles. Le graphisme est juste, pas d'extravagances ni de détails abondants, le trait est clair, dynamique et très lisible. La colorisation est à l'avenant, ni trop sombre ni trop claire. Au final, un récit complet très plaisant à ajouter au palmarès de Scott Snyder.










Là, pour le coup, c'est toute la partie graphique qui met sur le derrière. JH Williams III offre des planches vraiment superbes, très travaillées, et usant de multiples techniques et de mises en page inventives. Quand la rétine est aussi flattée, on a bien peur que le scénario ne suive pas. Il s'avère que Greg Rucka met en place de bons éléments que Williams et W. Haden Blackman reprennent intelligemment. On se prend à suivre l'itinéraire de Kate Kane et ses combats avec intérêt, le personnage étant assez bien écrit. Cependant, on peut se demander si ces premières intrigues résolues, l'intérêt restera. Mais pour l'instant, on a deux bons albums aux dessins vraiment superbes, ce qui est déjà bien. Une bonne surprise que cette série.
 




Autre surprise, mais dans un genre différent. Dans les années 1980, la première série dérivée des X-Men avait droit à un traitement particulier. Si le scénario était signé Chris Claremont, soit l'éminence grise des mutants pendant longtemps, le dessin était de Bill Sienkiewicz, au style assez éloigné des artistes en vogue de l'époque, et surtout le dernier qu'on aurait imaginé sur New Mutants. Et pourtant, l'alchimie prenait bien ! Les épisodes recueillis dans ce numéro confrontent Danielle Moonstar à l'Ours-Démon qui a tué sa famille, dans un triptyque haletant où le style nerveux et schématique de Sienkiewicz fait des merveilles. Les épisodes suivants ne sont pas en reste et s'intéressent aux filles de l'Institut, dont la soirée pyjama prend une tournure particulière. J'ai beau considérer que Chris Claremont est désormais loin de ses heures de gloire, il savait encore écrire intelligemment à l'époque et rendre vraiment vivants les jeunes mutants sans recourir aux artifices dont il a abusé ces dernières années. Le duo Claremont/Sienkiewicz donne du corps à l'histoire sans faire d'excès, et trouve le ton juste. Seule chose à regretter : la colorisation trop flashy sur du papier glacé.
 

Iron Man propulsé à travers le temps pour retrouver les pièces de la machine temporelle de Fatalis et empêcher la destruction du monde par le Phénix. On s'amusera de cette évocation des comics Marvel à travers les âges et de l'évolution d'Iron Man. Un récit sans prétention ni impact, mais susceptible de plaire à tous.

D'une vague à l'autre, Marvel fait du surf, sans parfois réussir à tenir sur sa planche. On a vu les labels Marvel Manga, Tsunami et Tech, entre autres, vite enterrés devant le peu de succès et de qualité proposée... Avec X Men Noir, c'est Fred Van Lente qui se colle à la réinvention des mutants à la sauce Grande Dépression. Si l'histoire de Spider-Man (qui a lancé le label) était relativement convenue, le parti pris est ici différent : les X Men sont un groupe de sociopathes entraînés par Charles Xavier, et la Confrérie est le plus grand cercle de crime organisé de New York, où siège le détective en chef Erik Lehnsher. Entre les deux, on suit l'évolution de Pietro, son fils, et de Thomas Halloway, le vigilant costumé surnommé l'Ange, tous deux lancés sur la piste de la mort mystérieuse de Jean Grey.

Pas de pouvoirs, que du noir. Dennis Callero rend superbement l'ambiance de cette enquête qui multiplie les personnages et les faux-semblants jusqu'à la confusion, même si on finit par s'y retrouver à la fin. Ceux qui sont réfractaires à cette ambiance, par contre, s'offusqueront de voir leurs personnages bien-aimés ainsi transformés et anti-héroïques à souhaits. Les autres se plongeront plus facilement dans ces deux récits (quatre, si on compte les bonus : Les Sentinelles et L'arme X) qui ont le mérite d'aller chercher leur originalité plus loin que dans la parabole du combat pour l'égalité et les voyages temporelles.





