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vendredi 3 février 2012

Angoulême 2012 : bilan et dédicaces

Ce billet vous est présenté par Fantax, le premier super-héros français (créé par Marcel Navarro et Pierre Mouchot), qui n'est pas spécialement content de ne pas avoir eu le prix Patrimoine de cette année au profit des canards de chez Disney. Il risque de vouloir péter quelques gueules à l'ancienne...





Le festival d'Angoulême, c'est toujours le cirque, et c'est de plus en plus onéreux au fil des ans. Fort heureusement, mes fidèles compagnons et moi-même avons pu profiter d'un tarif plus avantageux (grâce à une copine que nous remercions de tout cœur), ce qui tombait fort bien. Mais l'organisation de cette année était un poil pourrie, puisque les bulles étaient blindées et des gens refoulés aux entrées, ce qui m'a fait rater les dédicaces pour Stuart Immonen et Humberto Ramos.

Nous sommes arrivés à Panini à 10h, où le stand devint vite blindé. Le temps de demander s'il y avait un t-shirt disponible et de choisir mes achats (ce qui ne fut pas chose aisée), et me voilà à la caisse. Depuis 2009, je ne suis plus tombé sur des gens désagréables, et c'est bien. Et depuis 2010, j'ai un nouveau t-shirt chaque année (cette fois, c'était les Vengeurs version film). J'ai essayé de rentrer dans la file pour les dédicaces, mais c'était le gros bordel, alors j'ai passé momentanément. J'y suis retourné vers la fin, une fois que les barrières ont été posées et le flux dispersé. Chou blanc. Nous avons donc décampé vers la bulle principale.

Première surprise arrivés à destination : c'était blindé et les gens devaient attendre devant. Tant pis, nous nous dirigeâmes alors vers les indés. Arrêt au stand Wanga, où j'attendais des albums. Surprise très agréable : Pierre Minne me reconnaît tout de suite ! Petite discussion, puis je me tournai vers Jean-Marc Lofficier, qui se révéla lui aussi très charmant. Là aussi, discussion (principalement sur Wampus), dédicace de mes Wampus, Phénix et Martin Mystère (plus Planète Comics 14 et Witchblade/Phénix, spécialement apportés par mes soins), avant d'acheter les parutions Wanga. Je mis donc à contribution Vincent Maria (Les Nouveaux Gardiens 2), Pierre Minne (Le Patrouilleur 2) et Jean-Marc Lofficier (Strangers Universe 1, Strangers saison 2 1), qui s'exécutèrent avec plaisir. J'ai toutefois senti Vincent Maria un poil timide et pas encore trop rodé à l'exercice, mais il ne s'est pas fait prier. Une fois le tout fini, je dis que je repasserai au stand dans l'après-midi pour présenter Forgotten Generation, mais je n'ai pas pu le faire.

Arrêt à Phylactères, où Florent Baudry (avec son magnifique t-shirt Flash) me reconnut de suite et m'acheta un Forgotten Generation. Je fis part de ma déception face à Spermag, mais acheta tout de même les VHB 3, Non?Si! 12 et Bertrand Keuftérian 2 qui seront dédicacés dans la foulée pour les deux premiers. Après quelques échanges, me voilà reparti retrouver les copains de Strange/Connaître Chott (qui commencent à bien me connaître). J'en profitai pour prendre des nouvelles de la santé de Reed Man (récemment victime d'un AVC, mais bel et bien présent) et de Fred Tréglia (disparu corps et biens dans la nature) avant d'acheter Sup'héros 1 et la jaquette Fantask 1. Je glissai entre les mains des auteurs mes ShieldMaster et Je suis une sorcière 2 pour dédicaces, récupère quelques Strange 350 et me rendis compte qu'il était déjà trop tard pour aller sur le stand Panini pour les premières dédicaces de l'après-midi. Foutrecul.

Arrêt déjeuner dans la galerie du Champ de Mars, où la sécurité nous éjecta car nous étions assis par terre. Nous fûmes donc contraints de manger dehors, où beaucoup de gens nous dévisageaient. Soit ils nous avaient reconnus (on était en photo dans le journal de l'an dernier), soit ils m'ont pris pour un acteur célèbre. J'ai dû préciser à chaque fois que non, je n'étais pas Ron Jeremy (et jusqu'à preuve du contraire, je ne le suis toujours pas, sinon j'aurais un travail régulier et rémunérateur).

