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jeudi 17 novembre 2022

La métaphore du coffre à jouets, nouveau chapitre


La métaphore du coffre à jouets, nouveau chapitre.


Comme vous le savez, j'aime bien mettre la main dans le coffre à jouets qu'offre le domaine public, ce qui ne m'empêche pas de créer mes propres jouets. En général, je mélange très peu les deux, mais des fois...


Prenons le personnage de Die Letzte, tarzanide moderne. Son origine tient en quatre pages (j'ai le storyboard sous la main pour en attester). Problème : les possibilités pour qu'elle évolue seule dans la jungle, sans des amis humains de tribus indigènes vachement roots ou des animaux dont elle aurait appris à parler la langue, sont assez limitées. Car non, si ces ressorts narratifs fonctionnaient il y a un siècle, il n'est pas possible de les réutiliser pour une création du XXIe siècle. Est-ce pour autant la mort de l'imagination ? Non, mais à condition d'utiliser intelligemment d'autres ressources.
C'est là qu'arrive la nécessité d'ouvrir le coffre à jouets public, afin de trouver avec quel autre jouet Die Letzte pourrait interagir dans le but d'enrichir son histoire, en évitant soigneusement de recourir à un imaginaire daté et quelque peu litigieux, au regard des mœurs actuelles (ce qui se comprend tout à fait).


L'imagination, la création, ce n'est pas un processus ex nihilo. Elle se nourrit de nos vies et de nos expériences, et de ce que nous avons vu, entendu et lu. On s'inspire tous de quelque chose, à des degrés divers. Prétendre le contraire serait mentir. Ce qui fait la différence, c'est la façon dont notre imagination traitera les éléments bruts que nous mettons à sa disposition, voire même la vitesse à laquelle elle sera capable de les traiter. Cela ne fonctionne pas à vide. Et plus il y aura de carburant, mieux ça fonctionnera.


Utiliser le coffre à jouets public ne stimule pas forcément l'imagination de la même façon, car ceux-ci sont chargés de beaucoup d'histoires. On peut donc choisir de rester prudemment sur les sentiers battus, comme un hommage, ou bien choisir de s'en éloigner au bout d'un moment. Autrement dit, on peut rester sur le vieux jouet ou bien le faire interagir avec celui qu'on vient de créer. Certaines personnes se sentent plus à l'aise dans l'hommage, d'autres auront tendance à prendre ce qui leur plaît pour créer une histoire qui s'en détache.

Dans mon cas, j'ai pris le parti d'enrichir mes créations en y ajoutant des petites touches empruntées aux histoires qu'il m'arrive de traduire. L'exemple le plus probant est l'inclusion de Ghost Woman dans Dark Fates, officialisée dans la nouvelle "La femme fantôme". Mon idée est d'ajouter une strate complémentaire à une histoire neuve, et non de m'appuyer complètement sur le passé pour raconter mon histoire. Pour autant, hors de question de dénigrer les auteurs qui ne suivent pas ma méthode, puisque je suis très friand de voir à chaque fois ce que les créateurs, qu'ils soient mes amis ou non, peuvent bien faire des jouets bien connus qu'ils ont à leur disposition.

En conclusion, il n'y a pas de bonne ou mauvaise façon de faire : il y a celle qui vous convient. Dans tous les cas, donnez-vous à fond.

lundi 12 septembre 2016

Long time no see

Savage Dragon by and © Erik Larsen
"Quoi ? Florian décide de relancer son blog ? Il faut l'empêcher d'agir !"















Je crois que tout le monde a commencé à se faire au rythme irrégulier de ce blog. Du moins pour ceux qui le lisent. Ceux qui ne le lisent pas, par conséquent, ne peuvent pas savoir. Tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu'ils ratent.