Il y a sept-huit ans, le moribond Captain America était repris en main par le brillant scénariste Ed Brubaker, qui a redonné au héros étoilé des aventures dignes de ce nom sur fond d'espionnage international. Depuis, on lui doit le retour de Bucky, le jeune acolyte du Captain pendant la Seconde Guerre Mondiale dont le deuil a été porté pendant de longues années. Encore mieux : quitte à commettre un sacrilège, Brubaker en a fait le Winter Soldier, agent secret à la solde des Soviets pendant la Guerre Froide ! Après, Bucky a retrouvé la mémoire, est devenu Captain America à la place de son ami Steve Rogers lors de la mort présumée de ce dernier, et a été jugé pour ses crimes. Le récit qui nous intéresse ici est la première saga de la série Captain America & Bucky, située pendant la guerre, et qui lève le voile sur les origines du petit équipier suite aux révélations de ces dernières années. Et non, c'était pas un tendre... Chris Samnee illustre avec brio les différentes situations, passées, présentes, tendues, calmes, explosives, sans jamais faillir, avec un brin d'encrage rétro. Moi qui m'attendais simplement à des histoires un peu génériques de Captain America pendant la Guerre, j'ai été très agréablement surpris. Le récit est bien centré sur Bucky et met en lumière à travers ses yeux des éléments encore inconnus de cette époque lointaine. Soyons direct : ce sont les meilleurs épisodes du patriote publiés depuis plusieurs mois.

Et puisque nous sommes dans les années de guerre, compléter cette lecture avec Le Projet Marvels est loin d'être idiot : même scénariste, trame très proche mais plus thriller que super-héroïque. Ce copieux album retrace les premières années de l'univers Marvel sous un angle cohérent, à travers le regard des héros qui les ont vécues. En un sens, ça rappelle un peu le superbe Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross, sauf que les témoins de l'époque sont aussi acteurs. Les dessins de Steve Epting sont réalistes, appropriés au récit qui traite moins de merveilleux que de course au super-soldat et d'intrigues politiques. Mais d'un autre côté, le traitement un peu "clinique" de l'époque est aussi un défaut, puisque le lecteur se sent moins proche des personnages dépeints (au contraire de Marvels qui était au niveau de l'homme de la rue et de son rapport au merveilleux). C'est finalement assez documentaire. C'est quand même bien fichu, ça approfondit des éléments apportés ces dernières années, mais il manque un peu de quelque chose.

 Après des années de sevrage niveau Star Wars, à l'exception des hors série du magazine et de l'album Mondes infernaux, j'ai décidé de craquer sur cet ultime numéro de La saga en BD, pensant avoir affaire à un baroud d'honneur (et voulant aussi lire le dossier). Quatre récits complets : une comédie signée Sergio Aragonès, sympathique, un épisode sympa aussi où Lando Calrissian gagne sa Cité des Nuages, un récit sur un gardien de Nerfs rappelant Luke Skywalker (et dessiné par Francisco Herreira), sans plus, et un très bel épisode peint sur le Sarlaac. Pas de grandes ambitions. Quand au dossier sur l'Empire Écarlate, ouille ! Juste une présentation d'un personnage par page, sans approfondissement sur les origines de cette saga, ses rapports avec les autres, etc. Un seul mot : déception. Certes, l'amateur de la saga de George Lucas y trouvera son compte, mais ça ne vole pas très haut, surtout pour un dernier numéro... A noter que le magazine sera relancé en janvier 2013 sous le nom Star Wars Comics Magazine (mais quoi que pour ?). Espérons juste que cette fois, le sommaire sera beaucoup plus solide.

Et un petit album franco-belge pour finir, avec le quatrième tome de Kaamelott. L'écriture d'Alexandre Astier s'affine, on retrouve l'esprit de la série, mais le dessin de Steven Dupré est un peu problématique. On oscille entre trop réaliste et trop caricatural (Lancelot est l'exemple le plus probant de cette dichotomie), voire fade sur certains visages connus, et ça manque de dynamisme. Pourtant, certaines planches sont vraiment très réussies, notamment la première (les enfants au bord de la rivière, belle mise en scène et belles couleurs). Et le dragon est aussi une grande réussite. Finalement, on est pris dans le récit aux situations absurdes, où Perceval décide de partir en quête flanqué de son nouvel équipier, un furet de combat, sur les traces d'un Lancelot dont le côté antipathique ressort à quelques occasions. Il va de soi, toutefois, que cette BD reste destinée aux fans de la série télé. Les néophytes ou détracteurs, non, c'est pas pour eux...

lundi 9 avril 2012

Critiques d'attente

Eh bien oui, j'ai pas posté depuis plusieurs jours, pourquoi ? Parce que j'attends une formation qui devait être imminente et ne le sera sûrement pas tant que ça. J'attends aussi le bon à tirer de Forgotten Generation 2, qui devait arriver la semaine dernière. Du coup, je tue le temps en lisant.


