dimanche 7 avril 2013

You Can (Not) Advance

Il y a de cela quelque temps, j'ai communiqué comme un fou sur ma présence au festival BD de Ligugé, mais j'ai apparemment été le seul à faire la chose sérieusement... Voici donc mon récit de l'envers du décor d'un festival qui vient de fêter sa 18è édition...

Fin mars, domaine de Givray, j'arrive donc le samedi matin avec ma valise pleine et ma pancarte roulée. Je fais le tour, reçois mon badge, vais à la rencontre des auteurs que je "connais" (et qui sont déjà au travail). Je demande où je suis censé m'installer, et on me dit qu'on va me mettre sur le côté, mais il me faudra attendre je ne sais combien de temps pour avoir une table (en fait deux tables, ce qui fait que j'ai copieusement la place pour installer tout mon matériel, mon collègue Maxime n'ayant pu venir). Premier constat : les bénévoles les plus anciens sont accrochés aux basques de leurs potes les auteurs les plus anciens, ce qui est "naturel" puisque tout est organisé entre copains. Les plus jeunes, eux, étaient bien occupés à faire tout le nécessaire pour que ça fonctionne, ce qui fait que je les ai peu vus aussi, mais pour une raison bien légitime. Toujours est-il que j'ai le sentiment que l'organisation n'a même pas pris la peine de se renseigner pour savoir ce que je proposais, sentiment renforcé par l'absence totale de toute trace d'Arcadia Graphic Studio sur le programme et par le fait de comprendre que mon asso est confondue avec une autre.

Quelques rencontres au cours du déjeuner, puis retour à la salle avant le lâcher des fauves... enfin, du public. Comme prévu, peu s'arrêtent vraiment au stand, et un certain nombre fait mine de ne pas répondre à mes bonjours. Frustration, je dois donc continuer à batailler seul et fermement. A noter que les vieux bénévoles ont à peine regardé le stand pour la plupart... Peu de curieux qui vont jusqu'à l'achat parmi le public, mais néanmoins quelques rencontres vraiment sympathiques et livraisons de coordonnées.

Le lendemain, même topo, à part que je suis le premier sur les lieux et qu'il y a une ouverture le matin (pendant 1h30, ce qui n'est pas annoncé sur l'affiche et est de toute façon un peu bête). Déjeuner très agréable en compagnie de Philippe Caza, Bruno Bellamy et sa compagne, puis retour aux affaires. Pas grand-chose de différent, j'ai donc la certitude que mon statut bâtard (ni véritable auteur, ni bénévole, ni libraire) m'efface de la réalité et que l'organisation m'a oublié... ce qui n'est pas totalement faux en ce qui concerne les anciens...

Cependant, j'ai ravi les gens en leur faisant des dédicaces, et on a plusieurs contacts de plus. Et surtout, le fait d'avoir pu donner des conseils à des jeunes talents de 13 ans (oui, j'en ai eu un par jour, vers la même heure), ça permet de redonner du sens à ma présence sur le salon et de justifier notre raison d'exister. Pour ces rencontres et celles d'autres personnes bien plus connues (Yannick Thiel, Frank Margerin et ceux dont j'ai mangé le nom), ça valait la peine.

Le bilan : tenir un stand tout seul, c'est vraiment très dur et très prenant (surtout dans mon cas), et c'est encore pire quand on se rend que le noyau dur de l'organisation est vraiment aux fraises à force de ne travailler qu'entre potes. Les amis, c'est magique, je sais bien, mais quand ils vous foirent la communication chaque année et font autant d'erreurs après 18 éditions, il est peut-être temps de leur dire qu'on va devoir aller voir ailleurs... Bref, malgré de bons moments passés avec les visiteurs et les auteurs (et les bénévoles plus jeunes), il y a quand même beaucoup de choses à revoir...

(illustration : Ewen Merrick par Gaëtan Degasperi)

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