Quoi de neuf depuis la dernière fois ? Eh bien le début du mois de juillet m'a bien crevé, mais j'ai eu la possibilité de changer d'air pendant une dizaine de jours, ce qui a été plus que bienvenu si on considère que je n'avais pas pris de vacances depuis 2009. Puis après un festival où on m'a carrément sorti un gros "Ma fille dessine aussi, et de ce que je vois ici, elle est très très calée", sous-entendu "Mec, ma fille de 15 ans a plus de talent que toi". Autant j'accepte qu'on fasse des trucs mieux que les miens, autant me faire dénigrer mon travail par un type convaincu que sa fille est la Xe merveille du monde, je trouve ça purement et simplement déplacé et je prends ça comme une insulte. Surtout qu'il a ramené sa fille pour me faire un dessin, et que le résultat était... un dessin d'une fille de 15 ans au plus. Et pas du genre impressionnant comme j'ai pu en voir sur deviantArt. Heureusement que je suis diplomate, et très très calme.

Ajoutez à ça un public généralement peu enclin à acheter des fanzines, et vous imaginez que l'expérience aurait pu être meilleure. Heureusement que le public s'est un peu réveillé le dimanche après-midi, et que j'ai pu retrouver quelques têtes connues qui m'ont aidé chacune à leur manière (mention spéciale pour mes amis cosplayeurs qui m'ont fait de la pub au micro, je saurai m'en souvenir). Promis, les amis : au prochain festival, je sors l'ordi portable et je vous balance une flopée d'images de ouf !

Mais au prochain festival aussi, j'aurai un nouveau produit à présenter et à défendre : la tant attendue anthologie Terreur Noire, consacrée aux épisodes de Black Terror réalisés par Jerry Robinson et Mort Meskin ! Un bouquin qui devrait bien faire ses 120 pages, et que je ne peux imprimer qu'en noir et blanc à la demande, parce que je préfère que l'argent d'Arcadia Graphic Studio passe dans la réalisation de Forgotten Generation. L'album sera une carte de visite géante mettant en avant mes compétences, puisque j'assure la traduction, le lettrage et la mise en page. Ça peut sembler très égocentrique, mais tout le monde me pousse à me mettre en avant depuis mon exposition, et puis ça étoffe mon CV.

Mais pourquoi ce choix ? Pour plusieurs raisons. Tout commence avec mon ami Fabien et le magazine Golden Titans. Pour Forgotten Generation v1 2, Fabien a décidé un jour de choisir de traduire le premier épisode d'Atoman, de Jerry Robinson (alors encore vivant). J'ai appris par la suite l'existence d'un deuxième épisode (retrouvé seulement très récemment et publié dans Forgotten Generation v2 3 - à commander à l'adresse suivante : http://arcadiagraphicstudio.blogspot.fr/p/blog-page_8235.html). Quant à Black Terror, ce sont messieurs Fred Tréglia et Jean Depelley qui l'ont introduit en France dans la défunte revue Golden Titans, avec justement des épisodes de Jerry Robinson. Cependant, ma décision de publier l'intégrale Robinson-Meskin a bien plus à voir avec mon envie de découvrir les œuvres du défunt co-créateur de Robin qu'avec cette première publication française, puisque j'avais tout simplement oublié quels épisodes étaient concernés ! Puis l'idée a fait son chemin, et à l'été 2014, parallèlement à la refonte de Forgotten Generation, je commence à traiter les planches pour du niveau de gris et à faire les traductions.

Mais s'il n'y avait que ça... Eh bien non, car j'ai découvert le personnage de Red Ann en 2011-2012, et je suis tombé sous le charme, à tel point que j'ai décidé de l'inclure dans le webcomic Esprit Vengeur. Ne pas publier sa première apparition aurait été une idée un peu stupide.

Bref, pour toutes ces raisons, je me suis lancé, travaillant en parallèle de Forgotten Generation et des autres projets pour l'annoncer quand le temps sera venu. Et comme un nouvel arrivant a annoncé vouloir publier du Black Terror, il a bien fallu que j'annonce finalement le projet à la face du monde après l'avoir officiellement présenté à l'association et à ses membres.

Avec ça plus un nouveau Forgotten Generation, et une nouvelle possibilité d'exposition dans un endroit différent mais que je ne peux pas annoncer prématurément, j'espère bien pouvoir éviter la comparaison avec une fillette de 15 ans.