 Fabrice Sapolsky, co-auteur de Spider-Man Noir, se lance dans l'édition et dans une nouvelle BD en solo. Il est accompagné par Tom Lyle aux dessins, une référence pour pas mal de fans de comics puisqu'il a signé pas mal d'épisodes de Spider-Man et de Robin dans les années 1990, avant de disparaître des radars. L'intrigue est assez originale : une boîte noire offerte au premier président des USA est retrouvée, et pourrait receler des secrets d'Etat. Le conservateur en charge se retrouve donc au milieu d'une affaire sensible, accompagné d'une journaliste et d'un pirate informatique.

L'ennui, c'est que les personnages sont grossièrement développés et ne suscitent pas d'empathie. Les dialogues sont quelconques, et même le graphisme, bien que réussi, n'est pas exceptionnel. Le scénario, cependant, se laisse suivre, mais certains rebondissements sont clairement téléphonés. Alors oui, ce titre aurait pu être très bon si seulement les personnages, les dialogues et les rebondissements avaient bénéficié de plus de soin pour que l'intrigue (plutôt pas mal trouvée) soit vraiment prenante. Quant à la fin de l'album, elle ne rattrape rien. On s'attendait donc à mieux de la part de celui qui a étoffé Spider-Man Noir... Autre défaut très désagréable : le nombre de fautes laisse à penser que l'ouvrage n'a pas été relu par un correcteur...

 Encore une nouvelle série pour la Panthère Noire, le roi du Wakanda ! A croire qu'il peine à convaincre le lectorat sur la durée, en particulier en France (voir sa diffusion erratique depuis 10 ans)... Mais là, c'est un nouveau départ qui réinstalle le personnage dans une nouvelle optique : suite aux événements de Doomwar, T'Challa/la Panthère Noire n'est plus le roi de son pays et a détruit sa principale richesse, le vibranium ; il n'est même plus investi du pouvoir de la Panthère. Bon, il reste quand même plus puissant que la moyenne... Son ami Matt Murdock, plus connu sous le nom de Daredevil, a traversé une mauvaise passe pendant laquelle son identité secrète a été rendue publique, ses amis menacés de mort, et lui-même devenu caïd du crime de Hell's Kitchen, chef de la secte ninja La Main sous l'emprise d'un démon... Bref, après tout ça, Murdock doit laisser de côté la lutte contre le crime pendant quelque temps afin de se retrouver, et offre à T'Challa l'opportunité d'en faire de même en lui proposant sa place en tant que protecteur de Hell's Kitchen.

Vu comme ça, ça paraît bordélique, mais en fait c'est vachement limpide : pas besoin d'avoir lu Daredevil, Doomwar ou autre pour s'y retrouver. Ici, on se retrouve dans une situation nouvelle, où la Panthère doit combattre le crime dans les rues comme un simple vigilant sans pouvoirs. Heureusement, il lui reste son intelligence, et quelques alliés (même s'il préfère bosser seul) : Spider-Man, Luke Cage, et aussi Tornade, sa femme.

Ce copieux album est une bonne surprise. Alors bon, la couverture sublime ne reflète pas l'intérieur, mais le scénario est bon, ménageant suffisamment de rebondissements, de bons dialogues et des intrigues prenantes. Le personnage est bien caractérisé, avec tout ce qu'il faut comme défauts pour contrebalancer ses qualités, et les quelques invités ne tombent pas comme un cheveu sur la soupe. L'auteur sait tirer parti du potentiel de la Panthère Noire à New York, et si on reste proche de Daredevil dans l'esprit, les différences sont quand même nombreuses et la série justifiée. Le dessin, maintenant, est adapté au récit sombre et aux bas-fonds de New York. On a vu mieux, mais ça porte bien le récit. En résumé, donc, un bon album qui plaira aux amateurs de justiciers urbains et humains.


Après la lecture de Black Box, et sous l'impulsion du jeu Spider-Man Dimensions, je me suis replongé dans la première BD de Fabrice Sapolsky, co-scénarisée par David Hine. Alors oui, on peut se dire que c'est une énième réinvention du personnage, un rabâchage inutile, encore un truc pour se faire du fric facile... Mais dès la lecture entamée, on se rend compte que le travail sur la Grande Dépression a été bien réalisé : le contexte géopolitique est très bien mis en avant, et c'est ainsi que la plupart des différences coulent de source. Peter Parker est l'idéaliste malingre qui ramènera Ben Urich, journaliste, sur la voie de l'intégrité, et sa mission journalistique le verra devenir Spider-Man, vigilant qui n'aura de cesse de combattre le système corrompu par la pègre et le gang du Bouffon.