Retour aux indés, où j'achetai à -70% l'intégrale du Street Fighter de Udon et le Hardcover Premiere Astonishing X-Men Xenogenesis, puis me fis dédicacer mon Bertrand Keuftérian 2. Guillaume Mathias y mit beaucoup d'attention, car il était filmé. Suite à ça, je ne me rappelle plus trop... Il y a eu du va-et-vient entre le para-BD et les indés avec beaucoup de queue, mais je ne me souviens plus exactement. Pas de dépenses au para-BD puisque pas de comics en promo, et pas de Simone Bianchi non plus. En fait, on aurait limite pu ne pas y aller (même si le camarade Fabien s'y est acheté un superbe ours en peluche aux griffes ensanglantées). J'hésitai devant une figurine de Michael Myers, puis nous repartîmes aux indés.

Rien dépensé au para-BD, donc je décidai de me prendre le deuxième tome de Fantax (qu'Elodie Ant me dédicaça volontiers). Arrêt devant Tom Scioli pour faire signer mon Strange 1/336, on me dit que je peux avoir un dessin si j'achète American Barbarian (belle édition, mais comme j'ai pas franchement aimé le début de la série, je passe - bien sûr, j'ai préféré ne pas le dire à Tom Scioli, qui s'est quand même montré bien sympathique).

Enfin arrivé à la bulle principale (Dargaud, Soleil, etc.), je cherchai les camarades, avant d'aller voir au stand Ankama si Brian Azzarello y était. A cette heure-là, j'avais loupé toutes les files, donc c'était foutu, du coup pas de First Wave pour moi. Nous sommes donc allés nous poser dans le coin des éditeurs des îles, où je fis un dessin pour Audrey (avec le Clown de Spawn et un Babar zombie dans un décor de cirque, j'espère qu'elle le scannera) pendant qu'un scénariste réunionnais avec sa tablette nous cause. Je lui ai parlé un peu du fanzine, lui ai tendu un exemplaire, il a émis deux-trois avis sans sembler comprendre trop ma démarche éditoriale et continuai de parler. J'étais un peu crevé, donc j'avais du mal à soutenir son débit, qui a fini par me saouler. On a ensuite pris le large pour aller faire le dernier tour dans la bulle Comics.

Je terminai ma visite (écourtée le matin), puis je me lançai à l'assaut des auteurs pour avoir des signatures. Stuart Immonen s'exécuta assez vite, tandis qu'Humberto Ramos, entouré de plusieurs personnes, était à fond dans sa dédicace. Je demandai poliment au destinataire si je pouvais importuner l'auteur 30 secondes, puis je me fis signer mon Out There 1 (en fait de signature, ça ressemble plus à un gros pâté). Le temps de discuter avec un compatriote, de finir la visite de l'expo Avengers, puis nous repartîmes à la voiture.

Comme je l'ai déjà dit plus haut, l'organisation a été un poil foireuse cette année : il a fallu attendre je ne sais combien de temps devant les bulles, sous la grêle, ce que je n'avais pas vu depuis 12 ans. Pour compenser, les auteurs ont été vraiment cool. Mais je ne sais pas pourquoi, je me sens de moins en moins à l'aise dans cet environnement : trop de choses à voir, à faire, au détriment de l'aspect purement amical de la sortie. Et puis de plus en plus de tirages au sort, de files, de monde... Définitivement, je ne suis pas à l'aise quand je suis entouré par la foule, et il faudra remédier à ça pour la prochaine fois, afin d'espacer les dédicaces et les rencontres avec les auteurs... ce qui est paradoxal puisque les bulles sont suffisamment éloignées les unes des autres, alors qu'au Comic Con tout est regroupé dans un même endroit. Mais bizarrement, j'ai eu plus l'impression de mieux profiter à Paris qu'à Angoulême. Il faudra méditer ça et penser éventuellement à prendre deux jours... ou que les bulles soient moins étroites.

En bonus track, les dédicaces réalisées aux Rencontres du 9è type 2011 à Poitiers :






(Claire Bouilhac & Jake Raynal, Tanxxx, Sandrine Revel)

samedi 12 février 2011

Tir groupé French Comics, première salve

La critique d'un French Comic (BD française composée selon les codes de la BD américaine) n'est pas chose aisée, surtout quand on a des échanges avec les auteurs de temps en temps, et que certaines personnes ont tôt fait de monter sur leurs grands chevaux pour défendre ce médium contre toute menace (même si des fois, c'est très légitime). En plus, je fais moi aussi du French Comics (certes pas au même niveau), alors on pourrait me reprocher un manque d'objectivité, tout ça... Mais qu'importe ! Je donne de mon temps et de mon argent pour vous livrer une critique constructive et relativement objective de quelques-uns de ces étranges fascicules, et vous en livrer mes impressions :