Quant à la première image qui illustre ce billet, elle est tirée du comic-book Savage Dragon, BD d'action/super-héros menée de main de maître par le seul Erik Larsen depuis plus de 20 ans. Un univers qui évolue avec le temps, mais qui n'a jamais fonctionné en France. Je trouverai le moyen d'en parler dans un prochain billet, ici ou sur Comixheroes.

mercredi 28 décembre 2011

Drapeau international

Ce billet vous est présenté par une fille en train de chasser des insectes avec application. Dessin anonyme, mais pas totalement dénué de rapports avec ce qui va suivre. Ben oui, fallait bien que ça arrive !






Autant le préciser de suite : je ne suis pas un chasseur d'insectes. Je suis plutôt un chasseur de têtes (au sens figuré, comme utilisé dans certains milieux) qui cherche des auteurs de talent qui n'ont pas encore été publiés, et aussi chasseur de personnages orphelins/open source/dans le domaine public à utiliser. Là, il faut savoir que c'est dur à appréhender. Je m'explique.

Le domaine public américain regorge de personnages apparus comme des champignons pendant la deuxième guerre mondiale et abandonnés quand le vent a tourné, comme ces villes américaines bâties autour de filons d'or lors de la ruée. Le parallèle est assez édifiant. Bon, je schématise, parce qu'en réalité, on ne trouve pas que ces personnages dans le domaine public américain ; on en trouve d'autres qui devraient normalement être disponibles. En fait, c'est assez compliqué. Il faut comprendre que la loi américaine s'applique au copyright. En cas de non-renouvellement ou d'enregistrement incorrect, le travail anciennement copyrighté devient propriété du domaine public.

Et c'est là qu'interviennent les petits margoulins, qui s'approprient le copyright et bloquent toute tentative extérieure, sans penser aux auteurs, bien entendu. J'ai déjà mentionné le cas Quality/Fawcett, où les personnages devraient être disponibles, mais DC Comics, qui aurait racheté le fond après expiration du copyright originel (les sources divergent), fait de la rétention. Le cas Tower Comics, avec les THUNDER Agents de Wally Wood, est encore pire : le copyright n'aurait pas été correctement appliqué (donc domaine public), et un type déclare en être propriétaire, la justice ayant débouté son plaignant. Et j'omets volontairement quelques bizarreries, dont le fait que le premier roman de la série du Magicien d'Oz est dans le domaine public, mais pas les suivants, pourtant écrits par le même auteur. Et pas mal de personnages français et canadiens sont dans le domaine public américain alors qu'ils ne le sont pas dans leur pays d'origine. C'est un truc à devenir dingue. Pour ce qui est de l'Europe, c'est plus simple : c'est le droit d'auteur qui s'applique, à raison des 70 ans suivant la mort du dernier créateur ou auteur encore en vie.

Malgré tout, il reste des alternatives : il peut exister des équivalents libres de droits des personnages pas disponibles ou au statut trop compliqué (au hasard, Kid Eternity), et dans plusieurs catégories.

Premièrement : le domaine public. En admettant que l'on puisse utiliser les personnages du domaine public américain, il est possible de trouver parmi eux des clones de personnages plus connus. Vous voulez utiliser le Superman des débuts ? Vous avez Wonderman et quelques autres. Human Torch ? Blue Flame. Batman ? Il existe une armada de héros sans pouvoirs. Si ça ne vous convient pas, passons à la suite.

Deuxièmement : les personnages open source. C'est une tendance vraiment très marginale et peu exploitée, mais certains auteurs font l'effort de fournir à tous des personnages utilisables et reconnaissables, généralement sans équivalents dans le domaine public et parfois livrés avec des éléments d'histoires suffisamment malléables. Jenny Everywhere, Moon Maiden, Shiko-chan, Outworlder, Kongzilla, Anna Atom sont donc accessibles à tous. Malheureusement, question diversité, on n'est qu'aux balbutiements de ce domaine, donc il reste encore beaucoup à faire. D'où le dernier point.