Dans le deuxième tome, il affrontera les conséquences d'une pensée politique émergente, alors que le parti nazi a déjà pris le pouvoir en Allemagne.

Bon, il va sans dire qu'il n'y a pas besoin d'avoir lu du Spider-Man avant pour apprécier ces récits. Le duo Hine/Sapolsky tisse un univers riche, tandis que le dessinateur Carmine Di Giandomenico tâche de le mettre en images aussi bien que possible. Cependant, son style n'est pas des plus adaptés à l'ambiance développée, et la colorisation est trop flashy (une palette plus proche de celle utilisée dans le jeu Spider-Man Dimensions aurait été plus appropriée). De plus, les lois stupides des USA ne permettent pas de représenter la réalité des clubs de l'époque : le Black Cat est ainsi exempt de toute cigarette ! Mais on fait rapidement fi de ces détails pour plonger dans le récit. Deux des meilleures histoires de Spider-Man de ces dernières années.



Un nouvel univers DC, où quelques héros du cru côtoient les grands héros du pulp ou autres proto-héros. Une expérience dont le succès aux USA a été mitigé, et à l'heure où Dargaud a récupéré les droits de DC pour la France, c'est Ankama qui, contre toute attente, publie First Wave. A part le lettrage et la maquette intérieure, on croirait que l'ouvrage sort des rotatives de Panini. Donc, pas de souci pour la qualité d'édition.

Côté personnages, on retrouve la version primitive de Batman, avec ses armes de feu, ainsi que Doc Savage, le Spirit, le Vengeur, les Blackhawks et Rima. On commence l'album par Batman/Doc Savage, où l'Homme de Bronze arrive à Gotham City, sous les dessins de Phil Noto. Il s'en dégage une drôle de sensation, car on se sent tiraillé entre le pulp et l'ère moderne dans cette histoire complète. On rentre dans le vif du sujet avec les premiers épisodes de First Wave, où les personnages commencent à pulluler sans qu'on sache trop dans quel but. Nul doute que la suite nous le dira. En tout cas, le dessin de Rags Morales rend justice à chacun des protagonistes et contribue à donner envie de lire la suite, même si le scénario est encore un brin confus. Bref, pas mal, pour l'instant.

La petite kryptonienne en brassière et mini-jupe est de retour dans des aventures inédites en France ! Eh oui, Panini avait publié en 2006 les premiers épisodes de Supergirl en librairie, dans un album où Kara Zor-El devait être intronisée complètement dans l'univers DC et légitimer sa place. Bon, ça se résumait surtout à rencontrer la plupart des héros DC et à leur mettre sur la gueule avant la réconciliation de mise et le combat contre le côté obscur de la micro-jupe. Bref, de l'action, de l'action, des beaux dessins et de jolies courbes. Rien de bien cérébral, quoi. Et on en était restés là pour la publication française.

Candor est la suite directe de ces épisodes, et le sommaire est plutôt alléchant, puisqu'il contient presque toutes les apparitions ultérieures de Supergirl avant les nouveaux épisodes, mais aussi de Power Girl, qui tient un grand rôle. On a donc droit à du JSA Classified, JLA (juste des extraits d'épisodes où Supergirl apparaît), un numéro de Superman/Batman avec Huntress et Power Girl, et l'épisode de Superman situé juste avant la bataille finale d'Infinite Crisis. C'est après qu'arrivent les nouveaux épisodes de Supergirl, chronologiquement un an après ces événements.

Les esthètes seront déçus, puisque Kara n'y porte pas son petit costume. Elle est devenue Flamebird dans la cité bouteille de Kandor, où la ségrégation est de mise entre les étrangers et les purs, sous la coupe d'un faux Kal-El. Oui, bon, déjà, c'est pas crédible, à plus forte raison quand on sait que ce dernier, plus connu sous le nom de Clark Kent, était à la même époque sur Terre et complètement privé de ses pouvoirs. Mais même, le déroulement n'est pas intéressant : le graphisme est irrégulier (plusieurs dessinateurs, ça n'aide pas) et le scénario est sans surprise et sans conviction. Que viennent bien faire Power Girl et Supergirl à Kandor ? Qui est l'imposteur qui usurpe le nom de Kal-El ? Pourtant, venant des scénaristes Greg Rucka et Joe Kelly, on s'attend à mieux. Ce volume a au moins le mérite d'être exhaustif, mais la plupart des histoires sont quelconques. Très dispensable, sauf si on est complétiste...

jeudi 22 mars 2012

Auto-promotion

Pour une fois, l'image qui ouvre ce billet a bien un rapport avec le contenu ! Eh oui ! Il s'agit d'auto-promotion éhontée !
