Hum, cela vous semble relativement peu comics et plutôt franco-belge dans l'esprit ? C'est exact, puisque Spermag est une publication consacrée à la parodie de super-héros, passant le genre à la moulinette du graveleux. Les dessins et les couleurs sont réussis, et scénaristiquement, ben... comment dire ? Ce n'est pas très philosophique, et ça ne prétend pas l'être. C'est distrayant, mais pas hilarant. Finalement, le petit plus de cette publication de l'association Phylactères est de mêler au super-héros la gaudriole française, même si je n'ai pas trouvé ça encore très abouti, mais on verra pour la suite.








Avec Bayou Girl, on entre vraiment dans le vif du sujet, puisque d'emblée, on est en terrain connu : un logo ressemblant à s'y méprendre à celui de Witchblade (hommage ? Coïncidence ?), une nana presque à poil façon Top Cow, ça fleure bon les années 90 ! Et effectivement, c'est assumé de la part du scénariste Edmond Tourriol, qui voulait faire un comic-book façon Brian Pulido (le fondateur des défunts Chaos! Comics). Le pari est presque joué, même si le dessin (en noir et blanc) est encore perfectible. Mais le problème, c'est qu'il s'agit... d'un numéro 0 ! Si aux USA, la pratique était assez répandue et même de nos jours, la BD ne comporte que peu de pages, et c'est bien dommage. On a juste l'origine de Bayou Girl, c'est rapide, sans temps mort, mais c'est tout. Je ne pense pas là non plus que la philosophie ait été au centre des préoccupations, mais l'idée de base (pas dénuée d'originalité) aurait mérité un peu plus d'approfondissement... ou alors un numéro 1 ensuite, mais depuis le temps, je crois que ça n'est plus d'actualité. Tentative sympa malgré tout.

On continue avec l'encreur de Bayou Girl, Anthony Dugenest, passé cette fois aux commandes du scénario (avec Ludivine Geslot) et de toute la partie graphique de Skys. Là, on a droit à un numéro preview, qui rappelle bien les parutions Aspen Comics du défunt Michael Turner, dont l'influence est bien manifeste sur le dessin, ce qui n'est pas un défaut. Malheureusement, le concept du preview craint un peu : déçu par la brièveté de Bayou Girl, j'ai le regret de constater que ce numéro n'offre que 6 pages de BD (en fait, une narration sur fond de dessins, mais ça reste de la BD) offrant quelques indications sur l'univers de Skys... même si le rédactionnel est beaucoup plus loquace là-dessus. La BD est une suite d'images présentant décors et personnages de Skys, avec une narration plus ou moins liée, donc très peu informative. Au moins, les dessins sont jolis, mais une véritable histoire, même courte, impliquant des personnages, aurait été plus appropriée pour accrocher le lecteur. Dommage, donc...


Pour en finir avec les parutions Wanga pour le moment, voici les Nouveaux Gardiens, du super-héros mêlé à de la télé-réalité, mélange qui a déjà produit de bons résultats, et fonctionne bien ici. Ce numéro 1 souffre seulement d'un goût de trop peu : le scénario envoie des pistes plutôt intéressantes, mais ne les développe pas encore assez. On peut penser que tout cela sera fait dans le numéro 2. En tout cas, un French Comic qui affiche son identité (avec le trait épuré mais efficace de Vincent Maria, couplé à une bonne colorisation) grâce à une bonne histoire malheureusement un poil courte. Mais bon, attendons le numéro 2, qui promet de très bonnes choses encore. Un titre à suivre.






Et maintenant, bouclons la boucle avec un autre titre de Phylactères, Bertrand Keuftérian. Metz envahie par des extraterrestres, de la télé partout, le postulat est original, et le héros aussi (pour une histoire SF, en particulier). Ici, on apprend vite tout ce qu'il y a à savoir sur cet univers, et les personnages ne sont pas en reste, même si sur la fin, ce n'est pas aussi bien géré (à voir avec le numéro 2). Cependant, le scénario est alléchant, et le graphisme souvent flatteur (sauf pour quelques scènes où les personnages sont un peu ratés). Rendez-vous est pris pour le deuxième numéro, où  notre sympathique Bertrand aura encore quelques ennuis... pour notre plus grand plaisir ! Et ne laissez personne vous dire que la fin du monde n'est pas télégénique.