Troisièmement : la création pure et dure. C'est bête à dire, je le conçois, mais c'est ce qui marche le mieux. Vous pouvez adapter votre personnage favori en un nouveau personnage, en prenant évidemment soin de ne pas trop copier. Bien sûr, si vous voulez le Captain Marvel originel, c'est embêtant à cause du caractère unique de son concept (l'enfant Billy Batson se transformant en Captain Marvel en criant "SHAZAM !"). Il faut donc avoir de l'imagination. Mais n'est-ce pas la condition première à la rédaction d'une histoire ? Ensuite, libre à vous d'en faire ce que vous voulez : vous le gardez pour vous ou vous le mettez à disposition de tous, mais vos histoires vous appartiennent (sauf si vous avez un éditeur qui vous tient par les glaouis au moyen d'un contrat contraignant).

Je pourrais également mentionner la pénurie de héros internationaux disponibles. Essayez de trouver des héros canadiens, philippins, chinois, italiens, etc., et vous constaterez qu'on a vite fait le tour. J'ai cherché, et j'ai dû en créer moi-même. Oui, ça annonce un prochain billet avec leurs designs. J'ai même dû me créer un équivalent de Kid Eternity, qui aura un rôle dans le projet Multiversel.

Je vous laisse avec mes représentations personnelles de Fighting Yank, Thor et Blue Flame (2010). 

vendredi 2 décembre 2011

Warten und sehen

Ce billet vous est présenté par Dusia, personnage d'une certaine artiste polonaise du nom de Szczygi.









De retour après un interlude léger, et dans l'attente, voici une autre réflexion venue de la froideur de ce début d'automne et réchauffée au micro-ondes.

Mes lettres sont postées, ma demande d'accompagnement pas encore confirmée, j'attends donc des nouvelles. Eh oui, l'attente est tout ce qu'il me reste ces temps-ci... Enfin, je ne me tourne pas les pouces pour autant et je ne passe pas mon temps entre How I Met Your Mother et la Wii (bon, pas uniquement, quoi). Je suis plongé dans la recherche juridique de personnages issus du domaine public, et je m'y perds. Là où un dira blanc, l'autre dira noir, et un autre dira rouge. Ainsi, certains affirment que des personnages comme Plastic Man, les Blackhawks, Phantom Lady, Captain Marvel et d'autres sont dans le domaine public, alors que d'autres disent que non, que ces personnages appartiennent bel et bien à ceux qui les utilisent actuellement. Bon, il faut savoir que ceux-ci sont principalement DC Comics, filiale de Time-Warner, et dans une moindre mesure (mais alors franchement moindre) Archie Comics. Quant au domaine public français, c'est tout aussi obscur, puisqu'il a fallu une bataille juridique pour décider que les Pieds Nickelés étaient entrés dans le domaine public, et je ne parle même pas des personnages canadiens...

Dans tout ça, j'ai quand même dégagé quelques pistes à suivre, et elles indiquent que les personnages déjà utilisés par Image (Next Issue Project), Dynamite (Project Superpowers et ses dérivés), AC Comics (Femforce et ses dérivés) et Wildstorm (Terra Obscura) sont utilisables sans trop de craintes. En revanche, les personnages de chez Quality, Harvey, MLJ et Fawcett sont bien plus délicats.

Du coup, dans ma quête de super-héros réutilisables, j'ai opté pour Daredevil. Personnage maintes fois utilisé depuis quelques décennies et au costume qui ne se démode pas, l'alter ego de Bart Hill permet d'apporter à qui le souhaite une nouvelle vision de l'héroïsme. Évidemment, il ne faut pas s'attendre à ce que je reprenne comme à l'époque, puisque mon envie est de moderniser le personnage en y apportant quelques ingrédients de mon cru. Si Daredevil avait été créé de nos jours, il y aurait des différences subtiles, mais je ne compte pas en faire trop, juste faire des choix logiques. Les synopsis de six épisodes sont prêts, je n'attends plus qu'un dessinateur pour me lancer.

Voilà comment je meuble l'attente, puisque je ne peux malheureusement toujours pas annoncer de date de sortie pour Forgotten Generation 2, et que mon projet secret, qui élèverait l'association Arcadia Graphic Studio au rang supérieur, ne tient qu'à la simple réponse d'une personne. J'en profite pour annoncer que le stock suisse de Forgotten Generation 1 est officiellement épuisé, et qu'il faudra réalimenter avec les quelques exemplaires français qui restent.