Bien le bonjour à chacune, chacun et tout un chacun. Aujourd'hui, je réalise que je n'ai pas posté de billets depuis bientôt un mois. En fait, je l'ai déjà réalisé depuis plusieurs jours, mais bon, la flemme... Et surtout, j'avais de très très bonnes raisons ! Non, je ne dormais pas et ne passais pas mon temps sur un Metroid !



En premier lieu, j'ai voulu coller à l'actualité cinématographique en traduisant des épisodes de la première adaptation en BD de John Carter, d'après Edgar Rice Burroughs. Je n'ai finalement posté que deux épisodes complets, mais j'ai fait les choses bien en utilisant mes nouveaux acquis sur Photoshop. Vous pouvez lire tout ça sur le blog de Forgotten Generation : http://forgottengeneration-news.blogspot.fr/2012/03/bd-bonus-online-john-carter-of-mars-1-2.html









Bon, accessoirement, j'ai aussi posté les 4 premières planches de Mashimaro et Baka, une BD d'Inès Az, sur le même blog. Mais ça ne m'a absolument pas demandé le même investissement, parce que rien à faire sur les pages.

http://forgottengeneration-news.blogspot.fr/2012/03/bd-bonus-online-mashimaro-et-baka-1-4.html








J'ai passé aussi un peu de temps à remettre en ligne Forgotten Generation 0 (en fait, surtout à essayer d'en tirer un PDF de taille correcte). Eh oui, avant de sortir le numéro 1 sur papier, nous avons sorti ce numéro-test sur le net en décembre 2009, avec des épisodes 0 de World Justice, Dark Fates, Sentinel et Raphael. A l'époque, j'ai voulu faire original, et j'ai donc pondu une nouvelle avec quelques illustrations. Autant dire que j'ai fait un sacré bout de chemin depuis ! Bon, après, ce numéro 0 a disparu en même temps que MegaUpload, mais je l'ai remis sur un compte Rapidshare :

http://forgottengeneration-news.blogspot.fr/2012/03/forgotten-generation-0-est-de-retour.html






Mais surtout, ce qui m'a pris une grosse semaine, c'est bien le bouclage du numéro 2 de Forgotten Generation ! Un long travail, et pour plusieurs raisons !

D'abord, il a fallu réunir tous les fichiers. Ce qui paraît simple est en réalité assez accompli quand tous les collaborateurs sont dispersés dans l'ouest de l'Europe, et pas toujours disponibles. Cette partie s'est passée sans trop de problèmes, j'ai eu tout ce que je voulais dans les temps, et sans trop avoir à me battre avec le traitement des images. Pour comparaison, le numéro 1 était bourré de fichiers de tailles et de résolutions différentes, et l'imprimeur a failli me tuer pour ça. Mais là, j'ai tout vérifié en amont, donc la qualité d'impression devrait être très bonne.

Ensuite, il a fallu compenser l'absence de Raphael. J'ai donc réalisé un épisode de Dark Fates inédit, de 7 pages, en plus de l'épisode 2 qui était déjà prêt depuis un bail. Celui-là, d'ailleurs, je l'ai traité avec des aplats de gris afin de le rendre moins "vide". Sauf que certaines planches de l'épisode 2 s'étaient cachées et n'étaient pas tout à fait terminées... Je les ai donc finies, tout en encrant les 7 pages de l'épisode Alter Mann. Reparlons-en, d'ailleurs : j'ai voulu bien faire en peaufinant les détails, ce qui a rallongé mon temps de travail. En contrepartie, je n'ai pas eu beaucoup à faire en gris (juste les scènes de nuit, et j'y ai quand même passé du temps).

Corriger les fautes des copains, ça m'a pas pris trop de temps. Tout redimensionner au mieux, un peu plus. Mais surtout, pour la première fois de ma vie, je me suis lancé dans le lettrage numérique intégral ! Jusque-là, je travaillais sur des planches déjà "équipées", et j'ai dû ensuite m'occuper de 27 pages de phylactères et de cartouches, en essayant de faire tenir mes dialogues. J'ai assuré cette partie de A à Z, et ça a aussi pris du temps.

Et j'ai gardé le meilleur pour la fin : les pages de couverture ! Pas le plus dur à faire, mais je voulais améliorer la maquette par rapport au premier numéro, et ça ne peut se faire que quand toutes les autres pages sont déjà dans le bon ordre. Mentions légales, sommaire, édito, trucs pour que ça fasse moins vide... Je me suis calé sur les fichiers de Pierre, pour ça, ce qui m'a grandement facilité la tâche.

Cela dit, le tout cumulé, ça a pris beaucoup de temps ! Eh oui, si j'avais fait ça au fur et à mesure, je me serais épargné cette épreuve, mais je n'avais pas encore les connaissances nécessaires pour mener cette tâche à bien, ce qui aurait fait un truc moche. Là, grâce à tout le monde, j'ai pu peaufiner la formule.

Je remercie également toute l'équipe, qui m'a rendu la tâche plus aisée, et comme je me sens en bonté, je vous présente en exclusivité mondiale la première planche d'Alter Mann, version brute, sans dialogues et sans corrections !

http://forgottengeneration-news.blogspot.fr/2012/03/forgotten-generation-2-chez-limprimeur.html

jeudi 15 décembre 2011

RIP Joe Simon

C'est avec tristesse que je viens d'apprendre la mort de Joe Simon, à l'âge de 98 ans. Il laisse derrière lui nombre de créations : Captain America, Fighting American, Private Strong, Sandman, The Boy Commandos, Prez, Brother Power The Geek, The Fly, Spider-Spry et dernièrement ShieldMaster (ces deux derniers en collaboration avec l'éditeur français Organic Comix).

En guise d'hommage, voici une petite galerie exhaustive recensant tous mes travaux représentant ses créations.

Avec la disparition d'un des derniers "grands", l'Âge d'Or des comics s'éteint chaque jour un peu plus...




mercredi 16 novembre 2011

Ce qui ne te tue pas... te laisse en vie (pour le moins)

Ce billet vous est présenté par Chun Li, très élégante, et dessinée par Omar Dogan (Dark Minds). A noter que, comme d'habitude, ce qui va suivre n'a rien à voir avec cette image.
















Certains le savent déjà, mais je le répète ici, car il faut bien donner un sens au titre : j'ai essuyé récemment une critique plutôt salée sur un blog dédié aux French Comics. Enfin, il ne s'agit pas que de moi, mais de tout Forgotten Generation, en réalité. D'où le doute, la remise en question, et le besoin d'aller finalement de l'avant.

Maintenant, que puis-je dire que je n'aie déjà dit pour ma défense ? Que c'est un premier numéro, que nous nous améliorons constamment, que mes planches sont vieilles mais que les suivantes seront plus récentes, que... Oui, bon, ben, j'ai tout dit. Quant à l'idée de faire un webcomic, l'idée m'avait traversé l'esprit, mais le papier est plus agréable à lire, et puis... bon sang, qui peut se targuer de faire un truc parfait du premier coup ? En ayant eu un soutien pratiquement inexistant pendant des années ? Et avec l'ambition de faire quelque chose sur la durée ? Les structures déjà existantes ont beaucoup muté depuis que j'ai commencé, et j'avais déjà trop attendu pour me lancer. Je sais ce que ça donne quand je lance un projet et que je le retravaille tellement que ça n'a plus rien à voir avec ce que c'était au début et que ça en devient infaisable. N'oublions qu'il a fallu dix ans avant que Dark Fates voie enfin le jour.

Mais bon, ce n'est pas un billet de doléances. Je me suis pris une mauvaise critique dans la gueule, j'assume et j'en tire les conclusions qui s'imposent après avoir bien réfléchi. Le fanzine continuera bel et bien son chemin, et sera complété par une partie webcomics déjà développée. J'ai décidé aussi d'améliorer les planches de Dark Fates 2 avec des niveaux de gris, même si ça va presque à l'encontre de ma philosophie habituelle qui est de ne pas retoucher quelque chose de fini. Là, ce n'est pas vraiment de la retouche, c'est juste une manière d'embellir un peu le contenu déjà existant, même si j'ai assuré en mettant des ombres partout (je tiens compte des critiques). Quant au contenu du site Internet, il sera enrichi avec Ghost Woman, l'ancêtre du personnage de Dark Horse Comics, et aura bien sûr une complémentarité avec le support papier. J'ai déjà pensé à me réapproprier le personnage de Ghost Woman dans le projet Multiversel, et j'ai même une histoire qui s'y tient à merveille.