Cependant, l'attente, ça reste frustrant... Il y a tant de choses que je voudrais faire, mais je ne sais même pas si c'est possible de les envisager. Pas envie d'annoncer quelque chose si je dois y renoncer après... Enfin, quand FG 2 sortira, l'annonce sera faite en grandes pompes.

Et pour finir, un crayonné personnel (réalisé en 2010) de Spider-Spry, l'Araignée Bondissante, personnage créé par Joe Simon et Jack Kirby comme prototype de Spider-Man, et finalement publié et animé par Organic Comix dans Strange.

mercredi 16 novembre 2011

Ce qui ne te tue pas... te laisse en vie (pour le moins)

Ce billet vous est présenté par Chun Li, très élégante, et dessinée par Omar Dogan (Dark Minds). A noter que, comme d'habitude, ce qui va suivre n'a rien à voir avec cette image.
















Certains le savent déjà, mais je le répète ici, car il faut bien donner un sens au titre : j'ai essuyé récemment une critique plutôt salée sur un blog dédié aux French Comics. Enfin, il ne s'agit pas que de moi, mais de tout Forgotten Generation, en réalité. D'où le doute, la remise en question, et le besoin d'aller finalement de l'avant.

Maintenant, que puis-je dire que je n'aie déjà dit pour ma défense ? Que c'est un premier numéro, que nous nous améliorons constamment, que mes planches sont vieilles mais que les suivantes seront plus récentes, que... Oui, bon, ben, j'ai tout dit. Quant à l'idée de faire un webcomic, l'idée m'avait traversé l'esprit, mais le papier est plus agréable à lire, et puis... bon sang, qui peut se targuer de faire un truc parfait du premier coup ? En ayant eu un soutien pratiquement inexistant pendant des années ? Et avec l'ambition de faire quelque chose sur la durée ? Les structures déjà existantes ont beaucoup muté depuis que j'ai commencé, et j'avais déjà trop attendu pour me lancer. Je sais ce que ça donne quand je lance un projet et que je le retravaille tellement que ça n'a plus rien à voir avec ce que c'était au début et que ça en devient infaisable. N'oublions qu'il a fallu dix ans avant que Dark Fates voie enfin le jour.

Mais bon, ce n'est pas un billet de doléances. Je me suis pris une mauvaise critique dans la gueule, j'assume et j'en tire les conclusions qui s'imposent après avoir bien réfléchi. Le fanzine continuera bel et bien son chemin, et sera complété par une partie webcomics déjà développée. J'ai décidé aussi d'améliorer les planches de Dark Fates 2 avec des niveaux de gris, même si ça va presque à l'encontre de ma philosophie habituelle qui est de ne pas retoucher quelque chose de fini. Là, ce n'est pas vraiment de la retouche, c'est juste une manière d'embellir un peu le contenu déjà existant, même si j'ai assuré en mettant des ombres partout (je tiens compte des critiques). Quant au contenu du site Internet, il sera enrichi avec Ghost Woman, l'ancêtre du personnage de Dark Horse Comics, et aura bien sûr une complémentarité avec le support papier. J'ai déjà pensé à me réapproprier le personnage de Ghost Woman dans le projet Multiversel, et j'ai même une histoire qui s'y tient à merveille.

Si on ajoute aussi la parution prochaine (mais sur un support pas encore défini) de Dr Nemesis et Duke of Darkness, de certaines "fanfictions" originales et des suites de Drak Béryl, finalement, on se dit que la machine est loin de s'arrêter. Ne serait-ce que pour faire taire les mauvaises critiques, parce que je n'aime que les bonnes, ça flatte mon ego et ça me fait travailler avec encore plus d'aplomb.

Forgotten Generation ne s'arrêtera pas avec le numéro 1, ni avec le numéro 2, et continuera à vendre du rêve en servant de tremplin à des talents pas encore reconnus mais qui le seront très bientôt. C'est le but, après tout.

Allez, pour conclure, et parce que c'est aujourd'hui l'anniversaire de Chris Malgrain (le Big Boss des éditions Oniric, dessinateur des Apatrides, de Stan Lee's Alexa, Zembla, etc.), voici une illustration du personnage de Zarkan des Apatrides, un peu vieille parce que remontant bien à 2009. Je cherchais encore mon style à l'époque, mais j'ai jamais posté ce dessin ici, donc...

La prochaine fois, je mettrai du récent, promis.









Le saviez-vous ? Florian adorerait éditer les BD Doctor Who avec Arcadia, mais serait content déjà de pouvoir les traduire vu qu'il n'aura sûrement jamais les droits...

lundi 7 novembre 2011

Aux sources de Dark Fates, première partie






Une fois n'est pas coutume, voici un billet sorti de la crypte... enfin, des archives de mon défunt espace perso Windows Live (2006-2009). Mais il va être complété par du texte nouveau, parce qu'il s'est passé pas mal de choses depuis. Néanmoins, il est intéressant de retourner aux sources du mythe.

Dark Fates, domaine public, tout ça...

26/07/2008 22:32:07
En voyant une planche faite par un dessinateur inscrit sur Golden Age Comics Download (un site qu'il est bien pour télécharger de la vieille bédax américaine), j'ai repensé à mes propres BD. Pourquoi ? Parce que le monsieur, il a utilisé Skyman, un héros du domaine public. Cela nous fait un point en commun.

Car oui, même si l'épisode 1 de Dark Fates est toujours bloqué à 18 pages (mais je sens qu'il va avoir besoin d'une rallonge), il y a plusieurs choses que j'ai décidées :

-utiliser des histoires à chute dans le style Contes de la crypte pour compléter le sommaire de mon fanzine en projet si je ne trouve pas un troisième larron pour compléter le sommaire (constitué pour l'instant de Dark Fates et de World Justice, même si rien n'est terminé), ou bien des histoires de super-héros à l'ancienne (thématiquement, ça colle moins avec Dark Fates mais ça colle un peu avec World Justice)
-faire de The Claw (monstre chinois, incarnation du péril jaune dans les BD de chez Lev Gleason) le monstre qui tourmente Zira, remplaçant ainsi le Roi Citrouille
-utiliser quelques autres personnages du domaine public, mais pas de la façon dont Skyman est utilisé dans Bounty Hunters

Une petite liste de ceux qui vont être utilisés et aussi de ceux qui pourraient l'être :

-Fighting Yank (Bruce Carter III) : héros patriotique américain. Sauf qu'il aurait rien à faire tel quel dans Dark Fates, qui traite de magie. Aussi, je l'ai repensé comme descendant du héros, et figure emblématique d'un mouvement religieux. Qui a dit Tom Cruise ? Et pour sa tête, je verrais bien Daniel Radcliffe (Harry Potter) en plus vieux.
-Thomas Carnacki : chasseur de fantômes du début du XXè siècle, inventeur du pentacle électrique... Thématiquement, il colle, mais Dark Fates se déroulant quelque part au détour des XXè et XXIè siècles, comment expliquer qu'il soit encore en vie ? Autant ne pas le faire, et dédoubler le personnage afin d'avoir le meilleur des deux mondes : l'original pour un épisode flashback, et un descendant pour la série elle-même.
-Green Lama (Jethro Dumont) : un justicier aux relents de shamanisme. Enfin on peut le voir comme ça, mais en réalité, il a été utilisé comme un super-héros tout à fait formaté. Avec son côté magique, il y a pourtant du potentiel. Un épisode flashback, peut-être, avec les héros des années 40 réunis sur Cus Island contre une menace quelconque ? Suffit de trouver la bonne idée.
-Stardust le super-magicien : un type qui peut tout faire, une sorte de mélange entre Superman et McGyver qui peut voyager sur les flux ioniques des postes de radio en cas de danger ou détourner l'infra-rayonnement solaire à partir de la lune afin d'arrêter pile à temps un groupe de chasseurs de trésors utilisant des gorilles-zombies ! L'aspect magicien pourrait être exploitable... Tiens, ça me donne une idée : un épisode 1/2 se déroulant pendant la seconde guerre mondiale, montrant les super-héros liés à la magie combattant The Claw sur Cus Island (l'île où se déroule Dark Fates).