Si on ajoute aussi la parution prochaine (mais sur un support pas encore défini) de Dr Nemesis et Duke of Darkness, de certaines "fanfictions" originales et des suites de Drak Béryl, finalement, on se dit que la machine est loin de s'arrêter. Ne serait-ce que pour faire taire les mauvaises critiques, parce que je n'aime que les bonnes, ça flatte mon ego et ça me fait travailler avec encore plus d'aplomb.

Forgotten Generation ne s'arrêtera pas avec le numéro 1, ni avec le numéro 2, et continuera à vendre du rêve en servant de tremplin à des talents pas encore reconnus mais qui le seront très bientôt. C'est le but, après tout.

Allez, pour conclure, et parce que c'est aujourd'hui l'anniversaire de Chris Malgrain (le Big Boss des éditions Oniric, dessinateur des Apatrides, de Stan Lee's Alexa, Zembla, etc.), voici une illustration du personnage de Zarkan des Apatrides, un peu vieille parce que remontant bien à 2009. Je cherchais encore mon style à l'époque, mais j'ai jamais posté ce dessin ici, donc...

La prochaine fois, je mettrai du récent, promis.









Le saviez-vous ? Florian adorerait éditer les BD Doctor Who avec Arcadia, mais serait content déjà de pouvoir les traduire vu qu'il n'aura sûrement jamais les droits...

lundi 7 novembre 2011

Aux sources de Dark Fates, première partie






Une fois n'est pas coutume, voici un billet sorti de la crypte... enfin, des archives de mon défunt espace perso Windows Live (2006-2009). Mais il va être complété par du texte nouveau, parce qu'il s'est passé pas mal de choses depuis. Néanmoins, il est intéressant de retourner aux sources du mythe.

Dark Fates, domaine public, tout ça...

26/07/2008 22:32:07
En voyant une planche faite par un dessinateur inscrit sur Golden Age Comics Download (un site qu'il est bien pour télécharger de la vieille bédax américaine), j'ai repensé à mes propres BD. Pourquoi ? Parce que le monsieur, il a utilisé Skyman, un héros du domaine public. Cela nous fait un point en commun.

Car oui, même si l'épisode 1 de Dark Fates est toujours bloqué à 18 pages (mais je sens qu'il va avoir besoin d'une rallonge), il y a plusieurs choses que j'ai décidées :

-utiliser des histoires à chute dans le style Contes de la crypte pour compléter le sommaire de mon fanzine en projet si je ne trouve pas un troisième larron pour compléter le sommaire (constitué pour l'instant de Dark Fates et de World Justice, même si rien n'est terminé), ou bien des histoires de super-héros à l'ancienne (thématiquement, ça colle moins avec Dark Fates mais ça colle un peu avec World Justice)
-faire de The Claw (monstre chinois, incarnation du péril jaune dans les BD de chez Lev Gleason) le monstre qui tourmente Zira, remplaçant ainsi le Roi Citrouille
-utiliser quelques autres personnages du domaine public, mais pas de la façon dont Skyman est utilisé dans Bounty Hunters

Une petite liste de ceux qui vont être utilisés et aussi de ceux qui pourraient l'être :

-Fighting Yank (Bruce Carter III) : héros patriotique américain. Sauf qu'il aurait rien à faire tel quel dans Dark Fates, qui traite de magie. Aussi, je l'ai repensé comme descendant du héros, et figure emblématique d'un mouvement religieux. Qui a dit Tom Cruise ? Et pour sa tête, je verrais bien Daniel Radcliffe (Harry Potter) en plus vieux.
-Thomas Carnacki : chasseur de fantômes du début du XXè siècle, inventeur du pentacle électrique... Thématiquement, il colle, mais Dark Fates se déroulant quelque part au détour des XXè et XXIè siècles, comment expliquer qu'il soit encore en vie ? Autant ne pas le faire, et dédoubler le personnage afin d'avoir le meilleur des deux mondes : l'original pour un épisode flashback, et un descendant pour la série elle-même.
-Green Lama (Jethro Dumont) : un justicier aux relents de shamanisme. Enfin on peut le voir comme ça, mais en réalité, il a été utilisé comme un super-héros tout à fait formaté. Avec son côté magique, il y a pourtant du potentiel. Un épisode flashback, peut-être, avec les héros des années 40 réunis sur Cus Island contre une menace quelconque ? Suffit de trouver la bonne idée.
-Stardust le super-magicien : un type qui peut tout faire, une sorte de mélange entre Superman et McGyver qui peut voyager sur les flux ioniques des postes de radio en cas de danger ou détourner l'infra-rayonnement solaire à partir de la lune afin d'arrêter pile à temps un groupe de chasseurs de trésors utilisant des gorilles-zombies ! L'aspect magicien pourrait être exploitable... Tiens, ça me donne une idée : un épisode 1/2 se déroulant pendant la seconde guerre mondiale, montrant les super-héros liés à la magie combattant The Claw sur Cus Island (l'île où se déroule Dark Fates).