Et là, je remarque que je pars dans une direction que beaucoup de fans de cette époque vont regretter : Claw devenu une entité lovecraftienne, le petit-fils de Fighting Yank vitrine d'une secte, Stardust et Green Lama en mages... On est loin de l'innocence du super-héros de papy, qui combattait le nazi, le braqueur ou l'espion, voire l'extraterrestre en carton-pâte ridicule...

Y'a pas à dire, le dessinateur de Bounty Hunters m'a inspiré, ce soir.


Plus de trois ans après, que reste-t-il de ces bonnes intentions ? On a fait du chemin. Déjà, les épisodes 0 et 1 de Dark Fates ont été publiés.


The Claw n'a pas changé, même si son vrai nom va être révélé (dans un souci d'appropriation du personnage, afin de s'éloigner de l'original de Jack Cole). Bruce Carter III est devenu Thomas Bruce Carter, et s'il n'a plus aucun lien avec Fighting Yank, il garde les mêmes inspirations de Tom Cruise et Daniel Radcliffe. Pas de super-héros dans Dark Fates.









Thomas Carnacki, comme vous l'avez lu dans Dark Fates 0, a été utilisé et ne devrait pas réapparaître. Quand à un descendant moderne, rien n'est moins sûr. Ce n'est plus dans mes plans, et il faudrait une bonne raison pour revenir là-dessus.








Le dédoublement ira donc au Green Lama, qui sera un personnage bien distinct du milliardaire Jethro Dumont (qui sera aussi présent dans la quête d'Ewen Merrick). Toujours dans cette volonté de rester sur l'ambiance magique/ésotérique/initiatique, le côté super-héros sera supprimé, donc pas de bataille sur Üger Island (nouveau nom de Cus Island) dans les années 1940. Le Green Lama est donc un authentique lama tibétain, et Jethro Dumont un authentique richard.








Stardust, lui, est un personnage très puissant. Le mage suprême, en quelque sorte. Son utilisation se fera vers la fin de Dark Fates... et il ne sera pas non plus un super-héros.










A tous ces personnages viennent s'ajouter ceux auxquels je n'avais pas pensé à l'époque, et qui se trouvent pouvoir s'insérer naturellement dans Dark Fates. Un épisode sera donc consacré à la Baba Yaga, dans un rôle qu'on lui connaît très peu.







L'inclusion de mon personnage Adam Morning comme lié à Xavier Enrikchen et à Carnacki permet d'explorer une partie du bestiaire fantastique plus ancien. Ainsi, un dessin représentant Morning chassant Nosferatu a été réalisé il y a quelques années comme un événement hypothétique. Les personnages de Carmilla et Varney le vampire peuvent aussi être inclus dans ce sens. Après tout, peut-être que Carnacki les a combattus aussi... Rien ne dit que les événements de Dark Fates 0 sont un témoignage fiable...













Sont venus s'ajouter le Fantôme à l'exposition, dans l'épisode 4, et la Vouivre tirée des folklores divers. Signalons aussi un petit détour par chez Maupassant, avec la présence du Horla.









La trame de Dark Fates est déjà établie, mais cela n'empêche pas qu'elle laisse suffisamment de marge de manœuvre pour intégrer des éléments nouveaux au fur et à mesure de sa progression, sans mettre en péril la narration et l'intégrité structurelle de l'histoire. En fait, Dark Fates est une histoire qui s'étoffe au fil de la vie de son créateur et de ses différentes découvertes, un peu comme la quête d'Ewen Merrick dans ce monde qu'il doit appréhender petit à petit.


Stardust, Fighting Yank, The Claw, Carmilla, le Horla, la Vouivre, Varney, Fantom Of The Fair, Thomas Carnacki et Green Lama appartiennent au domaine public, y compris leurs illustrations originales.


Tous les personnages tels qu'ils apparaissent dans Dark Fates, dans les dessins correspondants (réalisés par Florian R. Guillon) ou qui en sont originaires sont la propriété de Florian R. Guillon.