Et là, je remarque que je pars dans une direction que beaucoup de fans de cette époque vont regretter : Claw devenu une entité lovecraftienne, le petit-fils de Fighting Yank vitrine d'une secte, Stardust et Green Lama en mages... On est loin de l'innocence du super-héros de papy, qui combattait le nazi, le braqueur ou l'espion, voire l'extraterrestre en carton-pâte ridicule...

Y'a pas à dire, le dessinateur de Bounty Hunters m'a inspiré, ce soir.


Plus de trois ans après, que reste-t-il de ces bonnes intentions ? On a fait du chemin. Déjà, les épisodes 0 et 1 de Dark Fates ont été publiés.


The Claw n'a pas changé, même si son vrai nom va être révélé (dans un souci d'appropriation du personnage, afin de s'éloigner de l'original de Jack Cole). Bruce Carter III est devenu Thomas Bruce Carter, et s'il n'a plus aucun lien avec Fighting Yank, il garde les mêmes inspirations de Tom Cruise et Daniel Radcliffe. Pas de super-héros dans Dark Fates.









Thomas Carnacki, comme vous l'avez lu dans Dark Fates 0, a été utilisé et ne devrait pas réapparaître. Quand à un descendant moderne, rien n'est moins sûr. Ce n'est plus dans mes plans, et il faudrait une bonne raison pour revenir là-dessus.








Le dédoublement ira donc au Green Lama, qui sera un personnage bien distinct du milliardaire Jethro Dumont (qui sera aussi présent dans la quête d'Ewen Merrick). Toujours dans cette volonté de rester sur l'ambiance magique/ésotérique/initiatique, le côté super-héros sera supprimé, donc pas de bataille sur Üger Island (nouveau nom de Cus Island) dans les années 1940. Le Green Lama est donc un authentique lama tibétain, et Jethro Dumont un authentique richard.








Stardust, lui, est un personnage très puissant. Le mage suprême, en quelque sorte. Son utilisation se fera vers la fin de Dark Fates... et il ne sera pas non plus un super-héros.










A tous ces personnages viennent s'ajouter ceux auxquels je n'avais pas pensé à l'époque, et qui se trouvent pouvoir s'insérer naturellement dans Dark Fates. Un épisode sera donc consacré à la Baba Yaga, dans un rôle qu'on lui connaît très peu.







L'inclusion de mon personnage Adam Morning comme lié à Xavier Enrikchen et à Carnacki permet d'explorer une partie du bestiaire fantastique plus ancien. Ainsi, un dessin représentant Morning chassant Nosferatu a été réalisé il y a quelques années comme un événement hypothétique. Les personnages de Carmilla et Varney le vampire peuvent aussi être inclus dans ce sens. Après tout, peut-être que Carnacki les a combattus aussi... Rien ne dit que les événements de Dark Fates 0 sont un témoignage fiable...













Sont venus s'ajouter le Fantôme à l'exposition, dans l'épisode 4, et la Vouivre tirée des folklores divers. Signalons aussi un petit détour par chez Maupassant, avec la présence du Horla.









La trame de Dark Fates est déjà établie, mais cela n'empêche pas qu'elle laisse suffisamment de marge de manœuvre pour intégrer des éléments nouveaux au fur et à mesure de sa progression, sans mettre en péril la narration et l'intégrité structurelle de l'histoire. En fait, Dark Fates est une histoire qui s'étoffe au fil de la vie de son créateur et de ses différentes découvertes, un peu comme la quête d'Ewen Merrick dans ce monde qu'il doit appréhender petit à petit.


Stardust, Fighting Yank, The Claw, Carmilla, le Horla, la Vouivre, Varney, Fantom Of The Fair, Thomas Carnacki et Green Lama appartiennent au domaine public, y compris leurs illustrations originales.


Tous les personnages tels qu'ils apparaissent dans Dark Fates, dans les dessins correspondants (réalisés par Florian R. Guillon) ou qui en sont originaires sont la propriété de Florian R. Guillon.